Dans les fonds de la bibliothèque de Besançon

Un peu de bibliotourisme, ça vous dit ? Bibliotourisme… quesaco ? Visiter des bibliothèques en vacances, bien un truc de bibliothécaire ça (enfin, fausse bibliothécaire dans mon cas). Aujourd’hui, c’est à la bibliothèque d’études et du patrimoine de Besançon que je vous emmène. J’ai eu la chance d’y être reçue par Bérénice Hartwig qui m’a présenté l’histoire de l’institution et de ses collections, que je ne connaissais jusqu’alors que par le site Mémoire Vive et le compte twitter associé.

La salle d’exposition de la bibliothèque de Besançon

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La renaissance de la salle Labrouste

Vous avez peut-être aperçu son élégante silhouette sur les réseaux sociaux ces dernières semaines : la salle Labrouste, chef-d’œuvre de l’architecture publique du XIXe siècle vient de rouvrir ses portes après plusieurs années de restauration.

La Salle Labrouste aujourd'hui

La Salle Labrouste aujourd’hui

Un chantier que j’avais eu la chance de visiter à plusieurs reprises dans le cadre de mon travail à l’INHA. J’ai d’ailleurs écrit à ce sujet un billet sur le blog Sous les Coupoles, mais je n’avais pas eu l’occasion d’en parler ici. Maintenant que les livres et les lecteurs ont repris leurs droits dans les salles restaurées du quadrilatère Richelieu, je vous emmène visiter ?

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La bibliothèque de Toulouse : un monument art déco

On vient à Toulouse pour admirer la basilique Saint-Sernin ou flâner dans les cours des hôtels particuliers de la Renaissance, moins pour découvrir l’Art Déco. Pourtant la ville conserve un bel ensemble patrimonial des années 20 et 30 : la façade en mosaïques de la Dépêche du Midi, la bourse du travail, le complexe sportif, une bibliothèque… C’est cette dernière que j’ai visitée lors de mon séjour : elle fête en ce mois de septembre ses quatre-vingts ans : une belle occasion pour lui consacrer un billet !

Salle de lecture de la bibliothèque de Toulouse

Salle de lecture de la bibliothèque de Toulouse

Au début du XXe siècle, Toulouse est cruellement dépourvue d’une bibliothèque municipale à la hauteur de son importance urbaine. Une collection de livres s’est pourtant constituée depuis la Révolution mais aucun bâtiment n’est dédié à sa conservation. Le riche fonds est précairement abrité dans l’ancien collège des Jésuites, en proie à l’humidité et insuffisamment protégé des incendies. Pour une ville de l’importance de Toulouse, la situation est honteuse, si bien qu’en 1920, la construction d’un bâtiment pour la bibliothèque municipale devient prioritaire. Lire la suite de cet article »

Bilipo, une bibliothèque exclusivement vouée à la littérature policière

La plus grande bibliothèque de littérature policière au monde… est parisienne! La Bilipo, sise au coeur du cinquième arrondissement, conserve plus de 100 000 documents. Petite visite de cette institution insolite.

Des bibliothèques spécialisées de Paris, on vous dira qu’elle est celle qui est dotée du nom le plus « mignon »…. et énigmatique. Bilipo n’est pas une bibliothèque pour la jeunesse, encore moins une bibliothèque sur l’Oulipo, mais la bibliothèque des littératures policières. Installée depuis 1995 dans le cinquième arrondissement de Paris, cette bibliothèque unique au monde et richement fournie ravit les amateurs de romans noirs et de faits divers sordides.

Les drames de la cocaïne

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Journées du Patrimoine : les plus belles bibliothèques parisiennes

Paris regorge de (très) belles bibliothèques. Il y en a bien plus qu’on ne l’imagine. Ecoles, instituts, sociétés savantes, beaucoup d’hôtels particuliers parisiens abritent de long rayonnages de livres qui courent jusqu’au plafond et que l’on aperçoit, furtivement, par une fenêtre éclairée dans une nuit d’hiver.

Les étudiants et érudits ont la grande chance de fréquenter quotidiennement ces lieux de savoirs, dont certains, avec leur parquet qui grince et leur odeur de cire, semblent tout droit sortis d’un film. Voici ma sélection personnelle d’adepte du bibliotourisme !

Bibliothèque nationale de France  – site Richelieu

A tout seigneur tout honneur, notre parcours commence par la Bibliothèque nationale de France qui occupe à Paris plusieurs sites, dont trois principaux : le quadrilatère Richelieu (2e), le site François-Mitterrand (Tolbiac) et l’Arsenal (Pont-Marie). Malheureusement, la « grande bibliothèque » (site de Tolbiac), n’est pas ouverte pour les JEP.

Sur le site Richelieu, le visiteur pourra découvrir quelques uns des nombreux trésors des départements « patrimoniaux » de la BnF. Dans les différentes salles de lecture, des conservateurs seront présents pour dévoiler les documents sur lesquels ils travaillent : cartes anciennes, manuscrits, photographies et estampes… Parmi les trésors présentés cette année, le Livre d’heures de Jeanne de France, acquis en 2012, un manuscrit de Marcel Proust et un manuscrit de Guillaume Apollinaire, des cartes à jouer anciennes…

Côté architecture, le visiteur pénétrera dans l’une des plus extraordinaires salles de lecture parisienne, la salle Ovale, construite par Louis Pascal à la fin du XIXe siècle. Impressionnante par son volume (45 mètres de long, 18 mètres de haut), elle émerveille par son cachet, avec ses murs couverts de livre et son immense verrière. En raison des travaux de rénovation du quadrilatère, la fameuse salle Labrouste n’est pas accessible au public. Elle rouvrira en 2015.

Salle Ovale, photographie Vincent Desjardin (flickr)

Salle Ovale, photographie Vincent Desjardin (flickr)

Bibliothèque Sainte Geneviève

Les passionnés d’architecture se rendront à la bibliothèque Sainte-Geneviève pour admirer tout le génie d’Henri Labrouste.

En 1838, alors que les planchers du lycée Henri IV menacent de céder sous le poids des livres de l’ancienne abbaye Sainte-Geneviève, l’administration décide d’édifier un nouveau bâtiment pour abriter cette bibliothèque dont la préciosité et l’utilité sont unanimement reconnues.

Pour dresser les plans du premier édifice parisien conçu dès l’origine comme une bibliothèque autonome, l’administration fait appel à un architecte d’une quarantaine d’années, Henri Labrouste, lauréat du Prix de Rome en 1824. Son projet est approuvé en 1843 et huit ans plus tard, la bibliothèque accueille ses premiers lecteurs.

La conception architecturale du lieu, novatrice, ne manque pas d’impressionner ceux qui y pénètrent : visionnaire, Henri Labrouste a pensé une bibliothèque fonctionnelle qui va s’ériger comme un modèle du genre, avec sa grande salle de lecture lumineuse et aérienne, portée par de fines et élégantes colonnes de fonte. Labrouste est le premier à utiliser avec une telle audace le métal dans l’architecture.

Marie-Lan Nguyen, Salle de lecture de la bibliothèque Sainte-Geneviève (wikipédia commons)

Salle de lecture de la bibliothèque Sainte-Geneviève, photographie Marie-Lan Nguyen, (wikipédia commons)

Aujourd’hui, la bibliothèque Sainte-Genevièvre (BSG) est rattachée à l’université et accueille un public composé à majorité d’étudiants. Elle conserve également un fond ancien important et précieux, hérité de la bibliothèque de l’abbaye et régulièrement enrichi.

Durant les JEP sont proposées différentes visites. Je vous recommande notamment la visite générale, qui fait la part belle à l’architecture et celle de la Réserve, qui vous permettra de découvrir quelques uns des trésors de son exceptionnel fonds ancien.

Bibliothèque Mazarine

Située dans l’ancien Palais des Quatre Nations, qui abrite également l’Institut de France, la Bibliothèque Mazarine est la plus ancienne bibliothèque publique de France. Son origine remonte au XVIIe siècle : en 1643, Mazarin décide d’ouvrir au public sa bibliothèque personnelle, qui rejoint à sa mort le collège des Quatre-Nations. Riche d’un fonds ancien exceptionnelle, la bibliothèque est installée dans de très belles salles ornées de bustes.

Bibliothèque Mazarine, JEP 2011

Bibliothèque Mazarine, JEP 2011

Lors des JEP, les visiteurs peuvent déambuler librement dans la salle de lecture et dans le très beau vestibule de la bibliothèque et découvrir l’exposition « Raynal, un regard vers l’Amérique ».

La bibliothèque nationale de France – Site de l’Arsenal

Depuis le milieu du XVIIIe siècle, l’Arsenal abrite une bibliothèque. Ce n’est que depuis 1934 que celle-ci est rattachée à la Bibliothèque nationale de France. Lors des JEP, les espaces historiques du bâtiment sont exceptionnellement ouverts au public pour des visites commentées gratuites et passionnantes. Le visiteur y découvre quelques décors anciens comme le fabuleux salon de musique, récemment restauré et le cabinet de La Meilleraye, un rare exemple des décors de style Louis XIII. Outre les commentaires sur ces décors fabuleux, les conférenciers s’efforcent de faire revivre à nos oreilles l’incroyable passé de cette bibliothèque, où se croisaient notamment au XIXe siècle artistes et écrivains, lors des célèbres soirées littéraires de Charles Nodier.

Bibliothèque de l'Arsenal, cabinet de La Meilleraye, JEP 2011

Bibliothèque de l’Arsenal, cabinet de La Meilleraye, JEP 2011

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Bibliothèque de l’Arsenal, Salon de musique, JEP 2011

Les bibliothèques du Sénat et de l’Assemblée

Le Palais Bourbon et le Palais du Luxembourg abritent deux très belles bibliothèques. Ceux qui auront la patience d’affronter la queue souvent longue à l’entrée de ces deux institutions pourront admirer les décors peints par Delacroix dans la bibliothèque du Sénat et quelques trésors anciens de la bibliothèque de l’Assemblée nationale.

Les Archives nationales

Nous terminons notre parcours par une petite digression jusqu’aux Archives Nationales (site de Paris) où je vous recommande particulièrement la visite guidée des Grands dépôts qui témoignent des aménagements effectués au XIXe siècle pour offrir de bonnes conditions de conservation aux archives de la nation tout en les mettant en scène. Cette visite permet de parcourir les magasins d’archives, d’approcher des documents précieux tels les archives de l’Assemblée nationale mais également de comprendre le travail des archivistes hier et aujourd’hui.

Archives nationales

Archives nationales

La plus fabuleuse bibliothèque publique d’Europe: O.B.Amsterdam

Ayant eu vent de la très belle vue offerte par la terrasse de l’OBA, la bibliothèque publique d’Amsterdam, je l’avais inscrite à ma liste des visites à faire lors de mon séjour dans la capitale néerlandaise. Plus que pour la vue, c’est pour la bibliothèque en elle-même que j’ai eu un coup de foudre. 

OBA Bibliothèque AmsterdamInstallée depuis 2007 près de la Gare centrale, dans un quartier en pleine réhabilitation, à deux pas du centre-ville, la bibliothèque publique d’Amsterdam se déploie dans un édifice d’une incroyable qualité: espace, design, aménagement, confort, tout est réussi. Avec 28 000 m2, c’est la plus grande bibliothèque publique d’Europe. Sept niveaux sont accessibles aux lecteurs, qui y trouvent quelques 1000 places assises et 600 postes informatiques.

Un bâtiment et un design réussi

Pour concevoir la nouvelle bibliothèque, les moyens n’ont pas été négligés : un budget de 70 millions d’euros avait été alloué au projet. Une belle enveloppe qui a permis à la ville d’Amsterdam de s’offrir les services d’un architecte spécialiste des bibliothèques, Jo Coenen. Et quelle réussite!

OBA Bibliothèque Amsterdam

Une grande bibliothèque, répartie sur sept niveaux, ça aurait pu être assez monotone, avec des espaces qui un peu répétitifs dans leurs volumes. Et non! Les étages se suivent et ne se ressemblent pas. Il y a du rythme, de la dynamique dans l’enchaînement des zones. Oubliée la version classique du grand puits de lumière que l’on retrouve souvent dans les bibliothèques moderne ! Ici, l’élément « puits de lumière » est traité de manière très subtile: il prend des formes variées suivant les étages, créant de beaux jeux de points de vues et de perspectives, excellemment sténographiés et cela sans jamais que l’on ne ressente de sentiment de vertige ou d’écrasement. Malgré cette disposition hétérogène autour du puits, l’architecte a su donner au volume intérieur une unité et une harmonie.

OBA Bibliothèque Amsterdam

Chaque espace de la médiathèque dispose d’une identité visuelle marquée. On retient surtout l’espace dévolu à la musiqueOBA Bibliothèque Amsterdam et aux films avec ses belles étagères cylindriques et l’espace des enfants, très ludique. Au sous-sol du bâtiment, la bibliothèque des petits est bien accueillante, avec son ours géant, ses étagères arrondies et sa cabane. On y retrouve un confort de lecture « comme à la maison » : tapis, coussins, gros fauteuils rouges qui appellent petits et grands à s’y lover. En retrait, divers espaces d’ateliers, le « kinderlab », ont été aménagé pour accueillir les nombreuses activités de l’institution. Et comme la bibliothèque conserve une belle collection de livres de jeunesse anciens, certains sont présentés par roulement dans des vitrines, avec un écran tactile permettant d’en manipuler des versions numérisées.

OBA Bibliothèque Amsterdam

A mon sens, l’autre grande réussite de l’architecte réside dans l’exploitation qu’il fait du paysage. Avec la hauteur du bâtiment et l’espace dégagé qui le précède, la vue sur Amsterdam est époustouflante. Agréable, oui, mais… Toute personne qui a déjà été à la bibliothèque du musée du Quai Branly sait à quel point il est difficile de travailler quand on a un paysage merveilleux sous les yeux (au MQB, c’est une vue à + de 180° sur Paris). C’est pas pour rien que Labrouste avait mis des fenêtres hautes à la Bibliothèque Sainte-Geneviève! Le paysage, c’est l’élément numéro 1 de distraction pour tout étudiant dans une bibliothèque. Bon, là, me direz-vous, la question se posait de façon moins cruciale étant donné qu’il s’agit d’une bibliothèque publique municipale. Il n’empêche que le parti-pris de l’architecte est bien pensé: jamais d’immenses baies vitrées courant sur toute la longueur de la façade, mais des baies qui encadrent avec soin des portions du paysage. La ville se dévoile par fragment, discrètement. Le touriste qui voudra emporter une belle carte postale se rendra sur la terrasse au dernier étage pour embrasser la vue d’un seul regard (mais seulement l’été, car malheureusement, l’accès est fermé une bonne partie de l’année…)

OBA Bibliothèque Amsterdam

Quand la bibliothèque devient un lieu de vie

Le rêve de tout étudiant néo-rat de bibliothèque: une institution ouverte 7 jours sur 7, de 10h à 22h ! Un modèle que l’on aimerait bien voir généralisé ! Outre de riches collections, dont près d’un quart sont en libre accès, le visiteur peut ici assister à toutes sortes d’activités : représentations théâtrales, exposition, conférences, émission radio… La devise de l’institution : « il y a toujours quelque chose à faire à l’OBA ». Même manger ! En effet, une cafétéria est installée au dernier étage !

Visitée par 5000 usagers par jour, l’OBA est une institution phare, à la tête d’un réseau de 27 bibliothèques municipales. La construction de ce bâtiment, en 2007, a largement participé à la restructuration – toujours en cours – de ce quartier portuaire, à deux pas du centre ville !

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site officiel de la bibliothèque

Charles Nodier, l’histoire du roi de Bohème et de ses sept châteaux, 1830

Gallica regorge de trésors, parmi lesquels quelques uns des chefs-d’oeuvre de l’édition française. L’histoire du roi de Bohème et de ses sept châteaux est au nombre de ceci… 

Le récit, « l’histoire d’un roi de Bohème que le narrateur n’arrive jamais à raconter », est l’œuvre de Charles Nodier (1780-1844), homme de lettres et conservateur de la bibliothèque de l’Arsenal, où il tenait un salon littéraire. Pour cet ouvrage, l’écrivain s’est fortement inspiré d’un livre de Laurence Sterne (1713-1768), Tristram Shandy. Outre un contenu narratif similaire, on retrouve dans l’oeuvre de Nodier le même style très imagé et la même abondance de jeux de mots.

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Le Nouveau recueil d’ostéologie et de myologie de Jacques Gamelin (1779)

En 1775, Jacques Gamelin, professeur de peinture à l’Académie de Toulouse, se lance dans la confection d’un grand atlas anatomique, le Nouveau recueil d’ostéologie et de myologie dessiné d’après nature (…) pour l’utilité des sciences et des arts, publié 4 ans plus tard. Si les 2000 exemplaires se sont assez mal vendus, il n’empêche que cet ouvrage est un chef d’œuvre. Les compositions, que Gamelin dessinait à partir de dissections qu’il réalisait lui-même, sont surprenantes et théâtrales. Je vous invite à les découvrir sur la bibliothèque numérique d’histoire de la santé de l’université Paris-Descartes…