Azay-le-Rideau : le chantier du siècle… A visiter !

Dans mon dernier billet, je vous parlais de l’histoire du château d’Azay-le-Rideau, aujourd’hui considéré comme un des plus beaux édifices de la Renaissance française en Val de Loire. Actuellement, le monument est en restauration : un chantier colossal qui rendra à l’édifice sa splendeur d’antan. En attendant, le château est couvert d’échafaudages : il vaut mieux attendre la fin des travaux pour le visiter, pensez-vous ? Vous faites erreur ! Jamais la visite du château d’Azay n’a été aussi passionnante ! Aménagements particuliers, visites guidées, rencontre avec les artisans, exposition : tout a été mis en œuvre pour transformer ce qui aurait dû être une nuisance pour le visiteur en une chance unique de découvrir les secrets de la restauration et le savoir-faire des artisans.
Alors, certes, pour admirer le miroir d’eau, vous devrez revenir… mais pour voir la charpente mise à nu ou des tailleurs de pierre au travail, l’occasion ne se représentera pas !

échafaudage parapluie au château d'Azay-le-RIdeau

Le château d’Azay-le-Rideau au début des travaux, juillet 2015

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Azay-le-Rideau, un joyau sur l’Indre

Le château d’Azay-le-Rideau est, avec Chambord et Chenonceaux, l’un des châteaux les plus emblématiques du Val de Loire. Construit au début du XVIe siècle, il apparaît comme l’un des chefs-d’œuvre de la Première Renaissance française, bien que sa forme définitive et « parfaite » ne lui ait été donnée qu’au XIXe siècle, grâce à la famille de Biencourt. Folie romantique, Azay témoigne autant de l’art de la Renaissance que de la vision du XIXe siècle sur l’architecture du XVIe.

Château d'Azay, façade sur l'ancien gardoir à poissons

Château d’Azay, façade sur l’ancien gardoir à poissons

Le château d’Azay-le-Rideau se dresse sur une petite île de l’Indre : un joyau de pierre blanche, magnifié par une nature verdoyante. Au Moyen Âge c’est une forteresse qui s’élevait ici. En 1510, un haut financier de la couronne de France achète l’édifice à un seigneur local désargenté. Pour ce financier, Gilles Berthelot, posséder un château et une seigneurie est l’aboutissement d’une ascension sociale fulgurante. La charge de notaire et secrétaire du roi, dont il a hérité de son père, lui a permis d’accéder à la noblesse. Son habileté en affaires l’a enrichi à mesure qu’il contribuait à remplir les caisses de l’État par de nouveaux impôts. Au sommet de sa carrière, il est conseiller du roi, président de la chambre des comptes et trésorier de France. Lire la suite de cet article »

S’immerger dans l’hélice terrestre de Jacques Warminski

Peu de chance de tomber par hasard sur l’hélice terrestre, étrange architecture sculpture perdue dans la campagne entre Angers et Saumur. Une œuvre tapie dans la terre, au creux des cavités d’un ancien village troglodyte, l’Orbière, auquel on accède par de petites routes.

La salle alvéolaire, le clou de l'hélice terrestre

La salle alvéolaire, le clou de l’hélice terrestre

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Visitez Le Havre !

Une fois par an, je vais au Havre, pour voir l’exposition estivale du MuMa. Je retrouve toujours avec le même plaisir ce musée calme et baigné de lumière, qui abrite une fabuleuse collection de paysages impressionnistes. J’aime le rythme des immeubles du centre reconstruit, les reflets roses du béton, si subtils. Côté mer, je ne me lasse pas du ballet lent des cargos, monuments de ferraille qui glissent dans le port, tels des géants entrant dans un chas d’aiguille.

Entrée du port du Havre, malheureusement, ce dimanche, il n'y avait pas beaucoup de bateaux...

Entrée du port du Havre, malheureusement, ce dimanche, il n’y avait pas beaucoup de bateaux…

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Portes ouvertes à l’Ecole des Beaux-Arts : plongée entre histoire et avenir

Il y a deux semaines, l’École des Beaux-Arts ouvrait ses portes pour fêter la fin de l’année et les nouveaux diplômés. Un moment particulier de l’École où, dans une ambiance joyeuse et foutraque, les ateliers — exceptionnellement rangés — s’ouvrent à tous les vents et les joyaux patrimoniaux, jalousement gardés, se dévoilent aux yeux des curieux.

Une année de plus, je quitte Paris précisément ce week-end-là. Mais cette année, exceptionnellement, les portes ouvertes s’étalent sur quatre jours : juste ce qu’il faut pour que j’y passe en coup de vent.

Atelier de fresque à l'Ecole des Beaux-Arts

Atelier de fresque à l’Ecole des Beaux-Arts

Revenir à l’École des Beaux-Arts, c’est toujours un moment d’émotion pour moi. J’ai passé des heures à la bibliothèque, à éplucher les inventaires et les registres, pour reconstituer l’histoire d’une collection d’images. La création de la bibliothèque au XIXe siècle et le rôle des images dans celle-ci, tel était mon sujet de mémoire. Plus tard, pendant quelques mois, j’y ai travaillé. Avec la conservatrice de l’époque, je classais des centaines d’estampes, entassées là au début du XXe siècle et que personne n’avait jamais vraiment rangées. C’est ainsi que nous avions découvert, entre deux chromolithographies, une quarantaine d’affiches de mai 68. Partout l’École transpire l’histoire. Lire la suite de cet article »

Le vitrail contemporain s’expose à la Cité de l’Architecture

Tout l’été, la Cité de l’Architecture et du Patrimoine propose d’explorer l’art du vitrail contemporain, principalement dans les édifices religieux. Avec des œuvres de Chagall, Matisse, Soulages, voici une exposition qui a tout pour surprendre, dévoilant un aspect souvent méconnu de la création contemporaine.

Affiche de l'exposition : un détail d'un vitrail de Carole Benzaken pour l'église Saint-Sulpice de Varennes-Jarcy

Affiche de l’exposition : un détail d’un vitrail de Carole Benzaken pour l’église Saint-Sulpice de Varennes-Jarcy

Quand j’ai vu apparaître le vitrail contemporain dans la programmation de la Cité de l’Architecture, j’ai été ravie : la question m’intéresse depuis le lycée. En Terminale, “les artistes et l’architecture” était au programme du bac d’histoire de l’art et j’avais étudié avec un certain plaisir les œuvres de Soulages à Conques, Morellet au Louvre, Marguerite Huré au Havre…

La question du vitrail contemporain est passionnante à plusieurs égards. Tout d’abord, elle touche au renouvellement d’un art pluricentenaire, doté d’une tradition très prégnante. D’autre part, elle touche à l’inscription des formes contemporaines dans un espace sacré – et parfois ancien. Enfin, elle explore quelque chose de méconnu du grand public, mais essentiel dans la marche des arts au XXe siècle : l’union des savoir-faire d’artisans d’art avec la créativité d’artistes novateurs, produisant ainsi à quatre mains de nouvelles formes et techniques…

L’exposition de la Cité de l’Architecture ne prétend pas à l’exhaustivité, bien au contraire : à travers quelques exemples soigneusement choisis, elle dresse un panorama de 70 ans de création.

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Renaissance de la villa Cavrois

Les amateurs d’architecture moderne peuvent ajouter une nouvelle adresse à leur To do list touristique : ce 12 juin, la villa Cavrois, chef-d’œuvre de Mallet-Stevens, ouvre définitivement au public. Une renaissance presque inespérée !

Façade sud de la villa Cavrois. Robert Mallet-Stevens. Photographie personnelle.

Façade sud de la villa Cavrois. Robert Mallet-Stevens. Photographie personnelle.

Les liens au fil du texte renvoient vers des contenus de médiation sur le site officiel de la villa (auxquels j’ai contribué* ! =)

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Le Palais-Royal, l’histoire d’un coup immobilier raté

Depuis quelques jours, le Palais-Royal a retrouvé sa belle perspective : le théâtre éphémère, qui occupait la galerie sud du jardin est désormais démonté, signe de l’achèvement des travaux de la Comédie Française. Pour fêter l’événement, et parce que le théâtre éphémère me faisait sans cesse penser au « camp des tartares » qui occupait le même espace il y a deux siècles, je vous propose une série de deux billets sur l’histoire du Palais-Royal. 

Le Coeur d'après Lépinasse, Vue du jardin du Palais Royal, de ses batiments et galleries, estampe en couleurs, 1791, Gallica/BnF

Le Coeur d’après Lépinasse, Vue du jardin du Palais Royal, de ses batiments et galleries, estampe en couleurs, 1791, Gallica/BnF

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Une promenade au Louvre en 1803 : les dessins de Baltard

En 1803, Louis-Pierre Baltard réalise une série de dessins au Palais du Louvre : à la sanguine, il reproduit les ornements sculptés des façades et des plafonds. Cette série de dessins, achetée par le collectionneur Destailleurs est aujourd’hui conservée à la Bibliothèque nationale de France et numérisée sur Gallica. Curieuse, j’ai profité d’un samedi après-midi pour marcher dans les pas de Baltard et retrouver les détails qu’il avait dessinés.

Baltard, Accumulation de détails de la salle des cariatides, dessin, 1803,  Gallica/BnF

Baltard, Accumulation de détails de la salle des cariatides, dessin, 1803, Gallica/BnF

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Les voyages pittoresques et romantiques dans l’Ancienne France

Monument de l’édition du XIXe siècle, incontournable entreprise de l’histoire patrimoniale française, les Voyages pittoresques et romantiques dans l’Ancienne France formaient jusqu’à récemment un ouvrage aussi inaccessible que célèbre. Lourds, peu maniables et extrêmement précieux, les dix-neuf tomes des Voyages, conservés avec soin dans les bibliothèques, ne se dévoilaient qu’aux yeux des spécialistes. Aujourd’hui, tout un chacun peut les feuilleter librement grâce à la campagne de numérisation menée par la Bibliothèque nationale de France. À la suite de l’exposition « La Fabrique du romantisme » au Musée de la Vie Romantique, je vous propose de découvrir quelques-unes des 3282 planches qui illustrent cette fabuleuse aventure éditoriale.

 Fragonard, lithographié par Engelmann, Ruine du Palais de la Reine Blanche à Liry, Voyages (...), Ancienne Normandie, tome 2, 1824, Gallica/BnF

Fragonard, lithographié par Engelmann, Ruine du Palais de la Reine Blanche à Liry, Voyages (…), Ancienne Normandie, tome 2, 1824, Gallica/BnF

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Splendeurs des néo-Assyriens : les bas-reliefs du British Museum

Dans les galeries du British Museum, se déploient, sur des dizaines de mètres linéaires, d’immenses pierres finement sculptées en très bas reliefs. Ces précieux panneaux, excellemment conservés, sont les derniers vestiges des prestigieux palais de l’Empire néo-Assyrien, bâtis au nord de l’actuel Irak entre le IXe et le VIIIe siècle avant notre ère. Leurs décors et leurs inscriptions nous délivrent mille et un détails sur cette civilisation.

Roi néo-assyrien chassant : détail des ornements

Détail d’un bas-relief provenant de Ninive : roi chassant le lion, British Museum

Edit de mars 2015 : Ce billet traînait dans mes brouillons depuis plus de six mois, attendant que je rédige une suite sur les collections néo-assyriennes du musée du Louvre. L’actualité dramatique de ces derniers jours, et notamment la destruction des vestiges de Nimrud me poussent à le publier immédiatement, en hommage à l’une des civilisations qui m’ont le plus impressionnée durant mes études.

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Les statues de la façade de la cathédrale de Rouen

La cathédrale de Rouen présente une des plus fabuleuses façades de France : une véritable dentelle de pierre qui apparaît subitement au promeneur quand il débouche d’une rue médiévale. Bâtie progressivement entre le XIIe et le XVIe siècle, cette longue façade, dont Turner a donné une des plus belles représentations (des années avant la série de tableaux de Claude Monet), a beaucoup souffert de la pollution et fait l’objet d’une très longue campagne de restauration. L’un des défis de taille auxquels se sont confrontés les restaurateurs a été le sauvetage de ses dizaines de statues monumentales. 

Saint Mathias, Cathédrale de Rouen

Saint Matthias, Cathédrale de Rouen

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Détail de la façade de la cathédrale de Rouen, septembre 2014

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Comme une apparition de Robida, l’elevador Santa Justa

J’ai débarqué au plein coeur de Lisbonne en fin d’après-midi, avec quelques heures à peine pour prendre un premier aperçu d’une ville dont je ne savais presque rien. J’ai effleuré les franges du Bairro Alto, descendu un baco qui m’offrait un premier et éblouissant aperçu de Lisbonne; puis traversé le coeur de la basse-ville – que j’avais jugé un peu hâtivement inintéressante à son plan orthogonal – et remonté en serpentant par les petites rues de la Mouraria, vers les contreforts du château Saint Georges. Entre chien et loup, j’ai décidé de retrouver mon hôtel : il me fallait retraverser la ville basse et le Chiado. 

Et au cœur de la ville basse, ce fut l’apparition: face à moi la construction la plus invraisemblable, la plus improbable se dressait. Une tour en dentelle de fer, se détachant dans la nuit, comme tirée d’un ouvrage de Robida : les Lisboètes étaient-ils si fantasques pour avoir construits l’un des embarcadères à aéronef du fameux ouvrage La vie électrique

L'élévator Santa Justa - photographie Victor Wong - Magic Ketchup Licence CC - BY-NC-SA 2.0

L’élévador Santa Justa – photographie Victor Wong – Magic Ketchup Licence CC – BY-NC-SA 2.0

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Rome – Cimetière des Capucins

Rome, son Panthéon, sa basilique Saint-Pierre, sa place Navonne, sa chapelle Sixtine… et ses curiosités macabres. Petit détour par un lieu insolite de la capitale italienne, le cimetière des capucins.

Cimetière capucin, Santa Maria della Concezione, Rome (photo ministère de l'Intérieur)

Cimetière capucin, Santa Maria della Concezione, Rome (photo ministère de l’Intérieur)

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25 octobre 1836, le jour où l’obélisque se dressa dans le ciel parisien

Suite et fin de notre triptyque consacré à l’histoire de la place de la Concorde à l’occasion de l’exposition du musée de la Marine. Après vous avoir raconté la création de la place Louis XV au XVIIIe siècle et l’épique voyage de l’obélisque, il me reste à vous relater le spectacle extraordinaire qui se déroula sous les yeux de 200 000 spectateurs, le 25 octobre 1836 : l’antique monument se dressant lentement dans le ciel parisien! 

Cayrac, Erection de l'Obélisque en 1836, aquarelle, 1837, Musée de la Marine

Cayrac, Erection de l’obélisque en 1836, aquarelle, 1837, Musée de la Marine

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