Une fenêtre sur mon chez-moi : Madrid, Gauguin et Rouen

Il y a quelques mois, je vous racontais mon émotion de voir en vrai l’église de Moret-sur-Loing après avoir tant de fois passé devant le tableau de Sisley conservé au Musée des Beaux-Arts de Rouen. Quelques semaines plus tôt, c’est au détour d’une cimaise d’un musée madrilène que je me suis arrêtée net devant une toile de Gauguin figurant le quartier de mon enfance. Ce tableau, je le connaissais par cœur : un jour, il avait été reproduit sur la couverture du magazine de ma commune. Ma mère conservait très fièrement ce numéro au sommet d’une pile de revues dans les toilettes de la maison, où j’ai eu tout le loisir de le contempler pendant des années. Ce jour là, à Madrid, je ne m’attendais absolument pas à le voir « en vrai », d’où mon émotion.

Gauguin, un paturage sous l'église de Bihorel, huile sur toile, 1884, Musée Thyssen Bornemisza, Madrid (détail)

Paul Gauguin, Un paturage sous l’église de Bihorel, huile sur toile, 1884, Musée Thyssen Bornemisza, Madrid (détail)

C’est un petit tableau de format vertical, dominé par des teintes vertes : il figure un paysage champêtre, un fond de vallon planté de pommiers qui cachent quelques maisons. Une colline bouche l’horizon : à son sommet, derrière les branchages, la masse d’un édifice, celle de l’église de Bihorel, une commune limitrophe de Rouen. Ma commune. Lire la suite de cet article »

Vigipirate : ces monuments que nous ne verrons plus

Après génération Y, génération geek, génération précaire, ma génération s’est vue décerner le titre de « génération Bataclan ». Sur Twitter, quelqu’un a émis l’idée que nous étions plutôt la « génération Vigipirate », impression que je partage également. À 26 ans, j’ai vécu plus des deux tiers de ma vie sous « Vigipirate ». C’est à peine si les enfants de ma génération sauraient dire « comment » et « pourquoi » ça a commencé (NB : les attentats du RER à Paris). Depuis 1996, nous n’avons jamais quitté les plus hauts niveaux de Vigipirate, alternant de l’orange au rouge écarlate. Au point qu’en 2014, la situation ayant tellement duré, les décideurs ont supprimé le code couleur (après dix ans de rouge, à quoi bon espérer revenir au vert ?).

Vue du Palais de Justice de Rouen

Vue du Palais de Justice de Rouen

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Dans les réserves du musée national de l’Éducation

À Rouen, le musée national de l’Éducation s’apprête à rouvrir après un an de travaux. En attendant de découvrir les nouvelles expositions temporaires « 50 ans de pédagogie par les petits écrans », « les enfants de la Patrie (1871-1939) » et le parcours permanent, je vous emmène dans les nouvelles réserves externalisées, inaugurées en 2010 à un jet de pierre du musée de la rue Eau de Robec. Elles conservent, dans des conditions impeccables, les 950 000 artéfacts qui composent les collections du musée national de l’Éducation, et, fait remarquable, sont régulièrement ouvertes au public.  

Réserve du mobilier, Musée national de l'Education, Rouen

Réserve du mobilier, Musée national de l’Éducation, Rouen

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Les statues de la façade de la cathédrale de Rouen

La cathédrale de Rouen présente une des plus fabuleuses façades de France : une véritable dentelle de pierre qui apparaît subitement au promeneur quand il débouche d’une rue médiévale. Bâtie progressivement entre le XIIe et le XVIe siècle, cette longue façade, dont Turner a donné une des plus belles représentations (des années avant la série de tableaux de Claude Monet), a beaucoup souffert de la pollution et fait l’objet d’une très longue campagne de restauration. L’un des défis de taille auxquels se sont confrontés les restaurateurs a été le sauvetage de ses dizaines de statues monumentales. 

Saint Mathias, Cathédrale de Rouen

Saint Matthias, Cathédrale de Rouen

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Détail de la façade de la cathédrale de Rouen, septembre 2014

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La Corderie Vallois, la mémoire vivante de l’Industrie rouennaise

Le long de la rivière du Cailly, à quelques kilomètres du centre-ville de Rouen, une vieille bâtisse du début du XIXe siècle abrite une ancienne manufacture transformée en musée industriel : la corderie Vallois. Un lieu vivant, où se raconte le passé industriel Seinomarin, dans le bruit assourdissant de quelques vaillantes tresseuses mécaniques encore en état de fonctionnement.

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Corderie Vallois : tresseuses mécaniques, juillet 2014

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A Rouen, on fait pas le pont, on en a plus!

La semaine a mal commencé à Rouen. Lundi, 10H45, un camion chargé de près de 30.000 litres d’essence se couche sur la voie de sortie du pont Mathilde à Rouen. Le passage est connu pour être dangereux. Percuté par un camion frigorifique, le chargement prend feu. Si on a évité le pire – pas de morts- les dégâts sont énormes. Le pont Mathilde, le plus fréquenté de la ville de Rouen, est très endommagé. Il faudra 3 semaines aux experts pour déterminer l’ampleur des travaux à réaliser – certains parlent même de reconstruire totalement la structure.

Evidemment, dans une ville dépourvue de contournement, la fermeture d’un tel pont engendre la pagaille automobile. Les rues sont engorgées aux heures de pointes!

Ce n’est pas la première fois que Rouen est confrontée à des problèmes de ponts… Ainsi, une estampe, numérisée sur Gallica, nous rappelle qu’en 1790 déjà, la ville avait un pont en ruine:

Vue d’Optique nouvelle représentant les ruines du pont de pierre à Rouen, avec le superbe Pont de Bateaux dans l’éloignement, 1790

La solution? Les ponts de bateaux! Ici, un exemple à Paris au XVIIIe:

Lépinasse, Pont de bateaux sur la Seine entre l’Arsenal et le jardin du Roi, XVIIIe

Bon, plus sérieusement, une solution pour désengorger la ville des voitures serait par exemple d’instaurer, le temps de la « crise », une gratuité des transports en commun, afin d’encourager les gens à ne pas grossir les bouchons. C’est d’ailleurs la solution choisie à New-York à la suite du passage de Sandy.

Pour mieux connaître l’histoire des ponts de Rouen et contempler d’autres images des franchissements de la Seine à toutes époques, rendez-vous au musée des Beaux-Arts, où l’une des 7 mini-expositions de l’évènement « le temps des collections » est consacrée au Port de Rouen. Visite guidée sur le thème de la représentation de Rouen dans les collections du musée le 2 décembre à 16h (consulter l’agenda du musée)

Rouen: les impressions gravées de Pissarro

Avec 67 tableaux, une soixantaine de gravures et de nombreux dessins, Camille Pissarro (1830-1903) est l’artiste impressionniste qui a le plus représenté la ville de Rouen, dans laquelle il a séjourné à quatre reprises, entre 1883 et 1898. Grâce au programme de numérisation des collections du département des estampes menée par Gallica, il est maintenant possible d’admirer en ligne une partie des eaux-fortes et zincographies rouennaises de Pissarro.

Pissarro, Cours la Reine ou Bords de la Seine, Rouen, eau-forte et aquatinte, 3e état, 1884

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Musée le Secq des Tournelles (Rouen) (1/2)

Derrière le musée des Beaux-Arts de Rouen, se dresse un autre musée, discret, établi dans une ancienne église, le musée du Secq des Tournelles… Il abrite une collection unique en Europe, consacrée à l’art de la ferronnerie, rassemblée à la fin du XIXème par deux collectionneurs, Henri Le Secq des Tournelles et son fils. Visite conseillée aux âmes romantiques et aux amateurs des arts du métal.

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