Tous les secrets du verre au Moyen Âge

Si, comme moi, la vue d’une fiole colorée ou d’un fin verre antique brisé vous émeut au plus haut point (quel miracle d’avoir traversé les siècles !), l’actuelle exposition du Musée de Cluny est à ne manquer sous aucun prétexte. Une proposition réussie qui vous fera voir l’art du verre au Moyen Âge d’un œil nouveau : l’accrochage est digeste et diversifié et l’exposition vous réserve quelques insolites surprises !

Gobelets à cabochons provenant d’un palais italien, fin XIVe siècle, Tarquinia, musée archéologique national.

>>> Cette exposition est sélectionnée parmi mes 6 immanquables de la rentrée <<<

Vaste sujet que l’art du verre au Moyen Âge ! La commissaire Sophie Lagabrielle a retenu trois aspects, qui forment les trois chapitres du parcours : le verre d’architecture (entendez vitraux et vitrages); le verre creux (entendez les récipients) et enfin le verre précieux et de précision (objets d’art et optique).

Vase-reliquaire de Saint Savin, France, XIe siècle, Musée de Poitiers

L’exposition se déploie — comme à l’habitude au musée de Cluny — dans les espaces des anciens thermes gallo-romains. Réjouissons-nous tout d’abord de constater que le musée a pris en compte les critiques formulées par le public lors des précédentes manifestations : l’espace est bien plus intelligemment investi et la lisibilité des textes a significativement été améliorée !

Scénographie de l’exposition « Verre, un Moyen Âge inventif »

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Les géométries amoureuses d’Othoniel

Cet été, l’artiste Jean-Michel Othoniel est à l’honneur à Montpellier et Sète avec une double exposition « Géométries amoureuses ». Au CRAC (Sète), l’artiste présente ses dernières créations. Au Carré Sainte-Anne (Montpellier), il déploie sa collection personnelle – c’est-à-dire celles de ses oeuvres qu’il a choisies de conserver pour lui plutôt que de les vendre.

Vue de l’exposition Géométries Amoureuses, se collectionner soi-même, de Jean-Michel Othoniel, à Montpellier

Othoniel, assurément, vous connaissez : il est l’auteur d’une des plus célèbres bouches de métros de Paris, celle de la Place Colette au Palais Royal. Le « Kiosque des noctambules » (2000), avec ses grosses perles colorées et ses carreaux argentés. Certains adorent, d’autres détestent, mais personne ne reste indifférent.

Longtemps, je n’ai connu Othoniel qu’à travers ce kiosque féerique et de gros colliers exposés à la FIAC (qui ne m’avaient à l’époque pas du tout plu). Et puis, en 2011, le Centre Pompidou a programmé une très belle rétrospective dont je garde quelques images éblouies – une barque échouée – ; d’autres, plus énigmatiques – des tas de soufre.

Jean-Michel Othoniel, Le bateau de larmes, barque et perles, 2004, exposée au Centre Pompidou en 2011

Le temps a passé et quand Jean-Luc Cougy du blog En Revenant de l’Expo a annoncé une double exposition Othoniel dans sa région, j’ai sauté sur la première occasion de venir la voir (et le voir !).

Jean-Luc, qui m’a accompagné dans ma découverte, avait suivi la visite presse en présence de l’artiste (le chanceux !) – j’ai ainsi pu bénéficier de ses connaissances de l’œuvre, mais aussi de ses conseils pour découvrir les deux parcours dans les meilleures conditions possibles.

Note au lecteur : ce billet de blog contient beaucoup de photos de l’exposition et constitue un véritable spoiler. Aussi, si vous comptez déjà vous y rendre durant l’été, je vous conseille sincèrement de garder la lecture de ce billet pour plus tard. Les émotions sont beaucoup plus fortes si on y entre sans rien en avoir aperçu.

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