Marathon des expositions parisiennes qui se terminent en juillet

Ces dernières semaines, j’ai fait un marathon d’expositions. Avant de fuir Paris pour une partie de l’été, il fallait que je voie toutes ces expositions qui se termineront pendant mon absence et dont j’avais (trop) repoussé la visite.

Kupka, Printemps cosmique I, Huile sur toile, 1913-1914, Pargue, Narodni galerie v Praze

Je vous livre donc un compte-rendu de ces séances muséales, qui pourront orienter ceux d’entre vous qui passeront quelques jours à Paris au cours de l’été. Certaines expositions feront (ou ont fait) l’objet de billets plus détaillés sur le blog. Lire la suite de cet article »

Une France en miniature : le musée des plans-reliefs

Au dernier étage des Invalides, sous les toits, il y a un musée aussi fabuleux que méconnu, bien qu’il ait fait en 2012 l’objet d’une très belle exposition au Grand Palais. J’ai nommé le musée des plans-reliefs, ou comment faire le tour des cités fortifiées françaises sans quitter la capitale !

Plan-relief de Besançon

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Guernica sans Guernica, une exposition au Musée Picasso

Dans un précédent billet, je vous parlais de Guernica et de l’émotion que j’ai ressentie lorsque je l’ai vu, en vrai, pour la première fois.

En ce moment, le musée Picasso, à Paris, consacre une exposition à ce chef-d’œuvre qui a marqué l’art moderne. Une exposition Guernica, mais sans Guernica : l’œuvre ne peut plus quitter le Reina Sofia pour des raisons de conservation… et, de toute façon, jamais l’hôtel Salé du Marais n’aurait été en capacité d’accueillir la foule que le tableau aurait immanquablement déplacée.

Pablo Picasso, Guernica, huile sur toile, 1937, Musée Reina Sofia, Madrid.

Une expo Guernica sans Guernica, est-ce que cela vaut le coup ? Oui ! Du moins, moi, j’ai beaucoup apprécié la visite : redécouverte la genèse de l’œuvre, l’onde de choc qu’elle a provoquée… Le tout servi par un bel accrochage, comprenant un célèbre portrait de Dora Maar, de précieuses études dessinées, un superbe ensemble d’estampes, parmi les plus importantes réalisées par l’artiste. Bref, de quoi vous convaincre, j’espère, de faire le déplacement.

Scénographie de l’exposition Guernica à Paris, 2018

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Paris secret : l’extraordinaire histoire de la butte Bergeyre

Un jour, au hasard d’une promenade, j’avais découvert un des secrets les mieux gardés de Paris : cinq rues, isolées du tumulte incessant de Paris, perchées sur leur butte et protégées par un rempart d’immeubles. La Butte Bergeyre, peut-être un des seuls lieux qui n’a pas volé son titre de « Campagne à Paris ».

Vues sur Paris depuis la butte Bergeyre

Vues sur Paris depuis la butte Bergeyre

Pour y accéder, il faut avoir la curiosité et le courage de gravir l’un des deux escaliers traversant la ceinture d’immeubles qui enserre la butte Bergeyre. Un jour où je me promenais le long des Buttes-Chaumont, cet escalier dont je ne voyais pas le bout m’a intriguée. Courageusement, j’ai gravi les douze mètres de dénivelé. Au sommet, de charmantes petites maisons m’attendaient. Je venais de tomber par hasard sur ce lieu dont j’avais déjà vaguement entendu parler, la fameuse butte Bergeyre. Lire la suite de cet article »

La renaissance de la salle Labrouste

Vous avez peut-être aperçu son élégante silhouette sur les réseaux sociaux ces dernières semaines : la salle Labrouste, chef-d’œuvre de l’architecture publique du XIXe siècle vient de rouvrir ses portes après plusieurs années de restauration.

La Salle Labrouste aujourd'hui

La Salle Labrouste aujourd’hui

Un chantier que j’avais eu la chance de visiter à plusieurs reprises dans le cadre de mon travail à l’INHA. J’ai d’ailleurs écrit à ce sujet un billet sur le blog Sous les Coupoles, mais je n’avais pas eu l’occasion d’en parler ici. Maintenant que les livres et les lecteurs ont repris leurs droits dans les salles restaurées du quadrilatère Richelieu, je vous emmène visiter ?

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La sainte-chapelle du château de Vincennes

À deux pas de Paris, juste de l’autre côté du périph’, il y a un monument de sept siècles d’histoire à découvrir : le château de Vincennes. Seule résidence d’un souverain du Moyen Âge subsistant en France, et plus haut donjon d’Europe, il se dresse dans l’horizon parisien, rappelant ce passé lointain… Et juste à côté de la massive silhouette du donjon, s’élève une chapelle, la sainte-chapelle. C’est de ce monument que je vais aujourd’hui vous parler, et de sa restauration.

Décor des voussures du tympan de la Sainte-Chapelle de Vincennes

Décor des voussures du tympan de la Sainte-Chapelle de Vincennes

Une sainte-chapelle à Vincennes ? N’y en a-t-il pas qu’une de Sainte-Chapelle, celle de l’île de la Cité, au cœur de Paris ? Eh bien non ! Le titre de sainte-chapelle est porté par plusieurs édifices religieux : en France, il y eut une dizaine de « sainte-chapelle », dont seules sept subsistent aujourd’hui… Lire la suite de cet article »

1877, rendez-vous à la gare Saint-Lazare ou sur le pont de l’Europe

Des années durant, la gare Saint-Lazare a été ma porte d’entrée dans Paris. À l’époque — pourtant pas si lointaine — elle était vétuste, grisâtre, bruyante. Je n’irai pas jusqu’à regretter la vieille gare Saint-Lazare, mais il est vrai que la récente restauration l’a rendue certes claire mais aussi profondément banale : rien ne ressemble aujourd’hui plus à une gare parisienne qu’une autre gare parisienne — à l’exception peut-être de la monumentale Gare du Nord. Toutes sont devenues des galeries commerçantes où l’on prend presque accessoirement le train. Avec sa restauration, Saint-Lazare a perdu un peu de son aura de gare du XIXe siècle. Sa foule, ses bruits, son grand hangar gris : chaque voyage me renvoyait à l’époque impressionniste. La saleté qui encrassait ses verrières rappelait la fumée de vapeur peintes par Monet un siècle plus tôt. Mais Monet n’a pas été le seul des peintres « modernes » à élire ce motif : Caillebotte, Manet, Gœneutte, Anquetin… tous ont peint le quartier neuf de l’Europe.

Gustave Caillebotte, Sur le pont de l'Europe, vers 1876-1880, Kimbell Art Museum, Fort Worth.

Gustave Caillebotte, Sur le pont de l’Europe, vers 1876-1880, Kimbell Art Museum, Fort Worth.

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Trois siècles de tourisme à Paris

Paris est une des destinations les plus prisées des touristes : chaque année, ils sont des millions à fouler le trottoir des Champs-Elysées, les parquets du Louvre et les pavés de Montmartre, irriguant tout un pan de l’économie française.  Alors que les récents attentats inquiètent sur la vitalité du secteur, la galerie des bibliothèques de la ville propose un regard sur trois siècles d’histoire du tourisme dans la capitale.

Jules Chéret, Champs-Elysées. Jardin de Paris, affiche lithographiée, 1890, Gallica/BnF

Jules Chéret, Champs-Elysées. Jardin de Paris, affiche lithographiée, 1890, Gallica/BnF

Je ne pouvais pas rater cette exposition qui croise plusieurs de mes centres d’intérêt : l’histoire de Paris, mais aussi l’histoire du tourisme, pratique qui m’interroge continuellement depuis que je voyage moi-même. En 2014, dans le cadre de mon master à l’École des Chartes, j’avais travaillé sur les guides de Paris au XVIIIe siècle ; la rencontre avec Damien Petermann, doctorant qui consacre ses recherches aux représentations des villes à travers le tourisme avait achevé de me passionner pour ce champ d’études.

Affiches promotionnelles pour Paris, années 60 ou 70

Affiches promotionnelles pour Paris, années 60 ou 70

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Gallica et les gallicanautes dans le Huffington Post !

Ce vendredi, la page Facebook et le fil Twitter du Huffington Post se paraient de couleurs inhabituelles : le temps d’une journée, l’équipe de Gallica a pris les commandes du community management du célèbre journal. À l’occasion de cette journée spéciale, plusieurs Gallicanautes ont été invités à publier un article sur un sujet de leur choix.

Hotel de ville de Paris Commune

L’hôtel de ville de Paris en 2015 et en 1871.

Ainsi, ce vendredi, vous pouviez trouver en ligne :

Quant à moi, je vous proposais de vous Plonger dans le Paris d’hier à travers les documents de la Bibliothèque nationale de France. Comparer les vues anciennes avec le paysage que je parcours quotidiennement est une de mes activités préférées : j’adore relever une infinité de détails qui ont changé, comprendre comment le bâti a évolué en  un siècle ou deux. Je vous en reparlerai prochainement ici même, puisque je prépare un article sur « Toulouse d’hier et d’aujourd’hui », où je reviens en détail sur ma pratique de Gallicanaute.

Palais Royal

Le Palais Royal, aujourd’hui et en 1825

Dans mon article sur le Huffington Post, vous pouvez retrouver une dizaine de mes photos avec un court commentaire. Devant le succès de l’opération, je pense que je réitérerai plus régulièrement l’exercice. N’hésitez pas à participer !

Un exercice acrobatique :) - photo Ghislaine Gemin, Musée des Augustins, Toulouse

Un exercice acrobatique 🙂 – photo Ghislaine Gemin, Musée des Augustins, Toulouse

Merci à Gallica et au Huffington Post pour l’invitation, à Louis Jaubertie, Jean-Michel Girardot, Yves Heuillard et la boîte verte pour leur patience et leur aide. 

Paris-Brest-Paris : de 1891 à aujourd’hui

Ceux qui me suivent sur les réseaux sociaux le savent : je suis pro-vélo et cycliste urbaine convaincue. Mais cela n’est rien par rapport à la passion que mon frère, Théo, voue au vélo : il roule dès qu’il a cinq minutes, pratique la randonnée autant que le vélo de descente et n’hésite pas à faire Rouen-Athènes via Barcelone et Rome pendant ses vacances d’été (avec un peu de bateau, quand même !). Bref, mon frère, c’est un mordu authentique (faut dire que toute la famille est affiliée à la FFCT). Cet été, son objectif, c’était le Paris-Brest-Paris, une randonnée de 1230 km à réaliser en moins de 90 heures. Pari réussi puisqu’il l’a bouclé en 74h38. Ils sont environ 5000 randonneurs à s’élancer ainsi, tous les quatre ans, sur les routes bretonnes.

Agence Meurisse, Paris Brest, le retour : le peloton avant Morlaix, 1911, BnF/Gallica

Agence Meurisse, Paris Brest, le retour : le peloton avant Morlaix, 1911, BnF/Gallica

Mais pourquoi vous parlé-je du Paris-Brest-Paris alors qu’Orion en aéroplane est un blog culturel ? Parce que le Paris-Brest-Paris est un morceau d’histoire, un petit bout du patrimoine français. D’ailleurs, les étrangers ne s’y trompent pas : chaque année, ils sont plus nombreux à venir se confronter au mythe.

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Portes ouvertes à l’Ecole des Beaux-Arts : plongée entre histoire et avenir

Il y a deux semaines, l’École des Beaux-Arts ouvrait ses portes pour fêter la fin de l’année et les nouveaux diplômés. Un moment particulier de l’École où, dans une ambiance joyeuse et foutraque, les ateliers — exceptionnellement rangés — s’ouvrent à tous les vents et les joyaux patrimoniaux, jalousement gardés, se dévoilent aux yeux des curieux.

Une année de plus, je quitte Paris précisément ce week-end-là. Mais cette année, exceptionnellement, les portes ouvertes s’étalent sur quatre jours : juste ce qu’il faut pour que j’y passe en coup de vent.

Atelier de fresque à l'Ecole des Beaux-Arts

Atelier de fresque à l’Ecole des Beaux-Arts

Revenir à l’École des Beaux-Arts, c’est toujours un moment d’émotion pour moi. J’ai passé des heures à la bibliothèque, à éplucher les inventaires et les registres, pour reconstituer l’histoire d’une collection d’images. La création de la bibliothèque au XIXe siècle et le rôle des images dans celle-ci, tel était mon sujet de mémoire. Plus tard, pendant quelques mois, j’y ai travaillé. Avec la conservatrice de l’époque, je classais des centaines d’estampes, entassées là au début du XXe siècle et que personne n’avait jamais vraiment rangées. C’est ainsi que nous avions découvert, entre deux chromolithographies, une quarantaine d’affiches de mai 68. Partout l’École transpire l’histoire. Lire la suite de cet article »

Déambuler autour de l’atelier de Brancusi

C’est comme une faille spatiale dans le plan de Paris : vous êtes à la fois ici, et un petit peu ailleurs. Dans quelque chose qui garde le souvenir de l’atelier de Brancusi sans tout à fait être l’atelier de Brancusi.
À la bordure de la piazza, un bâtiment bas, à l’ombre du Centre Pompidou, toujours noyé sous les pigeons. L’entrée de cette annexe (gratuite) du musée d’art moderne est très discrète : rien ou presque n’indique ce que l’on trouve derrière les murs. Un espace blanc, une lumière diffuse et, au centre du bâtiment, une cage de verre. Dans la cage de verre, l’atelier de Brancusi.

Atelier de Brancusi reconstitué au Centre Pompidou, 2014.

Atelier de Brancusi reconstitué au Centre Pompidou, 2014.

Constantin Brancusi, un des plus célèbres artistes roumains, est arrivé à Paris en 1904. L’histoire de l’art retiendra ses colonnes sans fin, ses délicates têtes de femmes et ses oiseaux aux silhouettes élancées.

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Charles Meryon et Paris, entre réalisme et fantastique

Il semblerait presque qu’une invention de Jules Verne ait envahi une vue gravée de Paris comme en produisaient de nombreux aquafortistes de la seconde moitié du XIXe siècle. Nous sommes à l’extrémité nord de la place de la Concorde. La façade latérale du ministère de la Marine se dresse, massive, à notre gauche. Le ciel est dégagé, le temps clair. Mais la foule s’agite : tous ont les yeux braqués vers le ciel. Les chevaux de la garde s’affolent tandis que des coups de fusil détonnent. On tire en l’air. Dans le ciel a surgi un étrange cortège d’êtres volants : entouré d’un escadron de poissons, un char tiré par sept chevaux survole Paris. À ses côtés vogue une pirogue mue par des ailes.

Vision fantasmagorique d’un Paris envahi de créatures étranges, cette estampe est l’œuvre d’un graveur fameux et torturé, Charles Meryon, figure emblématique et singulière, qui illustre le renouveau de l’eau-forte au milieu du XIXe siècle.

Charles Meryon, Ministère de la Marine, eau-forte, 6ème état (détail)  Gallica/BnF

Charles Meryon, Ministère de la Marine, eau-forte, 6ème état (détail) Gallica/BnF

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Le Palais-Royal, l’histoire d’un coup immobilier raté

Depuis quelques jours, le Palais-Royal a retrouvé sa belle perspective : le théâtre éphémère, qui occupait la galerie sud du jardin est désormais démonté, signe de l’achèvement des travaux de la Comédie Française. Pour fêter l’événement, et parce que le théâtre éphémère me faisait sans cesse penser au « camp des tartares » qui occupait le même espace il y a deux siècles, je vous propose une série de deux billets sur l’histoire du Palais-Royal. 

Le Coeur d'après Lépinasse, Vue du jardin du Palais Royal, de ses batiments et galleries, estampe en couleurs, 1791, Gallica/BnF

Le Coeur d’après Lépinasse, Vue du jardin du Palais Royal, de ses batiments et galleries, estampe en couleurs, 1791, Gallica/BnF

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Une promenade au Louvre en 1803 : les dessins de Baltard

En 1803, Louis-Pierre Baltard réalise une série de dessins au Palais du Louvre : à la sanguine, il reproduit les ornements sculptés des façades et des plafonds. Cette série de dessins, achetée par le collectionneur Destailleurs est aujourd’hui conservée à la Bibliothèque nationale de France et numérisée sur Gallica. Curieuse, j’ai profité d’un samedi après-midi pour marcher dans les pas de Baltard et retrouver les détails qu’il avait dessinés.

Baltard, Accumulation de détails de la salle des cariatides, dessin, 1803,  Gallica/BnF

Baltard, Accumulation de détails de la salle des cariatides, dessin, 1803, Gallica/BnF

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