A propos de « recueils factices »

Si vous fréquentez les bibliothèques patrimoniales ou les expositions, que vous lisez des livres consacrés aux dessins ou aux estampes, vous avez peut-être déjà croisé ce terme « recueil factice ». Mais qu’est-ce que cela signifie ? Qu’entendent les spécialistes par « recueil factice » ? Quelques explications.

Une définition du recueil factice

Un recueil factice est un ensemble constitué d’éléments qui n’étaient originellement pas destinés à se trouver ainsi regroupés. En d’autres termes, c’est un ensemble (volume, album) constitué artificiellement par le possesseur de ces documents, qu’il soit collectionneur ou bibliothécaire. Le Trésor de la langue française le définit comme un « recueil composé de pièces diverses, traitant généralement du même sujet et présentées sous la même reliure » .

Prenons l’exemple d’un collectionneur d’estampes : il rassemble des épreuves d’un graveur et souhaite les conserver ensemble. Il fait relier ces feuilles en volume, qu’il peut doter d’une page de titre ou d’une reliure à ses armes. Il a constitué un recueil factice, plus facile à consulter que des feuilles volantes. A la reliure, certains préfèrent le collage des diverses épreuves sur les pages d’un album vierge.

Ci-dessus, un exemple de recueil factice conservé à la Bibliothèque nationale de France et disponible sur Gallica. Il contient huit suites d’estampes d’ornements du XVIIe siècle, oeuvre de plusieurs artistes, parmi lesquels Simon Vouet et Jean Berain. 

Dans le domaine de l’estampe, on oppose un recueil d’estampes édité et commercialisé comme tel (recueils gravés comme produits éditoriaux) aux recueils constitués a posteriori par leur possesseur qui sont donc qualifiés de factices. Lire la suite de cet article »

Drogues, simples, potions et autres remèdes : dans l’apothicairerie de Troyes

En février dernier, invitée par Caroline Müller à présenter Orion en aéroplane et mon expérience de la médiation numérique à ses étudiants de L3 Histoire, j’ai profité de ma brève excursion à Troyes pour effectuer un peu de tourisme. Parmi mes découvertes, l’impressionnante apothicairerie hospitalière, conservée dans ses locaux originels.

L’apothicairerie de l’Hôtel-Dieu de Troyes, un témoignage exceptionnel de l’histoire de la médecine au XVIIIe siècle

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Une France en miniature : le musée des plans-reliefs

Au dernier étage des Invalides, sous les toits, il y a un musée aussi fabuleux que méconnu, bien qu’il ait fait en 2012 l’objet d’une très belle exposition au Grand Palais. J’ai nommé le musée des plans-reliefs, ou comment faire le tour des cités fortifiées françaises sans quitter la capitale !

Plan-relief de Besançon

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Voir Guernica, en vrai

En 2015, j’ai fait un bref séjour à Madrid, une ville qui regorge de grands musées. Une des étapes obligées est la visite du Reina Sofia, qui abrite depuis 30 ans l’œuvre la plus célèbre de Picasso, Guernica. Qu’est-ce que ça fait de voir en vrai Guernica ?

La foule devant Guernica, Musée Reina Sofia, Madrid. Photo via Jean R (Tripadvisor, licence non connue)

Ce billet a été rédigé en 2016 et était depuis resté en brouillon. Je le publie finalement en écho à l’exposition Guernica, au musée Picasso (printemps-été 2018) : une exposition « Guernica sans Guernica » (le tableau ne voyage plus depuis 1981), mais néanmoins passionnante : je vous en recommande vivement la visite.

Pour mon premier voyage à Madrid, je ne tenais pas particulièrement à voir Guernica : je l’ai mille fois aperçu sur des pages de papier glacé, il est dans tous les cours d’histoire et m’a toujours — avouons-le — fait un peu peur.
Ayant un timing serré et étant face à une offre muséale exponentielle, j’ai favorisé les salles du Prado, mais j’ai néanmoins profité de la nocturne du mardi soir pour consacrer quelques heures aux salles du musée d’art moderne, le Reina Sofia. Lire la suite de cet article »

Un jour de fête : Sainte-Sévère et le souvenir de Jacques Tati

A l’été 1947, le réalisateur Jacques Tati débarque dans le petit village de Sainte-Sévère, dans l’Indre. Là, pendant quelques semaines, il tourne son premier long métrage, Jour de Fête, qui va le révéler au public. L’histoire toute simple d’un village qui s’anime à l’occasion de ses festivités estivales – et les aventures cocasses d’un facteur qui rêve d’Amérique.

Sur les traces de Jacques Tati : la place de Sainte-Sévère

Lors de notre séjour dans le Berry, l’été dernier, nous avons tâché de visiter tous les sites à portée de bicyclette de notre chambre d’hôtes. Sainte-Sévère caracolait en tête des lieux d’intérêt que nous avions inscrit à notre programme. Et pour cause, je voulais voir le vrai visage de ce village « star de cinéma »…  Lire la suite de cet article »

L’horloge astronomique de Besançon ou le monde à portée de main

Il y a des chefs-d’oeuvre de minutie qui ne laissent pas indifférent. Avec ses 57 cadrans, ses automates, ses 30 000 pièces et ses raffinements mécaniques, l’horloge astronomique de la cathédrale de Besançon est de ceux-là. Petit tour de la bête, que j’ai découverte au cours d’un de mes voyages de l’été (merci #TGVmax !)

Les principaux cadrans de l’horloge astronomique de Besançon.

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Une visite au Teylers Museum à Haarlem

C’est toujours impressionnant de pénétrer dans un musée dont on sait qu’il est l’un des plus anciens au monde. Aujourd’hui, je vous emmène à Haarlem, découvrir le Teylers Museum, un des plus vieux établissements muséaux des Pays-Bas, fondé à la fin du XVIIIe siècle.

Salle ovale du Teylers Museum, Haarlem

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Le Louvre-Lens : le Louvre, mais autrement

J’aime énormément le Louvre-Lens et surtout son exposition « semi-permanente », La Galerie du Temps. Elle offre une expérience de visite incomparable, qui permet de redécouvrir les collections et l’histoire du plus célèbre musée du monde sous un autre jour.

La Galerie du Temps au Louvre-Lens

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Poupons de plâtre et de marbre : Jean-Antoine Houdon et ses filles

Dans l’avant-dernier numéro de Grande Galerie, la revue du Louvre, j’ai appris l’acquisition toute récente par le musée d’un buste dû aux mains de Jean-Antoine Houdon, un des plus fameux sculpteurs du XVIIIe siècle. Ce buste vient compléter une série de portraits des proches de l’artiste que j’appréciais déjà tout particulièrement. N’est-ce pas une belle occasion de vous en parler ?

Houdon, Anne-Ange Houdon, marbre, Musée du Louvre

C’est une des plus touchantes vitrines du département des sculptures. Sur une étagère, des poupons joufflus et le visage d’une belle jeune femme. Houdon a modelé dans la terre puis sculpté dans le marbre les portraits de sa femme et de ses filles. Le Louvre possède, des trois sœurs, deux portraits de Sabine, l’aînée. Le premier a été réalisé alors que le bébé n’avait que quelques mois. Le second, alors que Sabine avait 4 ans. Les bustes de Anne-Ange et Claudine, les cadettes, sont conservés dans différentes collections publiques et privées, de par le monde. D’Anne-Ange, le Musée du Louvre n’avait que le plâtre original. L’institution a acquis en mai 2017, lors d’une vente publique, la version sculptée dans le marbre de ce même portrait.

La famille Houdon dans les collections du Louvre

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Nohant Vic, dans la demeure de George Sand

De notre séjour estival dans le Berry, auquel j’ai consacré un précédent article, le « gros morceau » était la visite de la Maison de George Sand à Nohant, que j’attendais de découvrir depuis longtemps… Promenade dans une demeure et un jardin où le temps s’est arrêté.

La maison de Nohant, avec, dans la toiture, l’ouverture des ateliers de peinture de Maurice Sand.

Le petit bourg de Nohant a gardé presque intact son charme d’antan, si on excepte la nationale qui balafre le paisible paysage. Autour de la minuscule église, la placette est préservée du vrombissement des moteurs : le sol n’est même pas goudronné ! La pierre est blonde et derrière un mur s’élève la silhouette d’une grosse maison de la fin du XVIIIe siècle, marquée du souvenir de tant de noms illustres.

Le Salon de Nohant, où George Sand recevait ses amis

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Dans les fonds de la bibliothèque de Besançon

Un peu de bibliotourisme, ça vous dit ? Bibliotourisme… quesaco ? Visiter des bibliothèques en vacances, bien un truc de bibliothécaire ça (enfin, fausse bibliothécaire dans mon cas). Aujourd’hui, c’est à la bibliothèque d’études et du patrimoine de Besançon que je vous emmène. J’ai eu la chance d’y être reçue par Bérénice Hartwig qui m’a présenté l’histoire de l’institution et de ses collections, que je ne connaissais jusqu’alors que par le site Mémoire Vive et le compte twitter associé.

La salle d’exposition de la bibliothèque de Besançon

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La tissuthèque, un trésor dans La Piscine de Roubaix

Dans le précédent billet, je vous présentais le merveilleux musée de La Piscine de Roubaix. Peintures, sculptures, céramiques, costumes… le musée possède un autre trésor, que les visiteurs ne peuvent qu’apercevoir à travers une grande baie vitrée, au bout du grand bassin : la tissuthèque.

Un livre d’échantillon à la tissuthèque du Musée La Piscine, à Roubaix

La tissuthèque, des milliers d’échantillons textiles patiemment collectés et collés dans des registres, classés par saison et années : été 1897, printemps 1932… Le musée possède près de 5000 de ces livres d’échantillons, acquis entre 1835 et les années 1930 pour l’École industrielle : ils étaient composés par une entreprise parisienne, qui collectait les échantillons et les montait, très soigneusement, dans les livres, ensuite adressés à des abonnés.
La collection s’est enrichie de livres d’échantillons constitués par les industriels eux-mêmes jusqu’à des dates beaucoup plus tardives.

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Plongée dans le Musée de La Piscine de Roubaix !

C’est probablement le bâtiment muséal le plus insolite de France : comme son nom l’indique, le Musée de la Piscine est installé dans … une ancienne piscine ! Oh, vous avez sûrement déjà vu passer une photo de ce cadre aussi surprenant qu’enchanteresque. Mais ce qui fait le charme de ce musée, ce n’est pas seulement son enveloppe : c’est aussi la singularité de ses collections, essentiellement centrées sur la fin du XIXe siècle et les premières décennies du XXe. Aujourd’hui, je vous emmène donc explorer un de mes musées favoris du Nord de la France.

La Piscine de Roubaix : vue du légendaire bassin !

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Calais fait dans la dentelle : une visite à la Cité de la dentelle et de la mode

Durant l’année écoulée, j’ai visité à deux reprises la Cité internationale de la Dentelle et de la Mode à Calais. Deux visites pour confirmer un coup de cœur pour ce musée pas comme les autres où histoire et patrimoine vivant se mêlent intimement. Amateurs d’histoire du costume, d’histoire technique, d’histoire sociale ou simplement de muséographie réussie, embarquement immédiat pour Calais !

Salle muséale à la Cité de la Dentelle

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Le château de Maisons, un chef-d’oeuvre de l’architecture classique

Voyageur étranger à Paris au XVIIIe siècle, il est probable que l’on vous aurait conseillé la visite au château de Maisons. Des environs de la capitale, c’est l’une des demeures dont les guides touristiques d’alors recommandent le plus vivement la visite – après les palais royaux, évidemment. Trois siècles plus tard, le château de Maisons n’a pas perdu sa réputation : il est aujourd’hui encore considéré comme le chef-d’oeuvre de François Mansart, un des plus fameux architectes de la première moitié du XVIIe siècle.

L’escalier du château de Maisons, à Maison-Laffitte

L’histoire du château de Maisons commence en 1629 quand René de Longueil hérite de la seigneurie de Maisons-sur-Seine (aujourd’hui Maisons-Lafitte) qui appartient à sa famille depuis un siècle et demi. Descendant d’une longue lignée de parlementaires, René de Longueil connaît une ascension sociale remarquable : au cours de sa carrière, il va cumuler les charges les plus prestigieuses, jusqu’à être nommé (brièvement) surintendant des Finances du Roi, puis Ministre d’État.

Enrichi par la fortune de son épouse Madeleine de Crèvecœoeur et par son habileté financière, René de Longueil veut affirmer sa nouvelle posture sociale en élevant, à l’emplacement du vieux manoir familial, un château non pas à la pointe de la mode, mais qui fasse la mode. René de Longueil a un atout de taille : le terrain qu’il possède est plein de potentiel, idéalement situé à mi-chemin entre Paris, la capitale, et Saint-Germain-en-Laye où le roi, Louis XIII, séjourne régulièrement.

Vue depuis les toits du château de Maisons à Maisons-Lafitte

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