Approcher Rome pour la première fois. Embrasser la ville depuis les hauteurs.

Quelle est la première image que le voyageur aperçoit de Rome ? Pour la plupart des touristes contemporains, c’est une vue « à vol d’oiseau », un survol de la ville éternelle, quelques minutes avant de se poser à l’aéroport. Pour d’autres, dont je fais partie, ce sera la banlieue qui défile à travers la fenêtre d’un train, jusqu’à la gare de Termini. Mais bien avant l’avènement du chemin de fer et de l’aéronautique, ce qui annonçait l’arrivée à Rome, c’était le dôme de Saint-Pierre, émergeant à l’horizon, après une harassante route en poste.

Entrer dans Rome

Comment les voyageurs des XVIIe et XVIIIe siècles abordaient-ils Rome pour la première fois ? La question est, pour moi, née à la lecture du catalogue de l’exposition Israël Silvestre qui a eu lieu au Louvre l’année dernière. La première section du catalogue est consacrée à la jeunesse de Silvestre et à ses trois voyages en Italie. Il reste, de ces séjours, quelques dessins, sources de nombreuses gravures de l’artiste.

Israël Silvestre, Vue de la Porte du Peuple à Rome, dessin graphite, plume et encre brune, lavis brun, vers 1638/1644, Musée du Louvre, INV 32990.

L’un de ces dessins, rescapé d’un carnet de voyage, montre la Porte du Peuple. La notice qui accompagne l’oeuvre éclaire sur l’importance de ce lieu, par lequel la plupart des voyageurs venus du Nord entraient dans Rome. Beaucoup d’entre eux, notamment les artistes, n’allaient d’ailleurs pas chercher plus loin pour se loger, et résidaient dans ses environs immédiats (c’est aussi le cas de Stendhal, qui y trouve, au début des Promenades dans Rome une chambre…) Lire la suite de cet article »