La Corderie Vallois, la mémoire vivante de l’Industrie rouennaise

Le long de la rivière du Cailly, à quelques kilomètres du centre-ville de Rouen, une vieille bâtisse du début du XIXe siècle abrite une ancienne manufacture transformée en musée industriel : la corderie Vallois. Un lieu vivant, où se raconte le passé industriel Seinomarin, dans le bruit assourdissant de quelques vaillantes tresseuses mécaniques encore en état de fonctionnement.

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Corderie Vallois : tresseuses mécaniques, juillet 2014

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L’autel macabre de la galerie d’Anatomie de l’Ecole des Beaux-Arts

Il y a quelques mois, j’ai eu la chance de pénétrer dans la galerie d’anatomie de l’Ecole des Beaux-Arts. Mes yeux émerveillés ont observés d’étranges squelettes, de fascinants moulages du vivant et une macabre mise en scène.

Anonyme, autel macabre, fin XVIIe siècle, ENSBA

Anonyme, autel macabre, fin XVIIe siècle, ENSBA

La galerie d’anatomie de l’Ecole des Beaux-Arts recèle bien des trésors. Parmi eux, un petit objet peut prétendre au titre de la curiosité la plus macabre. Sous un dais inscrit de vers de Virgile et de François de Malherbe évoquant la mort, une momie de fœtus gît sur un cénotaphe, encadrée de deux  petits squelettes portant des faux. Un troisième, au pied du cercueil, clôt la composition. Cette mise en scène, dans la tradition du memento mori,  a été composée à la fin du XVIIe siècle.

Cet étrange objet est le dernier vestige existant d’une très prestigieuse collection d’anatomie, la collection de deux célèbres chirurgiens, Jean-Joseph Sue père et fils (le grand-père et le père de l’écrivain Eugène Sue). A partir de 1745, Jean-Joseph Sue père, chirurgien à l’hôpital de la Charité et professeur à l’Académie royale de peinture et de sculpture, mène d’importantes recherches sur la conservation des restes anatomiques. Ses travaux donnent lieu à la publication de plusieurs ouvrages tel L’Anthropotomie ou l’art d’injecter, de disséquer, d’embaumer et de conserver les parties du corps humain (1765). Ses préparations anatomiques sont alors fort connues et admirées, quoique parfois d’un goût douteux. Les auteurs de l’Encyclopédie mentionnent ainsi que le chirurgien a fabriqué et offert au Cabinet du roi une paire de pantoufles… en peau humaine !

Jean Joseph Sue Portrait

Portrait de Jean Joseph Sue, 1775. Wellcome Library, Londres

En 1785, Jean-Joseph père confie sa collection de pièces anatomiques – encore modeste- à son fils. Ce dernier va en faire, en l’espace de quelques années, une des plus importantes collections de ce type en Europe. A la veille de la révolution, elle compte en effet 1300 pièces. Afin de financer son développement, Jean-Joseph fils a l’idée de la présenter au public dans un cabinet où il donne à l’occasion des conférences. Sa réputation est telle que le cabinet est signalé dans plusieurs guides parisiens.

En 1824, Jean-Joseph Sue fils dépose pour 15 ans sa collection à l’Ecole des Beaux-Arts. Mort avant le terme de ce prêt, Sue ne récupérera jamais sa collection, qui, faute d’entretien, va rapidement se décomposer. L’odeur pestilentielle qui règne dans les salles l’abritant nécessite qu’une décision soit prise : bien que considérées comme rares et très précieuses, les pièces d’anatomies, irrécupérables, sont détruites avant 1835. Le petit autel macabre semble être ainsi la seule pièce avoir échappé de la disparition de cet extraordinaire ensemble.

Pour aller plus loin : Philippe Comar (dir.), Figures du corps : Une leçon d’anatomie à l’école des Beaux-Arts, Paris, Beaux-Arts de Paris les éditions, 2008.

L’Art de ne jamais faire la queue au musée

Le Louvre, l’été : une file interminable serpente autour de la pyramide sous un soleil de plomb. Grand Palais, l’automne : une foule trempée se presse pour voir la dernière expo à succès sous une pluie torrentielle. Qui n’a jamais renoncé à voir une exposition devant les mètres et les mètres de queue qui le séparent de l’entrée d’un musée ? La file devant le musée, ce supplice interminable à vous faire haïr la culture à tout jamais, mais dont l’image est cependant fièrement exhibée à la une de quelques journaux nationaux, comme preuve d’une fréquentation record dans les musées français, pourtant discutable.

Longues files, immenses queues, attente interminable… pourtant si faciles à éviter … pour peu que l’on connaisse quelques astuces! Aujourd’hui, je vous livre mon guide de survie pour impatients assoiffés de culture.

Esplanade d'Orsay trente minutes avant l'ouverture du musée - été 2011

Esplanade d’Orsay trente minutes avant l’ouverture du musée – été 2011

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Tutoyer le musée du Louvre

Cinq ans d’études à l’École du Louvre, des milliers d’heures passées à arpenter les innombrables salles du palais du même nom. Munie d’une carte « magique » conférant un accès gratuit et illimité aux collections, j’ai appris à tutoyer le Musée du Louvre.

Pyramide du Louvre, automne 2013

Pyramide du Louvre, automne 2013

Le rapport qu’un étudiant en histoire de l’art entretient avec le musée est de l’ordre de l’intime et du singulier. Les trois premières années de l’École du Louvre impliquent de passer beaucoup de temps « au contact direct des œuvres », un principe qui est la marque de fabrique de l’institution. Aux centaines d’heures de travaux dirigés devant les œuvres (T.D.O.) se succèdent autant de temps à réviser dans les mêmes salles. Tout élève assidu en vient à connaître par cœur les chemins qui conduisent de la Victoire de Samothrace à la cour Marly, de la Joconde aux appartements de Napoléon. Les heures de pointe, les raccourcis, les jours tranquilles, les flux de touristes, la quiétude des salles isolées sont autant de choses que nous connaissons parfaitement.

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Carte postale de l’atelier de fresque, à l’Ecole des Beaux-Arts

Parfois même les lieux familiers vous réservent bien des surprises. Derrière un escalier du Palais des Etudes de l’Ecole des Beaux-Arts, que j’ai tant fréquenté, une porte, une courette où j’aimais venir voir les pierres lithographiques entreposées. Et, au-delà de cette courette, un atelier que je n’avais jamais pénétré, l’atelier de fresque de Philippe Bennequin. Un endroit merveilleux, lumineux, aux murs d’un chromatisme chatoyant et au bazar rassurant, avec ses tables entières couvertes de petits pots remplis de poudres colorées.

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Égarées dans les entrailles de l’Ecole, mon amie Chloé et moi avons chaleureusement été accueillies par le maître des lieux, Philippe Bennequin. Lire la suite de cet article »

Londres – le musée Soane

Le Sir John Soane Museum est probablement l’un des plus fascinants musées de Londres. Demeure de l’architecte néo-classique Soane, les lieux sont restés inchangés depuis sa mort, en 1837.

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Le musée des moulages de l’Université de la Sapienza – Rome

Vous ne trouverez pas ce musée dans les guides touristiques, pas même dans ceux qui vous promettent une visite curieuse et insolite de Rome. Fondé en 1892, le Muséo Dell’Arte Classica est pourtant l’une des rares collections universitaires de moulages encore pleinement intégrée au campus moderne.

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Le mabre et l’acier – La centrale Montemartini, Rome

Alliance réussie d’art antique et de patrimoine industriel, la centrale Montemartini, la plus récente annexe du musée national romain, est au nombre des lieux insolites à voir à Rome.

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Musée le Secq des Tournelles (Rouen) (1/2)

Derrière le musée des Beaux-Arts de Rouen, se dresse un autre musée, discret, établi dans une ancienne église, le musée du Secq des Tournelles… Il abrite une collection unique en Europe, consacrée à l’art de la ferronnerie, rassemblée à la fin du XIXème par deux collectionneurs, Henri Le Secq des Tournelles et son fils. Visite conseillée aux âmes romantiques et aux amateurs des arts du métal.

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Les Musées d’Extrême-Orient (Bruxelles)

Hors des circuits touristiques habituels, le complexe des musées d’extrême orient de Bruxelles vaut largement le détour. Situé dans le parc du domaine royal de Laeken, l’ensemble est constitué de trois bâtiments, la tour japonaise, le pavillon chinois et enfin un Musée d’Art Japonais. Lors de ma visite, je n’ai pas eu le temps d’explorer ce dernier : mon billet ne portera donc essentiellement sur l’histoire des lieux, dont l’origine remonte au règne de Léopold II (1835-1909).

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Le Musée de la Chasse et de la Nature (Paris)

Le titre n’est pas vendeur, il faut l’avouer. On s’imagine facilement un musée vieillot et désert, des fusils alignés, des animaux empaillés dans des dioramas poussiéreux… En réalité il n’en est rien : loin de l’image qu’on peut s’en faire, le musée de la Chasse et de la nature est l’un des lieux les plus surprenants de Paris, et très vivant (surtout les dimanches après midi pluvieux, envahit d’enfants plutôt contents d’être là).

Un des salons du musée de la chasse et de la nature

Un des salons du musée de la chasse et de la nature

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