Les moulages de l’Université de Montpellier

Quelques heures avant de reprendre le train qui me ramènerait à Paris après quelques jours dans le sud de la France, Jean-Luc Cougy (dont vous connaissez peut-être le blog En revenant de l’expo) a eu la bonne idée de m’emmener visiter le Musée des Moulages de l’université Paul Valéry de Montpellier. Ceux qui lisent depuis longtemps Orion en aéroplane savent ma passion pour le multiple et notamment pour les moulages en plâtre, auxquels j’ai consacré plusieurs articles.

Vue du Musée des Moulages de Montpellier

Vue du Musée des Moulages de Montpellier

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Mystérieuse matrice au musée d’Abbeville (2)… un inattendu rebondissement !

En février dernier, je publiais un billet sur une matrice conservée au musée d’Abbeville, qu’en vue d’une conférence, il avait fallu documenter et identifier. Avec la conservatrice de l’établissement, Agathe Jagerschmidt, nous l’avions sans trop de difficultés identifiée comme une estampe du XIXe siècle réalisée par le graveur Émile Rousseau d’après un modèle du XVIIe siècle, probablement dans le cadre de sa préparation au Prix de Rome, vers 1850-1852. Vous pensiez l’enquête terminée ? Moi aussi… mais il y a eu quelques rebondissements ! Et pas des moindres.

Emile Rousseau, étude, milieu XIXe siècle, cuivre gravé, Musée Boucher de Perthes, Abbeville

Emile Rousseau, étude, milieu XIXe siècle, cuivre gravé, Musée Boucher de Perthes, Abbeville

Entre le jour où Agathe Jagerschmidt m’a montré la matrice et le moment où nous avons pu, conjointement, trouver le nom du graveur, Émile Rousseau, il s’est écoulé quelques jours.
Nous avions prévu que je revienne, début octobre, afin de consulter la documentation sur Rousseau et de feuilleter ses autres oeuvres, gravées ou dessinées, que le musée conserve. Mais faute de train entre Paris et Amiens le jour prévu, mon voyage était tombé à l’eau. J’avais donc concentré mes recherches sur d’autres problématiques : l’identification du sujet gravé, la pratique du burin au XIXe siècle…

Le jour de ma conférence, je suis arrivée six heures en avance afin de boucler in extremis mon texte et rechercher dans les réserves d’autres oeuvres de Rousseau… Et j’en ai fait, des découvertes ! Lire la suite de cet article »

2000 ans d’histoire toulousaine : le Musée Saint-Raymond

Dressé juste à côté de la célèbre basilique Saint-Sernin, l’attachant Musée Saint-Raymond invite à une plongée archéologique dans le passé lointain de la ville et de sa région. Consacré à l’Antiquité, le musée brille par ses œuvres romaines, qui rappellent que Tolosa fut l’une des grandes villes de la Narbonnaise. Un passé que l’on a trop tendance à oublier !

Scénographie en galerie présentant les portraits trouvés à Chiragan, Musée Saint-Raymond

Scénographie en galerie présentant les portraits trouvés à Chiragan, Musée Saint-Raymond

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Impressions toulousaines

Étrangement, Toulouse n’est pas une destination touristique très prisée : pourtant, la ville rose possède un patrimoine exceptionnel, qui justifie à lui seul un séjour. Ajoutons à cela une position centrale pour rayonner dans la région, voilà une destination idéale pour tous les amateurs de vacances urbaines mais allergiques aux hordes de touristes.

NB: Avec un gros décalage, j’inaugure ici une série de billets sur une de mes destinations de l’été, Toulouse, où j’ai séjourné mi-juillet. 

Le capitole, certainement le plus célèbre monument de Toulouse

Le capitole, certainement le plus célèbre monument de Toulouse

La marque de fabrique de Toulouse, ce sont trois couleurs : le rose des briques dont est bâti le centre-ville, le bleu de pastel qui fit la richesse de la ville à la Renaissance, et la violette, cette fleur dont on fait des friandises délicieuses. Lire la suite de cet article »

Dans les coulisses d’une exposition : l’accrochage de « Fantastique ! »

Le 1er octobre ouvrent au Petit Palais deux expositions sur l’estampe fantastique, l’une consacrée au graveur japonais Kuniyoshi, l’autre à « l’estampe visionnaire, de Goya à Redon ». Connaissant bien la commissaire de la seconde, Valérie Sueur-Hermel, conservatrice à la BnF, j’ai pu assister, le temps d’une matinée, au montage de l’exposition.

L’occasion donc, une nouvelle fois, de vous emmener dans les coulisses des musées et de vous présenter le travail de « ceux que l’on ne voit pas » mais sans qui les expositions ne verraient jamais le jour : scénographes, installateurs, techniciens d’art… Et pour la première fois, ce billet est accompagné d’une vidéo à visionner sur YouTube.

Mise en place d'une vitrine

Mise en place de la dernière vitrine dans l’exposition « Fantastique ! l’estampe visionnaire »

Un montage d’exposition commence entre un mois et deux semaines avant la date d’ouverture : c’est un moment très intense pour ceux qui sont impliqués. Pour les commissaires, c’est un projet porté depuis des mois, voire des années, qui prend enfin concrètement forme dans l’espace. Dans le cas de Valérie Sueur, cette exposition est un rêve depuis longtemps : voici vingt ans que l’idée a germé dans son esprit. Vingt ans, c’est parfois le temps qu’il faut pour mûrir un sujet, convaincre les équipes, trouver un lieu. Entre-temps, elle a organisé ou coorganisé d’autres expositions, dont vous vous souvenez peut-être : Daumier (BnF, 2008), Henri Rivière (BnF, 2009), Odilon Redon (Grand Palais, 2011)… Lire la suite de cet article »

Journées du patrimoine : explorez les coulisses des musées !

Les Journées du Patrimoine sont l’occasion de pénétrer dans des monuments habituellement cachés à la vue du public, ou de profiter gratuitement d’une visite guidée. C’est aussi une belle opportunité de découvrir les coulisses du patrimoine : réserves de musées, d’archives ou de bibliothèques vous ouvrent leur porte. Conservateurs, restaurateurs, agents de la culture vous parlent de leur métier, de leur passion.

Réserves du musée des Arts et Métiers

Les réserves du musée des Arts et métiers

Note importante : les photos qui illustrent ces billets ont été prises lors de diverses visites effectuées ces dernières années. Tous les musées qui figurent sur les photos n’ouvrent pas leurs réserves durant les JEP : les clichés ont juste valeur documentaire et illustrative.

Un musée, ce n’est pas seulement des tableaux, un conservateur, un guide-conférencier et des gardiens. Non, un musée, c’est aussi plein d’autres gens, d’autres métiers : il y a le service éducatif, qui s’occupe de la médiation, le service de communication, qui assure le rayonnement du musée, le pôle documentation, les régisseurs, qui ont la charge de l’entretien des collections, les restaurateurs… Pour un gros musée, cela représente une armée de personnel; dans les plus petits en revanche, chaque agent a souvent plusieurs casquettes. Lire la suite de cet article »

Félix Ziem et Martigues, dans l’intimité du peintre

Tous les musées de France ont leur « Ziem » : une vue de Constantinople ou de Venise, baignée d’un soleil doré et peuplée de cavaliers arabes ou d’esclaves lascives. Aujourd’hui presque inconnu, Félix Ziem a été un des peintres les plus en vue à la fin du XIXe siècle. On s’arrachait alors ses toiles figurant un Orient fantasmagorique que l’artiste, bien conscient du marché, produisait en quasi-série. Sa postérité en a souffert et Ziem a trop longtemps été réduit à un petit maître commercial. À Martigues, où il a longtemps résidé, le musée qui porte son nom invite à une redécouverte de son œuvre, plus surprenante qu’il n’y parait.

Félix Ziem, Venise, Grand Canal, Huile sur toile, Musée Ziem, Martigues

Félix Ziem, Venise, Grand Canal, Huile sur toile, Musée Ziem, Martigues

On estime qu’il a réalisé 6000 tableaux et près de 10 000 dessins en soixante-dix ans de carrière. Pourtant, rien ne destinait Félix Ziem (1821-1911) à devenir peintre. Fils d’un tailleur d’habits d’origine polonaise, il intègre à seize ans l’école d’architecture de Dijon. Brillant élève, il aurait dû poursuivre sa formation à Paris, mais un différend avec l’administration provoque son renvoi de l’École. Il s’installe alors à Marseille où il trouve à s’employer sur le chantier du canal. Mais c’est surtout le dessin qui va lui permettre de gagner sa vie : ses aquarelles sont remarquées par le duc d’Orléans alors que l’artiste amateur n’a que dix-neuf ans. Il reçoit ainsi une première commande, que bien d’autres devront suivre. Rapidement, Ziem tisse un solide réseau de connaissances parmi l’aristocratie qui fréquente la Côte d’Azur. Elles formeront une clientèle fidèle. Dès 1840, Félix Ziem ouvre un atelier où il enseigne les rudiments du dessin alors qu’il est lui-même encore en train de se former à la peinture. Lire la suite de cet article »

Musée des moulages de l’université Lyon 2 : une collection menacée ?

Est-ce un musée qui s’éteint ? On en sait peu sur l’avenir de la collection de moulages de l’université Lyon 2, en cours de déménagement pour une destination inconnue. C’est pourtant un patrimoine dont l’université devrait s’enorgueillir tant il est précieux et rare. Au XIXe siècle, de telles collections de plâtres étaient répandues. Chaque école et université se devait de posséder la sienne, qu’elle enseigne les beaux-arts ou l’archéologie : le moulage de l’antique comme modèle parfait pour le dessin académique, étape incontournable avant d’accéder au modèle vivant ; la copie en trois dimensions comme substitut de l’oeuvre dans l’écriture d’une histoire de l’art, l’expérience à grandeur nature pour former l’oeil du connaisseur. Deux approches du moulages pour l’enseignement qui se mêlaient parfois, comme à l’École des Beaux-Arts de Paris.

moulages d'antiques au musée Lyon 2

Musée des Moulages de l’université Lumières Lyon 2, en 2012

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Un soir au Musée d’Orsay, tête à tête impressionniste

Début d’été, il fait beaucoup trop chaud à Paris : le jour, je me réfugie dans la fraîcheur des bibliothèques, le soir je profite de celle des musées. Le jeudi soir, c’est le musée d’Orsay qui fait nocturne. D’habitude, j’aime déambuler dans le hall et les espaces adjacents, mais ce soir, exceptionnellement, ce sont les impressionnistes que je veux voir. Cela fait plusieurs semaines que je travaille sur Pissarro et Sisley et je ressens le besoin d’être face à leurs œuvres. D’habitude la galerie des impressionnistes est noire de monde, mais en nocturne l’ambiance au cinquième étage est toujours un peu plus calme. Je sais que je ne verrai pas les raboteurs de parquet de Caillebotte, une de mes œuvres préférées, partie en voyage aux États-Unis pour quelques mois : elle reviendra en octobre, pour mon anniversaire.

La galerie des impressionnistes quelques instants avant la fermeture du Musée d'Orsay

La galerie des impressionnistes quelques instants avant la fermeture du Musée d’Orsay

La galerie du cinquième étage, c’est un cours d’histoire de l’impressionnisme mis sur les murs. Tout y est : les signatures prestigieuses, la touche claire, les portraits des personnalités clés, les paysages champêtres, la vie moderne… Mais ce soir, je n’ai pas envie de lire linéairement mon cours d’histoire de l’art, de chef-d’œuvre en chef-d’œuvre, mais plutôt de déambuler sans autre guide que la sensibilité et la sérendipité : voyageons de fenêtres ouvertes en souvenirs. Lire la suite de cet article »

Déambuler autour de l’atelier de Brancusi

C’est comme une faille spatiale dans le plan de Paris : vous êtes à la fois ici, et un petit peu ailleurs. Dans quelque chose qui garde le souvenir de l’atelier de Brancusi sans tout à fait être l’atelier de Brancusi.
À la bordure de la piazza, un bâtiment bas, à l’ombre du Centre Pompidou, toujours noyé sous les pigeons. L’entrée de cette annexe (gratuite) du musée d’art moderne est très discrète : rien ou presque n’indique ce que l’on trouve derrière les murs. Un espace blanc, une lumière diffuse et, au centre du bâtiment, une cage de verre. Dans la cage de verre, l’atelier de Brancusi.

Atelier de Brancusi reconstitué au Centre Pompidou, 2014.

Atelier de Brancusi reconstitué au Centre Pompidou, 2014.

Constantin Brancusi, un des plus célèbres artistes roumains, est arrivé à Paris en 1904. L’histoire de l’art retiendra ses colonnes sans fin, ses délicates têtes de femmes et ses oiseaux aux silhouettes élancées.

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Splendeurs des néo-Assyriens : les bas-reliefs du British Museum

Dans les galeries du British Museum, se déploient, sur des dizaines de mètres linéaires, d’immenses pierres finement sculptées en très bas reliefs. Ces précieux panneaux, excellemment conservés, sont les derniers vestiges des prestigieux palais de l’Empire néo-Assyrien, bâtis au nord de l’actuel Irak entre le IXe et le VIIIe siècle avant notre ère. Leurs décors et leurs inscriptions nous délivrent mille et un détails sur cette civilisation.

Roi néo-assyrien chassant : détail des ornements

Détail d’un bas-relief provenant de Ninive : roi chassant le lion, British Museum

Edit de mars 2015 : Ce billet traînait dans mes brouillons depuis plus de six mois, attendant que je rédige une suite sur les collections néo-assyriennes du musée du Louvre. L’actualité dramatique de ces derniers jours, et notamment la destruction des vestiges de Nimrud me poussent à le publier immédiatement, en hommage à l’une des civilisations qui m’ont le plus impressionnée durant mes études.

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Dans les réserves du musée national de l’Éducation

À Rouen, le musée national de l’Éducation s’apprête à rouvrir après un an de travaux. En attendant de découvrir les nouvelles expositions temporaires « 50 ans de pédagogie par les petits écrans », « les enfants de la Patrie (1871-1939) » et le parcours permanent, je vous emmène dans les nouvelles réserves externalisées, inaugurées en 2010 à un jet de pierre du musée de la rue Eau de Robec. Elles conservent, dans des conditions impeccables, les 950 000 artéfacts qui composent les collections du musée national de l’Éducation, et, fait remarquable, sont régulièrement ouvertes au public.  

Réserve du mobilier, Musée national de l'Education, Rouen

Réserve du mobilier, Musée national de l’Éducation, Rouen

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Une forêt de moulages : les Cast Courts du Victoria and Albert Museum

Lors d’une visite de l’immense Victoria and Albert Museum, consacré aux arts décoratifs, il ne faut pas manquer de se perdre dans les vastes Cast Courts où sont rassemblées les collections de moulages du musée.  Négligés tout au long du XXe siècle, ces artefacts regagnent, depuis deux décennies, leurs lettres de noblesse. Au milieu d’une forêt de plâtres, immergez-vous dans l’ambiance victorienne et redécouvrez l’intérêt de la copie et du multiple.

Cast Courts Victoria and Albert museum, moulages

Cast Courts, Victoria & Albert Museum : Lion (Allemagne, XIIe siècle) et portail de la Gloire (Santiago, Espagne, XIIe siècle)

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La Corderie Vallois, la mémoire vivante de l’Industrie rouennaise

Le long de la rivière du Cailly, à quelques kilomètres du centre-ville de Rouen, une vieille bâtisse du début du XIXe siècle abrite une ancienne manufacture transformée en musée industriel : la corderie Vallois. Un lieu vivant, où se raconte le passé industriel Seinomarin, dans le bruit assourdissant de quelques vaillantes tresseuses mécaniques encore en état de fonctionnement.

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Corderie Vallois : tresseuses mécaniques, juillet 2014

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Les faïences de Saint Porchaire

Témoin de la virtuosité atteinte dans les arts du feu en France durant la Renaissance, la « céramique de Saint Porchaire » demeure encore très mystérieuse. On ne sait rien ou presque des circonstances de production de ces pièces d’un raffinement extrême, dont seuls 70 témoins nous sont parvenus. 

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