Le trésor du fort : les photographies de la Médiathèque de l’architecture et du patrimoine

Jeudi dernier, j’ai eu la chance de visiter un lieu méconnu : le fort de Saint-Cyr, qui abrite (entre autre) le département photographie de la Médiathèque de l’architecture et du patrimoine. Un lieu fascinant pour des collections qui ne le sont pas moins : quinze millions de négatifs retraçant tout un pan de l’histoire de la photographie en France.

Négatif sur verre, Médiathèque de l'architecture et du patrimoine

Positif pour projection, Médiathèque de l’architecture et du patrimoine

Créée en 1996, la Médiathèque de l’architecture et du patrimoine (MAP) est une institution assez récente. Cependant, elle rassemble des services parfois plus anciens comme le Centre de recherche sur les Monuments historiques (CRMH). La Map a pour mission de collecter, conserver, étudier et valoriser deux grands ensembles :  les archives et la documentation de l’administration des Monuments historiques d’une part, et le patrimoine photographique de l’État de l’autre. D’où ce nom de Médiathèque de l’architecture et du patrimoine, duquel on retient trop souvent uniquement le mot « architecture », occultant l’autre composante, non moins essentielle, de son titre. L’institution est d’autant plus complexe à cerner que son titre est proche de celui de la Cité de l’architecture, ce qui n’est pas sans entretenir une certaine confusion entre les deux établissements… Contrairement aux idées reçues, donc, la MAP ne traite donc pas que de Monuments historiques !

La Médiathèque de l’architecture et du patrimoine occupe plusieurs sites. Le plus connu est celui de Charenton, qui accueille le public. À l’autre bout de l’Île-de-France, la MAP est aussi implantée à Montigny-le-Bretonneux, sur le site du Fort de Saint-Cyr où elle conserve une grande partie de ses collections photographiques. Lire la suite de cet article »

Journées du patrimoine : explorez les coulisses des musées !

Les Journées du Patrimoine sont l’occasion de pénétrer dans des monuments habituellement cachés à la vue du public, ou de profiter gratuitement d’une visite guidée. C’est aussi une belle opportunité de découvrir les coulisses du patrimoine : réserves de musées, d’archives ou de bibliothèques vous ouvrent leur porte. Conservateurs, restaurateurs, agents de la culture vous parlent de leur métier, de leur passion.

Réserves du musée des Arts et Métiers

Les réserves du musée des Arts et métiers

Note importante : les photos qui illustrent ces billets ont été prises lors de diverses visites effectuées ces dernières années. Tous les musées qui figurent sur les photos n’ouvrent pas leurs réserves durant les JEP : les clichés ont juste valeur documentaire et illustrative.

Un musée, ce n’est pas seulement des tableaux, un conservateur, un guide-conférencier et des gardiens. Non, un musée, c’est aussi plein d’autres gens, d’autres métiers : il y a le service éducatif, qui s’occupe de la médiation, le service de communication, qui assure le rayonnement du musée, le pôle documentation, les régisseurs, qui ont la charge de l’entretien des collections, les restaurateurs… Pour un gros musée, cela représente une armée de personnel; dans les plus petits en revanche, chaque agent a souvent plusieurs casquettes. Lire la suite de cet article »

Azay-le-Rideau : le chantier du siècle… A visiter !

Dans mon dernier billet, je vous parlais de l’histoire du château d’Azay-le-Rideau, aujourd’hui considéré comme un des plus beaux édifices de la Renaissance française en Val de Loire. Actuellement, le monument est en restauration : un chantier colossal qui rendra à l’édifice sa splendeur d’antan. En attendant, le château est couvert d’échafaudages : il vaut mieux attendre la fin des travaux pour le visiter, pensez-vous ? Vous faites erreur ! Jamais la visite du château d’Azay n’a été aussi passionnante ! Aménagements particuliers, visites guidées, rencontre avec les artisans, exposition : tout a été mis en œuvre pour transformer ce qui aurait dû être une nuisance pour le visiteur en une chance unique de découvrir les secrets de la restauration et le savoir-faire des artisans.
Alors, certes, pour admirer le miroir d’eau, vous devrez revenir… mais pour voir la charpente mise à nu ou des tailleurs de pierre au travail, l’occasion ne se représentera pas !

échafaudage parapluie au château d'Azay-le-RIdeau

Le château d’Azay-le-Rideau au début des travaux, juillet 2015

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La Merveille retrouve la cité de l’architecture !

C’est fait ! La maquette de la Merveille du Mont-Saint-Michel a retrouvé les salles de la Cité de l’architecture et du Patrimoine fin mars. En septembre dernier, je relayais la campagne de crowdfunding pour la restauration de ce trésor singulier : le chantier s’est achevé il y a quelques jours, sous les yeux du public. 

La maquette de la Merveille du Mont Saint Michel restaurée,  Cité de l'architecture, avril 2015

La maquette de la Merveille du Mont Saint Michel restaurée,
Cité de l’architecture, avril 2015

 

Un témoin exceptionnel des chantiers de restauration du XIXe siècle

Réalisée vers 1880, la maquette représente la partie la plus remarquable du Mont-Saint-Michel, « La Merveille », alors en cours de restauration par l’architecte Édouard Jules Corroyer.

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Les statues de la façade de la cathédrale de Rouen

La cathédrale de Rouen présente une des plus fabuleuses façades de France : une véritable dentelle de pierre qui apparaît subitement au promeneur quand il débouche d’une rue médiévale. Bâtie progressivement entre le XIIe et le XVIe siècle, cette longue façade, dont Turner a donné une des plus belles représentations (des années avant la série de tableaux de Claude Monet), a beaucoup souffert de la pollution et fait l’objet d’une très longue campagne de restauration. L’un des défis de taille auxquels se sont confrontés les restaurateurs a été le sauvetage de ses dizaines de statues monumentales. 

Saint Mathias, Cathédrale de Rouen

Saint Matthias, Cathédrale de Rouen

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Détail de la façade de la cathédrale de Rouen, septembre 2014

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Restaurons la Merveille ! Une campagne de crowdfunding à la Cité de l’architecture et du patrimoine

Il y a quelques jours, la Cité de l’architecture et du Patrimoine a lancé une campagne de crowdfunding (financement participatif) pour la restauration d’une exceptionnelle (et monumentale !) maquette du Mont-Saint-Michel : un colosse de plus de deux mètres et de 1500 kg !
En juillet, je m’étais rendue dans les réserves du musée, en Bourgogne, pour suivre le tournage de la vidéo promotionnelle qui accompagne la campagne de mécénat. Ce voyage m’a fourni l’occasion de réaliser de nombreuses photographies de l’œuvre et un entretien avec la conservatrice à l’origine de ce projet, dont voici le compte-rendu.

La maquette du Mont Saint Michel, photo prise lors d'un tournage dans les réserves du musée.

La maquette du Mont Saint Michel, photo prise lors du tournage dans les réserves du musée.

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Louis-Emile Durandelle, le photographe et les architectes

De la photographie française de la seconde moitié du XIXe siècle, nous regardons souvent les clichés du « Paris qui s’en va ». Avec une pointe de nostalgie, nous admirons les rues d’une vieille ville en sursis, immortalisées par Marville ou Atget alors que progressaient les pioches des démolisseurs. Il est en revanche moins fréquent que nous nous penchions sur l’autre visage de cette même ville, celui du « Paris qui s’en vient »,  avec ses colossaux chantiers de construction. Pourtant, ce Paris-là a également été photographié à mesure qu’il s’élaborait. Peut-être est-ce que la démolition est toujours plus éminemment romantique que la construction… 

Jusqu’à la fin avril 2014, une exposition présentée à la Bibliothèque des Arts Décoratifs propose de redécouvrir quelques facettes de l’œuvre de Louis Emile Durandelle. Spécialisé dans la photographie d’architecture, il a immortalisé les travaux de construction du Sacré Cœur, de l’Opéra et de la Tour Eiffel, mais aussi ceux de restaurations de quelques sites anciens, tels le Mont Saint-Michel.

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Nuit des musées 2013 : sous le Louvre, la nuit, le C2RMF.

Pour la Nuit des Musées, le Centre de Recherche et de Restauration des Musées de France (C2RMF) ouvrait de façon exceptionnelle ses portes. Quatre mille cinq cent mètres carrés de laboratoire sous les parterres du Louvre où sont analysés, étudiés et restaurés les objets des collections françaises. Un endroit fascinant où se concentrent un personnel scientifique hautement qualifié et un outillage technologique de pointe, au service des œuvres. Si vous avez raté le rendez-vous, je vous emmène en séance de rattrapage, photographies à l’appui. 

Radiographie de bronzes antiques

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Une visite des réserves du Musée des Arts et Métiers

Dans le cadre de l’opération Paris Face cachée, j’ai eu la chance de visiter les réserves de l’un de mes musées parisiens favoris, l’extraordinaire musée des arts et métiers. Compte rendu illustré…

vues d'ensembles réserves arts et métiers (9) Lire la suite de cet article »

La coupole de Saint Charles Borromée, Vienne

Il y a quelques années, lors d’un séjour en Autriche, j’ai eu la chance de visiter le chantier de restauration de la Coupole de Saint Charles Borromée, une des plus importantes églises de Vienne et un joyau de l’architecture baroque. Quelques images… 

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Cette église est l’oeuvre d’un grand architecte viennois formé en Italie, Fischer Van Erlach (1656-1723), dont toute l’oeuvre créatrice sera à la gloire de la puissance impériale. D’ailleurs, l’histoire de cette église Saint Charles Borromée est hautement politique. En 1713, l’Empereur Charles VI fait le voeu d’édifier une église dédiée à Saint Charles Borromée en échange de l’éradication d’une terrible épidémie de peste qui frappe alors l’Autriche. Mais l’église que Fischer Von Erlach bâtie à partir de 1716 n’est pas seulement dédiée à Saint Charles Borromée: elle célèbre également la victoire de l’Autriche sur trois maux qui la menaçait: la peste, bien sûr, mais aussi l’armée Ottomane et… Louis XIV (mort peu de temps auparavant).