Supplément à Orion : autour d’Hubert Robert

Chaque billet que je rédige fait naître en moi quinze idées de nouveaux billets. Telle lecture me fait découvrir tel oeuvre, tel nom me rappelle que je me suis promis de parler de cet artiste, un jour, sur le blog. Plutôt que de garder pour moi ma frustration, j’ai décidé d’adjoindre, régulièrement, aux billets d’Orion en aéroplane un Supplément, histoire de partager avec vous ces envies.

Hubert Robert, Le jardin du musée des Monuments français, 1803, huile sur toile, Paris, Musée Carnavalet. Détail

Le mois dernier, j’ai publié un billet sur l’exposition Hubert Robert et la fabrique des jardins. Il y a plusieurs années que je me promettais de parler sur le blog de cet artiste, qui compte parmi mes favoris. Mais comme pour tous mes sujets préférés, j’ai trop de choses à raconter, trop peur de mal m’y prendre, de ne pas réussir à faire à la fois complet et bref… L’exposition, dont mon amie Sarah Catala, est une des commissaires me donne donc l’occasion de parler de cet artiste sous un angle particulier, celui de « créateur » de jardins, avec tout ce que ce terme a d’ambiguïté, car il n’est ni architecte, ni jardinier, ni même entrepreneur. C’est un peintre de paysage, un dessinateur, un professeur de dessin : enfin tout ceci, vous l’apprendrez en lisant mon billet. Lire la suite de cet article »

Jean-François Millet, peintre (des) paysan(s) ?

S’il l’on demande à quelques personnes de donner les noms des artistes du XIXe siècle les plus importants, probablement qu’aucun d’eux ne citera Jean-François Millet. Pourtant, ce peintre est l’auteur d’une des œuvres les plus célèbres de son temps, L’Angélus. Un tableau si connu, si reproduit que l’on a fini par en oublier l’auteur, écrasé par l’icône.

C’est le peintre que le Musée des Beaux-Arts de Lille entend faire redécouvrir au grand public avec la rétrospective « Jean-François Millet » (13 octobre 2017 — 22 janvier 2018).

Jean-François Millet, Le bain de la Gardeuse d’Oie, 1863, Huile sur toile, Baltimore, The Waiters Art Museum.

Assez logiquement, l’exposition s’ouvre avec une évocation de l’extraordinaire postérité de L’Angélus, mille fois reproduit. Mais si, souvenez-vous, vous l’avez probablement déjà croisé ornant une boîte métallique à gâteaux chez vos grands-parents ou une poussiéreuse babiole à la brocante… Un couple de paysans, penchés dans un paysage désolé. Je l’avoue, j’ai toujours trouvé cette œuvre un peu sinistre et je me suis souvent demandé : pourquoi ? Pourquoi un tel engouement ? Est-ce parce qu’elle évoque l’image éternelle d’une France rurale et pieuse ? Lire la suite de cet article »

Les jardins pas si imaginaires d’Hubert Robert

Le oélèbre peintre de ruines Hubert Robert ne s’est pas contenté de représenter de poétiques jardins : il a aussi donné forme dans le réel aux paysages issus de son imaginaire. Hubert Robert, créateur de jardins, paysagiste avant l’heure, voici un pan méconnu de l’œuvre de cet artiste protéiforme… Méconnu, mais plus pour longtemps ! À La Roche-Guyon, une exposition (dont on devine qu’elle fera date) entend lever le voile sur le rôle d’Hubert Robert dans « la fabrique des jardins » des derniers feux du XVIIIe siècle.

Hubert Robert, Vue du parc de Méréville, 1791, huile sur toile, Collection particulière (détail)

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Les belles fleurs de Pierre-Joseph Redouté

Un parterre de fleurs, toutes plus belles les unes que les autres, voici ce que proposait le Musée de la Vie romantique tout l’été avec l’exposition Pierre-Joseph Redouté, le pouvoir des fleurs.

Pierre-Joseph Redouté, Tableau de fleurs, le fond représente un paysage, 1822, gouache sur vélin, Paris, Centre national des arts plastiques.

Pierre-Joseph Redouté (1759-1840) est un, sinon le plus, fameux peintre de fleurs de la fin du XVIIIe siècle et des premières décennies du XIXe siècle. Il s’est à la fois illustré par ses sérieuses planches botaniques — d’une exactitude remarquable, recherchées des scientifiques — et par ses exubérants bouquets peints, prisés des clientes les plus huppées, à commencer par l’Impératrice Joséphine. Mais Redouté, c’est aussi un extraordinaire fournisseur de modèles dont les dessins vont influencer la création pendant plusieurs décennies.

Scénographie de l’exposition au Musée de la Vie Romantique

L’exposition du Musée de la Vie Romantique s’attachait à traiter ces différents aspects, replaçant Redouté dans le contexte de son époque. L’artiste naît au milieu du XVIIIe siècle, dans les Ardennes Belges. Doué pour le dessin, il fait son apprentissage de peintre de fleurs en Flandres et en Hollande, une terre où s’est épanouie, depuis le XVIIe siècle, une belle tradition de tableaux de bouquets. Redouté s’inspire d’ailleurs directement de cette tradition quand il peint sa Vierge pastourelle, totalement dans l’esprit des Madones entourées de couronnes de fleurs, typiques de la production anversoise du siècle d’or. Lire la suite de cet article »

Trésors néerlandais : les collections d’Aix-la-Chapelle invitées au Musée des Beaux-Arts de Reims

Intriguée par les photographies postées sur Twitter par Maxence Hermant de l’exposition temporaire du Musée des Beaux-Arts de Reims, j’ai profité de mon séjour en Champagne pour aller la découvrir de mes propres yeux. En fait d’exposition, c’est plutôt un accrochage temporaire d’une douzaine d’œuvres issues des collections du Suermondt-Ludwig-Museum d’Aix-la-Chapelle. Pour fêter les cinquante ans de jumelage entre ces deux villes, leurs musées respectifs ont décidé d’échanger, le temps de quelques mois, une douzaine d’œuvres de leurs collections. Les Corot du MBA de Reims se sont offert un séjour en Allemagne, remplacés sur les cimaises par une sélection de belles pièces de la peinture néerlandaise du XVIIe siècle conservées à Aix-la-Chapelle.

Frans Snyders, La chouette appelant, autour de 1620, Huile sur bois, 64x 106 cm, Suemrondt-Ludwig Museum, Aix-la-Chapelle.

Dans le cadre de cette programmation anniversaire, le Suermont Ludwig Museum a donc choisi de montrer au public rémois un ensemble représentatif de ce qui forme le point fort de sa collection : la peinture néerlandaise du XVIIe siècle. La sélection est constituée de douze œuvres, des natures mortes, quelques scènes de chasse et une représentation de basse-cour.

L’accrochage est certes restreint, mais il brille par sa cohérence et la beauté des œuvres, qui occupent longuement le regard… il y en a des choses à voir ! Je regrette bien que la photo soit interdite dans cette exposition (quelle bêtise !), car j’aurais aimé vous montrer tous les détails qui ont retenu mon attention.

L’affiche de l’exposition « Regard sur… chefs-d’oeuvre néerlandais du Suermondt-Ludwig-Museum d’Aix-la-Chapelle » au Musée des Beaux-Arts de Reims

Je vais, avec l’aide du Petit Journal, fascicule gratuitement remis à tous les visiteurs (quelle bonne initiative !) et aux clichés, souvent médiocres, que l’on trouve sur internet, tenter de vous résumer ma visite. Lire la suite de cet article »

Camille Godet, un peintre à Rennes dans la première moitié du XXe siècle

De passage (rapide) à Rennes, j’ai pu voir in extremis l’exposition estivale du Musée des Beaux-Arts, consacrée à une figure artistique locale de la première moitié du XXe siècle, Camille Godet.

Vue d’ensemble de l’exposition Camille Godet

Par cette exposition, le musée entend faire (re)découvrir à son public le peintre auquel la ville doit plusieurs de ses grands décors (Hôtel de Ville, Maison du Peuple, salon de l’Opéra), mais également mettre en valeur un important don d’une centaine de dessins consenti par les héritiers de l’artiste, il y a 27 ans déjà. Lire la suite de cet article »

Pissarro à Eragny

Vous le savez peut-être, j’ai une certaine passion pour Camille Pissarro – enfin surtout pour les vues urbaines peintes par Pissarro et pour Pissarro graveur. Alors quand j’ai appris que deux musées parisiens allaient consacrer des expositions à cet artiste impressionniste cher à mon cœur, vous pensez bien que j’étais ravie… et j’ai laissé filé le temps sans visiter les expos… ni vous en parler ! Elles sont toutes deux maintenant terminées, mais je tiens quand même à vous offrir ma « visite par procuration » !

Camille Pissarro, Jardin potager et clocher d’Eragny, 1899, Fukushima Prefectural Museum of Art. (détail)

Né en 1830 aux Antilles danoises (aujourd’hui Iles Vierges des Etats-Unis), Camille Pissarro est l’un des artistes majeurs de l’impressionnisme. Il sera d’ailleurs le seul à participer à toutes les expositions du groupe (entre 1874 et 1896). Contrairement à Monet – qui terminera sa vie dans l’aisance et la consécration, Pissarro a connu toute son existence la précarité : ses parents ont du l’aider financièrement jusqu’à ses 40 ans !

Anarchiste, père de huit enfants, il a souvent dû changer de logement faute de revenus suffisants. Ces difficultés financières n’empêcheront pas la famille de rester très soudée : les lettres échangées entre l’artiste et ses proches témoignent de cet attachement filial mais aussi du dialogue artistique entre les membres.

Camille Pissarro, Laveuse dans le jardin d’Eragny, 1899, collection privée (détail)

Pissarro est un artiste prolifique, acharné : on estime qu’il a peint, au cours de sa carrière, plus de 1500 tableaux, auxquels s’ajoutent d’innombrables dessins, gravures… Lire la suite de cet article »

Alfred Sisley, l’impressionniste.

Alfred Sisley. Certainement le plus méconnu des « grands noms » de l’impressionnisme. Et pourtant, il est de ceux qui sont restés le plus longtemps fidèles aux principes fondateurs de ce courant pictural. Son catalogue raisonné, abondant, compte 900 peintures. Pour son exposition estivale, l’hôtel de Caumont, à Aix-en-Provence, propose à ses visiteurs de redécouvrir l’œuvre de Sisley.

Alfred Sisley, Bougival, 1876, Cincinnati Art Museum.

Je suis loin d’apprécier la peinture de Sisley autant que j’aime les tableaux de Pissarro. J’allais voir l’exposition d’Aix pour mieux connaître l’artiste – dont je n’ai en tête que la célèbre série de l’inondation à Port-Marly (quelle déception, il n’y en avait qu’une !) et les paysages de Moret-sur-Loing (déjà évoqués dans un précédent billet).

Je dois avouer que je n’en reviens pas avec une passion fulgurante pour le peintre, mais l’accrochage comme le discours ont répondu à mes attentes : c’est une exposition estivale agréable, facile à aborder. Le parcours est chronologique et centré sur les différents lieux de vie du peintre – le paysage du quotidien ayant toujours été son motif préféré.

Alfred Sisley, La Seine à Bougival en hiver, 1872, Lille, Musée des Beaux-Arts

Pourquoi Sisley est-il moins connu que ses célèbres confrères, Monet, Renoir, Degas, Pissarro ? Est-ce que Sisley ne serait pas un peu méprisé pour le caractère répétitif de sa peinture ? Un petit nombre de thèmes, un style fidèle sur plusieurs décennies, sans l’évolution picturale qu’ont connue Monet et Pissarro ? Lire la suite de cet article »

Plongée dans le Musée de La Piscine de Roubaix !

C’est probablement le bâtiment muséal le plus insolite de France : comme son nom l’indique, le Musée de la Piscine est installé dans … une ancienne piscine ! Oh, vous avez sûrement déjà vu passer une photo de ce cadre aussi surprenant qu’enchanteresque. Mais ce qui fait le charme de ce musée, ce n’est pas seulement son enveloppe : c’est aussi la singularité de ses collections, essentiellement centrées sur la fin du XIXe siècle et les premières décennies du XXe. Aujourd’hui, je vous emmène donc explorer un de mes musées favoris du Nord de la France.

La Piscine de Roubaix : vue du légendaire bassin !

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1877, rendez-vous à la gare Saint-Lazare ou sur le pont de l’Europe

Des années durant, la gare Saint-Lazare a été ma porte d’entrée dans Paris. À l’époque — pourtant pas si lointaine — elle était vétuste, grisâtre, bruyante. Je n’irai pas jusqu’à regretter la vieille gare Saint-Lazare, mais il est vrai que la récente restauration l’a rendue certes claire mais aussi profondément banale : rien ne ressemble aujourd’hui plus à une gare parisienne qu’une autre gare parisienne — à l’exception peut-être de la monumentale Gare du Nord. Toutes sont devenues des galeries commerçantes où l’on prend presque accessoirement le train. Avec sa restauration, Saint-Lazare a perdu un peu de son aura de gare du XIXe siècle. Sa foule, ses bruits, son grand hangar gris : chaque voyage me renvoyait à l’époque impressionniste. La saleté qui encrassait ses verrières rappelait la fumée de vapeur peintes par Monet un siècle plus tôt. Mais Monet n’a pas été le seul des peintres « modernes » à élire ce motif : Caillebotte, Manet, Gœneutte, Anquetin… tous ont peint le quartier neuf de l’Europe.

Gustave Caillebotte, Sur le pont de l'Europe, vers 1876-1880, Kimbell Art Museum, Fort Worth.

Gustave Caillebotte, Sur le pont de l’Europe, vers 1876-1880, Kimbell Art Museum, Fort Worth.

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Une fenêtre sur mon chez-moi : Madrid, Gauguin et Rouen

Il y a quelques mois, je vous racontais mon émotion de voir en vrai l’église de Moret-sur-Loing après avoir tant de fois passé devant le tableau de Sisley conservé au Musée des Beaux-Arts de Rouen. Quelques semaines plus tôt, c’est au détour d’une cimaise d’un musée madrilène que je me suis arrêtée net devant une toile de Gauguin figurant le quartier de mon enfance. Ce tableau, je le connaissais par cœur : un jour, il avait été reproduit sur la couverture du magazine de ma commune. Ma mère conservait très fièrement ce numéro au sommet d’une pile de revues dans les toilettes de la maison, où j’ai eu tout le loisir de le contempler pendant des années. Ce jour là, à Madrid, je ne m’attendais absolument pas à le voir « en vrai », d’où mon émotion.

Gauguin, un paturage sous l'église de Bihorel, huile sur toile, 1884, Musée Thyssen Bornemisza, Madrid (détail)

Paul Gauguin, Un paturage sous l’église de Bihorel, huile sur toile, 1884, Musée Thyssen Bornemisza, Madrid (détail)

C’est un petit tableau de format vertical, dominé par des teintes vertes : il figure un paysage champêtre, un fond de vallon planté de pommiers qui cachent quelques maisons. Une colline bouche l’horizon : à son sommet, derrière les branchages, la masse d’un édifice, celle de l’église de Bihorel, une commune limitrophe de Rouen. Ma commune. Lire la suite de cet article »

Félix Ziem et Martigues, dans l’intimité du peintre

Tous les musées de France ont leur « Ziem » : une vue de Constantinople ou de Venise, baignée d’un soleil doré et peuplée de cavaliers arabes ou d’esclaves lascives. Aujourd’hui presque inconnu, Félix Ziem a été un des peintres les plus en vue à la fin du XIXe siècle. On s’arrachait alors ses toiles figurant un Orient fantasmagorique que l’artiste, bien conscient du marché, produisait en quasi-série. Sa postérité en a souffert et Ziem a trop longtemps été réduit à un petit maître commercial. À Martigues, où il a longtemps résidé, le musée qui porte son nom invite à une redécouverte de son œuvre, plus surprenante qu’il n’y parait.

Félix Ziem, Venise, Grand Canal, Huile sur toile, Musée Ziem, Martigues

Félix Ziem, Venise, Grand Canal, Huile sur toile, Musée Ziem, Martigues

On estime qu’il a réalisé 6000 tableaux et près de 10 000 dessins en soixante-dix ans de carrière. Pourtant, rien ne destinait Félix Ziem (1821-1911) à devenir peintre. Fils d’un tailleur d’habits d’origine polonaise, il intègre à seize ans l’école d’architecture de Dijon. Brillant élève, il aurait dû poursuivre sa formation à Paris, mais un différend avec l’administration provoque son renvoi de l’École. Il s’installe alors à Marseille où il trouve à s’employer sur le chantier du canal. Mais c’est surtout le dessin qui va lui permettre de gagner sa vie : ses aquarelles sont remarquées par le duc d’Orléans alors que l’artiste amateur n’a que dix-neuf ans. Il reçoit ainsi une première commande, que bien d’autres devront suivre. Rapidement, Ziem tisse un solide réseau de connaissances parmi l’aristocratie qui fréquente la Côte d’Azur. Elles formeront une clientèle fidèle. Dès 1840, Félix Ziem ouvre un atelier où il enseigne les rudiments du dessin alors qu’il est lui-même encore en train de se former à la peinture. Lire la suite de cet article »

Un soir au Musée d’Orsay, tête à tête impressionniste

Début d’été, il fait beaucoup trop chaud à Paris : le jour, je me réfugie dans la fraîcheur des bibliothèques, le soir je profite de celle des musées. Le jeudi soir, c’est le musée d’Orsay qui fait nocturne. D’habitude, j’aime déambuler dans le hall et les espaces adjacents, mais ce soir, exceptionnellement, ce sont les impressionnistes que je veux voir. Cela fait plusieurs semaines que je travaille sur Pissarro et Sisley et je ressens le besoin d’être face à leurs œuvres. D’habitude la galerie des impressionnistes est noire de monde, mais en nocturne l’ambiance au cinquième étage est toujours un peu plus calme. Je sais que je ne verrai pas les raboteurs de parquet de Caillebotte, une de mes œuvres préférées, partie en voyage aux États-Unis pour quelques mois : elle reviendra en octobre, pour mon anniversaire.

La galerie des impressionnistes quelques instants avant la fermeture du Musée d'Orsay

La galerie des impressionnistes quelques instants avant la fermeture du Musée d’Orsay

La galerie du cinquième étage, c’est un cours d’histoire de l’impressionnisme mis sur les murs. Tout y est : les signatures prestigieuses, la touche claire, les portraits des personnalités clés, les paysages champêtres, la vie moderne… Mais ce soir, je n’ai pas envie de lire linéairement mon cours d’histoire de l’art, de chef-d’œuvre en chef-d’œuvre, mais plutôt de déambuler sans autre guide que la sensibilité et la sérendipité : voyageons de fenêtres ouvertes en souvenirs. Lire la suite de cet article »

La Tombe de Nebamon, British Museum

Les peintures murales de la tombe de Nébamon, chefs-d’œuvre de l’art égyptien, sont un des fleurons du British Museum. Ils offrent aux visiteurs des couleurs éclatantes et une inventivité extraordinaire. 

Tombe de Nébamon, vers 1350 avant notre ère, British Museum

Tombe de Nébamon, vers 1350 avant notre ère, British Museum

Vers 1350 avant J.-C., Nébamon, haut fonctionnaire sous le règne de Thoutmosis IV et d’Amenhotep III (Nouvel-Empire), décède. Son corps, embaumé, va reposer dans une tombe qu’il a fait réaliser. Sa dernière demeure, comme cela se pratique alors, est divisée en deux parties : le corps et le mobilier se trouvent dans une chambre funéraire scellée pour toujours, tandis qu’une chapelle demeure accessible pour les vivants, afin qu’ils prient en faveur du voyage dans l’au-delà du défunt et qu’ils n’oublient pas son nom.  Les parois de cette chapelle ont été couvertes de peintures magnifiques, figurant Nébamon dans les actions de sa vie.

3000 ans plus tard, des fragments de ce décor, transportés à Londres, inspirent l’émotion aux visiteurs.

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D’or et de lapis-lazuli, le diptyque Wilton

Le diptyque Wilton est une de mes œuvres favorites de la National Gallery, au point qu’à chaque séjour londonien, je viens lui rendre visite, même pour cinq minutes ! J’ai passé devant ce tableau des heures à me régaler de sa préciosité et à scruter le moindre de ses détails. 

Anonyme (Angleterre ou France), Diptyque Wilton, vers 1395-1399, Londres, National Gallery. Detail.

Anonyme (Angleterre ou France), Diptyque Wilton, vers 1395-1399, Londres, National Gallery. Détail.

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