Rail-Trip en Espagne (3) : trois jours à Barcelone

Après Valence et Tarragone, la troisième étape de ce rail-trip culturel en Espagne était Barcelone : vous l’aurez compris, je remonte doucement vers la frontière française, au gré des rodalies, ces trains régionaux qui sillonnent la Catalogne. Barcelone, deux jours et demi d’arrêt ! Au programme : orgie d’architecture moderniste (Gaudi en tête) et délectation d’art roman… 

Le Musée national d’Art Catalan, au sommet du Parc de Montjuïc

Note / Message de service : les lecteurs réguliers d’Orion déplorent depuis quelques semaines l’absence de nouveaux billets. Nous sommes bientôt à mi-semestre, la période la plus difficile pour moi tant j’ai de travail et de choses sur le feu : deux colloques, des textes à rendre, la fatigue accumulée du démarrage de l’année universitaire. Les choses devraient rentrer dans l’ordre avec les « vacances » de la Toussaint. Je publie en attendant quelques billets écrits pendant l’été et restés dans mes brouillons. Il me tarde de retrouver des moments calmes pour alimenter le blog, d’autant que j’ai plein de beaux sujets dont j’aimerais vous entretenir… Concernant ce voyage en Espagne, le quatrième volet de la série, Gérone, n’est toujours pas rédigé, il vous faudra être patients ! 

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Le vertige de l’inventaire : Atget, photographe du Vieux Paris

Si vous vous intéressez un tant soit peu à l’histoire de Paris, nul doute que vous avez déjà croisé l’une de ses photographies, et peut-être retenu son nom, Eugène Atget. L’homme, devenu photographe sur le tard, est l’auteur d’un œuvre considérable : plus de 8000 clichés lui sont attribués. Nombre d’entre eux concernent Paris. De 1897 à son décès, en 1927, Atget a méticuleusement photographié chaque rue ancienne de la capitale, chaque détail pittoresque, tout ce que Paris comptait d’immeubles menacés, de petits métiers mourants, jusqu’à écrire « Je possède tout le vieux Paris ».

Eugène Atget,Petit bras de la Seine au Pont Neuf, 1898, Gallica/BnF

Ce billet fait suite à la visite guidée que j’ai donnée dans le cadre des 20 ans de Gallica, et que j’ai reprise pour les Journées du Patrimoine 2018 pour le compte de la Bibliothèque nationale de France.

Aujourd’hui, ces clichés, tirés avec plus ou moins de soin, se trouvent par milliers dans les grandes institutions parisiennes et – par les hasards des rencontres et des passions – au MoMA à New York. Numérisés, ils font le bonheur des nostalgiques du Paris d’autrefois. Pour ce nouveau billet, je vous propose une exploration – forcément superficielle – de l’immense œuvre de ce photographe « documentaliste » .

Pendant les Journées du Patrimoine 2018, « Dans les pas d’Atget », visite guidée pour la BNF.

Paris immortalisé, Paris comme nous ne le verrons jamais plus, Paris un peu mystérieux. Si les photos d’Atget ont parfois une aura de mystère, la carrière de leur auteur n’est elle-même pas dénuée d’énigmes… Lire la suite de cet article »

Une France en miniature : le musée des plans-reliefs

Au dernier étage des Invalides, sous les toits, il y a un musée aussi fabuleux que méconnu, bien qu’il ait fait en 2012 l’objet d’une très belle exposition au Grand Palais. J’ai nommé le musée des plans-reliefs, ou comment faire le tour des cités fortifiées françaises sans quitter la capitale !

Plan-relief de Besançon

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Ma contribution à WikiLovesMonuments 2017

J’imagine que vous faites comme moi : vous cherchez des infos sur un château, des peintures d’un artiste ; Google vous amène à Wikipédia et Wikipédia vous amène à Wikicommons, cette immense photothèque mondiale et libre de droits. Parfois vous trouvez votre bonheur, d’autres fois non.

Galerie des chevaux du château d’Oiron. Photo personnelle (Peccadille) déposée en CC BY-SA sur Wikicommons

Wikicommons, j’en use et j’en abuse. Je suis, depuis longtemps, une grande utilisatrice de Wikipédia, un projet dont j’admire la force et l’architecture. Je me disais, depuis longtemps aussi, qu’il fallait que j’y contribue, notamment sur le volet « images ». Dix ans à évoluer dans le milieu de l’histoire de l’art, ça fait un beau stock de photos qui dort sur un disque dur. Cinq ans de blogging culturel aussi : un beau gisement de clichés de monuments difficilement accessibles hors Journées du Patrimoine…

Dommage de garder tout ça pour moi, d’autant que j’estime qu’il me faut rendre au Web un peu de tout ce qu’il m’a donné. Avoir un blog. Contribuer à des projets Wikimédia. Lire la suite de cet article »

Portraits et clichés de l’architecte

Comment, au cours des siècles, a-t-on portraituré les architectes ? C’était le sujet (un peu austère, mais passionnant) de l’exposition estivale de la Cité de l’Architecture et du Patrimoine, que j’ai vue in extremis à la fin du mois d’août, juste avant qu’elle ne se termine.

Philippe de Champaigne, Portrait de l’architecte Jacques Lemercier, huile sur toile, 1644, Versailles, Musée national des Châteaux de Versailles et de Trianon.

La représentation de l’architecte : voilà un sujet pour me plaire. J’ai en tête les beaux portraits peints du XVIIe siècle, avec leurs étalages d’outils et de références artistiques témoignant du métier et du goût de leur modèle. Je pense — évidemment — aux gravures qui diffusèrent en nombre ces effigies.

Scénographie de l’exposition « L’architecte. Portraits et Clichés » à la Cité de l’Architecture.

Mais voilà, je ne peux cacher que j’ai été un peu déçue par l’exposition  « L’architecte. Portraits et Clichés ». de la Cité de l’Architecture. C’est un reproche que je fais fréquemment aux productions de cette institution : trop. Trop d’artéfacts, trop de sections, trop de textes… et un parcours somme toute un peu monotone : « le portrait de l’architecte », présenté dans un strict ordre chronologique ; « l’architecte au travail » ; « l’architecte à la une » qui traitait autant de sa représentation dans la presse que dans la culture populaire (timbre, jeux de société, cinéma).

Scénographie de l’exposition « L’architecte. Portraits et Clichés » à la Cité de l’Architecture, Paris

Si j’ai été déçue, j’ai tout de même eu un certain intérêt à lire les textes de salle et à admirer certains artéfacts : de beaux portraits peints, l’émouvant « nécessaire de travail » de ce cher Henri Labrouste… Lire la suite de cet article »

Plongée dans le Musée de La Piscine de Roubaix !

C’est probablement le bâtiment muséal le plus insolite de France : comme son nom l’indique, le Musée de la Piscine est installé dans … une ancienne piscine ! Oh, vous avez sûrement déjà vu passer une photo de ce cadre aussi surprenant qu’enchanteresque. Mais ce qui fait le charme de ce musée, ce n’est pas seulement son enveloppe : c’est aussi la singularité de ses collections, essentiellement centrées sur la fin du XIXe siècle et les premières décennies du XXe. Aujourd’hui, je vous emmène donc explorer un de mes musées favoris du Nord de la France.

La Piscine de Roubaix : vue du légendaire bassin !

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Le château de Maisons, un chef-d’oeuvre de l’architecture classique

Voyageur étranger à Paris au XVIIIe siècle, il est probable que l’on vous aurait conseillé la visite au château de Maisons. Des environs de la capitale, c’est l’une des demeures dont les guides touristiques d’alors recommandent le plus vivement la visite – après les palais royaux, évidemment. Trois siècles plus tard, le château de Maisons n’a pas perdu sa réputation : il est aujourd’hui encore considéré comme le chef-d’oeuvre de François Mansart, un des plus fameux architectes de la première moitié du XVIIe siècle.

L’escalier du château de Maisons, à Maison-Laffitte

L’histoire du château de Maisons commence en 1629 quand René de Longueil hérite de la seigneurie de Maisons-sur-Seine (aujourd’hui Maisons-Lafitte) qui appartient à sa famille depuis un siècle et demi. Descendant d’une longue lignée de parlementaires, René de Longueil connaît une ascension sociale remarquable : au cours de sa carrière, il va cumuler les charges les plus prestigieuses, jusqu’à être nommé (brièvement) surintendant des Finances du Roi, puis Ministre d’État.

Enrichi par la fortune de son épouse Madeleine de Crèvecœoeur et par son habileté financière, René de Longueil veut affirmer sa nouvelle posture sociale en élevant, à l’emplacement du vieux manoir familial, un château non pas à la pointe de la mode, mais qui fasse la mode. René de Longueil a un atout de taille : le terrain qu’il possède est plein de potentiel, idéalement situé à mi-chemin entre Paris, la capitale, et Saint-Germain-en-Laye où le roi, Louis XIII, séjourne régulièrement.

Vue depuis les toits du château de Maisons à Maisons-Lafitte

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A l’ombre du vénérable Pont du Gard

Le deux janvier, pour bien commencer mon année culturelle, je visitais en compagnie de Jean-Luc Cougy le pont du Gard, un monument que je m’étais jusqu’alors contentée de contempler en carte postale. L’avantage de s’y rendre un deux janvier, c’est que l’on ne croise pas un chat et que l’on peut admirer les belles pierres dans le silence du soleil froid d’hiver.

Le Pont du Gard, le 2 janvier 2017

Le Pont du Gard, le 2 janvier 2017

Sa silhouette rythmée par trois niveaux d’arches, nous la connaissons tous. Le pont du Gard est l’ouvrage d’art majeur d’un aqueduc long de 57 kilomètres, construit dans la première moitié du Ier siècle pour alimenter en eau la ville de Nîmes, alors une des cités les plus importantes de la province romaine de la Narbonnaise.

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La renaissance de la salle Labrouste

Vous avez peut-être aperçu son élégante silhouette sur les réseaux sociaux ces dernières semaines : la salle Labrouste, chef-d’œuvre de l’architecture publique du XIXe siècle vient de rouvrir ses portes après plusieurs années de restauration.

La Salle Labrouste aujourd'hui

La Salle Labrouste aujourd’hui

Un chantier que j’avais eu la chance de visiter à plusieurs reprises dans le cadre de mon travail à l’INHA. J’ai d’ailleurs écrit à ce sujet un billet sur le blog Sous les Coupoles, mais je n’avais pas eu l’occasion d’en parler ici. Maintenant que les livres et les lecteurs ont repris leurs droits dans les salles restaurées du quadrilatère Richelieu, je vous emmène visiter ?

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Dans les tréfonds de Gallica : le mystère Jean-Jacques Lequeu

Découvrir l’œuvre de Jean-Jacques Lequeu au détour d’une requête Gallica ou d’une cimaise d’exposition, c’est faire une trouvaille un peu surprenante, qui laisse parfois une impression étrange. Que cachent ces dessins aux rendus si léchés ? Qui est ce dessinateur bien mystérieux dont l’œuvre juxtapose architecture et érotisme ?

Jean-Jacques Lequeu, Il est libre, dessin, vers 1798, Gallica/BnF

Jean-Jacques Lequeu, Il est libre, dessin, vers 1798, Gallica/BnF

Jean-Jacques Lequeu a fait couler beaucoup d’encre et demeure énigmatique. On sait très peu de choses de son existence et s’il n’avait pas lui-même fait don de ses dessins à la Bibliothèque royale en 1825, il est probable qu’il serait aujourd’hui oublié de tous.

Jean-Jacques Lequeu, Il tire la langue, dessin, début XIXe siècle?, Gallica/BnF

Jean-Jacques Lequeu, Il tire la langue, dessin, début XIXe siècle?, Gallica/BnF

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La sainte-chapelle du château de Vincennes

À deux pas de Paris, juste de l’autre côté du périph’, il y a un monument de sept siècles d’histoire à découvrir : le château de Vincennes. Seule résidence d’un souverain du Moyen Âge subsistant en France, et plus haut donjon d’Europe, il se dresse dans l’horizon parisien, rappelant ce passé lointain… Et juste à côté de la massive silhouette du donjon, s’élève une chapelle, la sainte-chapelle. C’est de ce monument que je vais aujourd’hui vous parler, et de sa restauration.

Décor des voussures du tympan de la Sainte-Chapelle de Vincennes

Décor des voussures du tympan de la Sainte-Chapelle de Vincennes

Une sainte-chapelle à Vincennes ? N’y en a-t-il pas qu’une de Sainte-Chapelle, celle de l’île de la Cité, au cœur de Paris ? Eh bien non ! Le titre de sainte-chapelle est porté par plusieurs édifices religieux : en France, il y eut une dizaine de « sainte-chapelle », dont seules sept subsistent aujourd’hui… Lire la suite de cet article »

Le Palais idéal du Facteur Cheval

C’est un monument qu’il est impossible d’oublier une fois que vos yeux l’ont découvert. « Le seul exemple en architecture de l’art naïf » selon Malraux. Aujourd’hui, je partage avec vous mon émotion de contempler, au petit matin, dans la nature qui se réveille, le Palais Idéal du Facteur Cheval.

Le Palais idéal du Facteur Cheval, façade est.

Le Palais idéal du Facteur Cheval, façade est.

Il est de ces œuvres d’art si improbables et fragiles dont on s’émeut non seulement qu’un esprit les ait mises au monde, mais plus encore, qu’elles aient échappé aux vicissitudes du temps, jusqu’à nous parvenir.

C’est le cas du palais idéal du Facteur Cheval, surgi des « terres froides » de la Drôme des collines à la toute fin du XIXe siècle. Imaginez ! Un homme modeste, un paysan devenu facteur, qui s’improvise architecte et sculpteur parce qu’il a eu une vision, et qui, trente ans durant, va consacrer toute son énergie et son temps libre à bâtir un palais fantasmagorique aux inspirations multiples. C’est l’histoire du Facteur Cheval et de son palais idéal. Lire la suite de cet article »

Le Familistère de Guise

En février dernier, j’ai réalisé un rêve qui me poursuivait depuis dix ans : visiter le Familistère de Guise, cet immense « palais social » qui se dresse sur les bords de l’Oise. Une « utopie sociale réalisée » dont notre société aurait encore beaucoup à apprendre, à l’heure où les droits sociaux sont sans cesse remis en cause. Car ce Familistère d’un autre temps, s’il ne peut apporter des solutions toutes faites à nos problèmes contemporains, offre encore des pistes de réflexion valables.

La cour vitrée du Familistère de Guise

La cour vitrée du Familistère de Guise

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Le trésor du fort : les photographies de la Médiathèque de l’architecture et du patrimoine

Jeudi dernier, j’ai eu la chance de visiter un lieu méconnu : le fort de Saint-Cyr, qui abrite (entre autre) le département photographie de la Médiathèque de l’architecture et du patrimoine. Un lieu fascinant pour des collections qui ne le sont pas moins : quinze millions de négatifs retraçant tout un pan de l’histoire de la photographie en France.

Négatif sur verre, Médiathèque de l'architecture et du patrimoine

Positif pour projection, Médiathèque de l’architecture et du patrimoine

Créée en 1996, la Médiathèque de l’architecture et du patrimoine (MAP) est une institution assez récente. Cependant, elle rassemble des services parfois plus anciens comme le Centre de recherche sur les Monuments historiques (CRMH). La Map a pour mission de collecter, conserver, étudier et valoriser deux grands ensembles :  les archives et la documentation de l’administration des Monuments historiques d’une part, et le patrimoine photographique de l’État de l’autre. D’où ce nom de Médiathèque de l’architecture et du patrimoine, duquel on retient trop souvent uniquement le mot « architecture », occultant l’autre composante, non moins essentielle, de son titre. L’institution est d’autant plus complexe à cerner que son titre est proche de celui de la Cité de l’architecture, ce qui n’est pas sans entretenir une certaine confusion entre les deux établissements… Contrairement aux idées reçues, donc, la MAP ne traite donc pas que de Monuments historiques !

La Médiathèque de l’architecture et du patrimoine occupe plusieurs sites. Le plus connu est celui de Charenton, qui accueille le public. À l’autre bout de l’Île-de-France, la MAP est aussi implantée à Montigny-le-Bretonneux, sur le site du Fort de Saint-Cyr où elle conserve une grande partie de ses collections photographiques. Lire la suite de cet article »

Impressions toulousaines

Étrangement, Toulouse n’est pas une destination touristique très prisée : pourtant, la ville rose possède un patrimoine exceptionnel, qui justifie à lui seul un séjour. Ajoutons à cela une position centrale pour rayonner dans la région, voilà une destination idéale pour tous les amateurs de vacances urbaines mais allergiques aux hordes de touristes.

NB: Avec un gros décalage, j’inaugure ici une série de billets sur une de mes destinations de l’été, Toulouse, où j’ai séjourné mi-juillet. 

Le capitole, certainement le plus célèbre monument de Toulouse

Le capitole, certainement le plus célèbre monument de Toulouse

La marque de fabrique de Toulouse, ce sont trois couleurs : le rose des briques dont est bâti le centre-ville, le bleu de pastel qui fit la richesse de la ville à la Renaissance, et la violette, cette fleur dont on fait des friandises délicieuses. Lire la suite de cet article »