Revoir Rome

La bonne nouvelle est tombée dans ma boîte mail un matin pluvieux de février ou de mars : je suis l’une des lauréates de la bourse de l’Ecole française de Rome, et à ce titre je vais passer mon mois de juillet dans la capitale italienne. Chouette perspective, dix ans pile-poil après mon premier séjour à Rome en 2009.
Si le motif de mon voyage est d’abord la recherche – et j’ai un programme bien chargé qui m’attend – je vais profiter de mes temps libres et week-end pour écumer les musées, revoir mes monuments préférés et découvrir les plus beaux sites des environs (Tivoli, etc.)

Rome depuis Saint-Pierre, 2009

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Un univers de couleurs. Le nuancier des Manufactures nationales

Le 21 septembre dernier, j’ai passé ma journée au Mobilier national dans le cadre d’une opération en partenariat avec Wikimédia France. L’objectif ? Alimenter Wikipédia et Wikicommons en contenus (textes, photographies) sur les différents ateliers et manufactures du site parisien des Gobelins. Pour ma part, j’ai été accueillie – avec Sukkoria – au nuancier des manufactures. En complément de ma contribution sur l’encyclopédie en ligne, je vous propose de découvrir cet univers de couleurs.

Échantillons rouges du nuancier des Manufactures nationales. CC BY-SA Sukkoria

Sur le site parisien du Mobilier national se trouve une partie des ateliers de tapisseries (manufacture des Gobelins et de Beauvais) et de tapis (manufacture de la Savonnerie). Ces manufactures produisent, pour le compte de l’État, des reproductions de pièces anciennes et – surtout – des créations contemporaines, dont les cartons sont dessinés par les artistes vivants.

La laine et la soie nécessaires à ces productions d’exception sont teintées sur place, par l’atelier de teinturerie. Pour aider les lissiers à choisir leur palette colorée, une solution a été mise en place en 1986 : le nuancier, une immense bibliothèque de 20 000 échantillons, véritable mémoire de l’institution et outil de création. C’est cet espace fascinant que j’ai visité et que je vais tenter de vous raconter.

Nuancier des manufactures nationales (France) – CC BY Peccadille

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Dans l’atelier de Judith Rothchild

Ce texte a été écrit dans l’atelier de Judith Rothchild en août 2017. Je me promets de vous parler depuis très longtemps du travail de cette artiste dont je suis proche. Ceux qui me suivent sur Twitter ont pu vivre par procuration l’établissement de son catalogue raisonné, que j’ai effectué en mai 2018 et que je relatais sur les réseaux sociaux.
Si je publie aujourd’hui ce texte, c’est pour vous inciter à aller voir son exposition à la galerie de l’Echiquier à Paris, dont j’ai signé le texte d’accompagnement (16 rue de l’Echiquier, 10e arr., jusqu’au 23 novembre) et l’exposition que le musée Médard (Lunel, jusqu’au 16 mars 2019) consacre à la maison d’édition Verdigris, que Judith a fondée avec son compagnon Mark Lintott.

Judith Rothchild, Nid trouvé, manière noire. Publié avec l’autorisation de l’artiste, reproduction interdite.

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Rail-Trip en Espagne (3) : trois jours à Barcelone

Après Valence et Tarragone, la troisième étape de ce rail-trip culturel en Espagne était Barcelone : vous l’aurez compris, je remonte doucement vers la frontière française, au gré des rodalies, ces trains régionaux qui sillonnent la Catalogne. Barcelone, deux jours et demi d’arrêt ! Au programme : orgie d’architecture moderniste (Gaudi en tête) et délectation d’art roman… 

Le Musée national d’Art Catalan, au sommet du Parc de Montjuïc

Note / Message de service : les lecteurs réguliers d’Orion déplorent depuis quelques semaines l’absence de nouveaux billets. Nous sommes bientôt à mi-semestre, la période la plus difficile pour moi tant j’ai de travail et de choses sur le feu : deux colloques, des textes à rendre, la fatigue accumulée du démarrage de l’année universitaire. Les choses devraient rentrer dans l’ordre avec les « vacances » de la Toussaint. Je publie en attendant quelques billets écrits pendant l’été et restés dans mes brouillons. Il me tarde de retrouver des moments calmes pour alimenter le blog, d’autant que j’ai plein de beaux sujets dont j’aimerais vous entretenir… Concernant ce voyage en Espagne, le quatrième volet de la série, Gérone, n’est toujours pas rédigé, il vous faudra être patients ! 

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Rail-Trip en Espagne (2) : Tarragone la romaine

De retour de vacances, je profite du calme parisien pour trier mes photos et vous livrer le récit d’un rail trip de dix jours sur la côte orientale de l’Espagne. Après trois grosses journées à Valence, je fais une escale de dix heures dans Tarragone, la plus romaine des villes de Catalogne !

Panorama sur Tarragone depuis la tour du Prétoire

Après ces quatre intenses journées à déambuler sans relâche dans les rues de Valence, il me fallait un peu de repos. Escale à Salou, donc, où mes amis m’ont accueillie à bras ouverts : trois bonnes nuits de sommeil, quelques brasses dans la mer plus tard, me voici en forme pour continuer mon exploration, entièrement centrée sur la Catalogne désormais. Lire la suite de cet article »

Un rail-trip en Espagne (1) : trois jours à Valence

En ce début de mois d’août*, il fait une chaleur fort peu habituelle à Paris : les températures me semblent presque plus difficilement supportables que celles qui ont baigné mes vacances en Espagne, en juillet. Et puisque la météo ravive mes souvenirs estivaux, pourquoi ne pas vous raconter mon rail-trip sur la côte hispanique méditerranéenne ? Valence, Tarragone, Barcelone, Girone, chaussez vos lunettes teintées, enduisez-vous de crème solaire et surtout, n’oubliez pas votre chapeau, cette série de billets va être ensoleillée.

* oui, ce billet a été écrit il y a un mois… 

Vue sur Valence depuis la tour del Micalet (le clocher de la cathédrale de Valence)

Fin juillet, je me suis donc livrée à un rail-trip improvisé en solitaire sur la côte espagnole, où je venais déjà de passer une belle semaine en compagnie d’amis qui me sont chers. Le programme de ces quelques jours précédents étant constitué de séances de travail (à la fraîcheur du ventilateur) ponctuées de sessions plage, il ne me semble pas nécessaire d’en développer le récit. Sachez juste que, normande jusqu’au bout des ongles, j’ai découvert avec délectation le bonheur de se baigner dans une mer à plus de 20°C, plaisir que je n’avais jusqu’alors jamais goûté. Que Sébastien et Anne-Lise soient remerciés de m’avoir fait découvrir que j’aimais la plage !

Me voici donc, le 21 juillet, dans un train pour Valence. J’avais longuement hésité entre cette ville et Saragosse. Le souvenir d’un billet de blog de Grégoire Ichou me faisait déjà pencher pour la première destination, choix arrêté après qu’Elsa m’ait mise en garde sur la chaleur étouffante qui règne en Aragon l’été. Mieux vaut alors ne pas trop s’éloigner de la côte !

Torres de Serranos, une des anciennes portes de la ville de Valence

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Précieux pastels : la collection du Musée du Louvre

Rencontrer la meilleure société du XVIIIe siècle, presque en chair et en os, cela vous dit ? C’est ce que le Musée du Louvre nous propose jusqu’au 10 septembre avec l’exposition « En société ». L’occasion d’admirer la plus belle collection de pastels anciens au monde et de s’offrir un troublant face à face avec les grands personnages de l’Ancien Régime, car tous les pastels exposés sont des portraits !

Gustav Lundberg, François Boucher, 1741, pastel, Paris, Musée du Louvre

Le Musée du Louvre peut s’enorgueillir de nombreuses choses : le fait de posséder la plus extraordinaire collection de pastels des XVIIe et XVIIIe siècles n’en est pas la moindre, quand on sait la rareté, la fragilité et la préciosité de ces oeuvres. Cent soixante numéros, de quelques cinquante artistes différents, essentiellement français – et parmi lesquels les plus grandes signatures : Maurice-Quentin de La Tour, Chardin, Perronneau… Presque tout l’âge d’or du pastel réuni ! Cette collection s’est pour l’essentiel constituée sous la Révolution et au cours des premières décennies du XIXe siècle, à partir des fonds de l’Académie royale de peinture et de sculpture, des saisies des biens des émigrés et des collections royales qui ornaient Versailles. Lire la suite de cet article »

A propos de « recueils factices »

Si vous fréquentez les bibliothèques patrimoniales ou les expositions, que vous lisez des livres consacrés aux dessins ou aux estampes, vous avez peut-être déjà croisé ce terme « recueil factice ». Mais qu’est-ce que cela signifie ? Qu’entendent les spécialistes par « recueil factice » ? Quelques explications.

Une définition du recueil factice

Un recueil factice est un ensemble constitué d’éléments qui n’étaient originellement pas destinés à se trouver ainsi regroupés. En d’autres termes, c’est un ensemble (volume, album) constitué artificiellement par le possesseur de ces documents, qu’il soit collectionneur ou bibliothécaire. Le Trésor de la langue française le définit comme un « recueil composé de pièces diverses, traitant généralement du même sujet et présentées sous la même reliure » .

Prenons l’exemple d’un collectionneur d’estampes : il rassemble des épreuves d’un graveur et souhaite les conserver ensemble. Il fait relier ces feuilles en volume, qu’il peut doter d’une page de titre ou d’une reliure à ses armes. Il a constitué un recueil factice, plus facile à consulter que des feuilles volantes. A la reliure, certains préfèrent le collage des diverses épreuves sur les pages d’un album vierge.

Ci-dessus, un exemple de recueil factice conservé à la Bibliothèque nationale de France et disponible sur Gallica. Il contient huit suites d’estampes d’ornements du XVIIe siècle, oeuvre de plusieurs artistes, parmi lesquels Simon Vouet et Jean Berain. 

Dans le domaine de l’estampe, on oppose un recueil d’estampes édité et commercialisé comme tel (recueils gravés comme produits éditoriaux) aux recueils constitués a posteriori par leur possesseur qui sont donc qualifiés de factices. Lire la suite de cet article »

Drogues, simples, potions et autres remèdes : dans l’apothicairerie de Troyes

En février dernier, invitée par Caroline Müller à présenter Orion en aéroplane et mon expérience de la médiation numérique à ses étudiants de L3 Histoire, j’ai profité de ma brève excursion à Troyes pour effectuer un peu de tourisme. Parmi mes découvertes, l’impressionnante apothicairerie hospitalière, conservée dans ses locaux originels.

L’apothicairerie de l’Hôtel-Dieu de Troyes, un témoignage exceptionnel de l’histoire de la médecine au XVIIIe siècle

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Une France en miniature : le musée des plans-reliefs

Au dernier étage des Invalides, sous les toits, il y a un musée aussi fabuleux que méconnu, bien qu’il ait fait en 2012 l’objet d’une très belle exposition au Grand Palais. J’ai nommé le musée des plans-reliefs, ou comment faire le tour des cités fortifiées françaises sans quitter la capitale !

Plan-relief de Besançon

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Voir Guernica, en vrai

En 2015, j’ai fait un bref séjour à Madrid, une ville qui regorge de grands musées. Une des étapes obligées est la visite du Reina Sofia, qui abrite depuis 30 ans l’œuvre la plus célèbre de Picasso, Guernica. Qu’est-ce que ça fait de voir en vrai Guernica ?

La foule devant Guernica, Musée Reina Sofia, Madrid. Photo via Jean R (Tripadvisor, licence non connue)

Ce billet a été rédigé en 2016 et était depuis resté en brouillon. Je le publie finalement en écho à l’exposition Guernica, au musée Picasso (printemps-été 2018) : une exposition « Guernica sans Guernica » (le tableau ne voyage plus depuis 1981), mais néanmoins passionnante : je vous en recommande vivement la visite.

Pour mon premier voyage à Madrid, je ne tenais pas particulièrement à voir Guernica : je l’ai mille fois aperçu sur des pages de papier glacé, il est dans tous les cours d’histoire et m’a toujours — avouons-le — fait un peu peur.
Ayant un timing serré et étant face à une offre muséale exponentielle, j’ai favorisé les salles du Prado, mais j’ai néanmoins profité de la nocturne du mardi soir pour consacrer quelques heures aux salles du musée d’art moderne, le Reina Sofia. Lire la suite de cet article »

Un jour de fête : Sainte-Sévère et le souvenir de Jacques Tati

A l’été 1947, le réalisateur Jacques Tati débarque dans le petit village de Sainte-Sévère, dans l’Indre. Là, pendant quelques semaines, il tourne son premier long métrage, Jour de Fête, qui va le révéler au public. L’histoire toute simple d’un village qui s’anime à l’occasion de ses festivités estivales – et les aventures cocasses d’un facteur qui rêve d’Amérique.

Sur les traces de Jacques Tati : la place de Sainte-Sévère

Lors de notre séjour dans le Berry, l’été dernier, nous avons tâché de visiter tous les sites à portée de bicyclette de notre chambre d’hôtes. Sainte-Sévère caracolait en tête des lieux d’intérêt que nous avions inscrit à notre programme. Et pour cause, je voulais voir le vrai visage de ce village « star de cinéma »…  Lire la suite de cet article »

L’horloge astronomique de Besançon ou le monde à portée de main

Il y a des chefs-d’oeuvre de minutie qui ne laissent pas indifférent. Avec ses 57 cadrans, ses automates, ses 30 000 pièces et ses raffinements mécaniques, l’horloge astronomique de la cathédrale de Besançon est de ceux-là. Petit tour de la bête, que j’ai découverte au cours d’un de mes voyages de l’été (merci #TGVmax !)

Les principaux cadrans de l’horloge astronomique de Besançon.

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Une visite au Teylers Museum à Haarlem

C’est toujours impressionnant de pénétrer dans un musée dont on sait qu’il est l’un des plus anciens au monde. Aujourd’hui, je vous emmène à Haarlem, découvrir le Teylers Museum, un des plus vieux établissements muséaux des Pays-Bas, fondé à la fin du XVIIIe siècle.

Salle ovale du Teylers Museum, Haarlem

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Le Louvre-Lens : le Louvre, mais autrement

J’aime énormément le Louvre-Lens et surtout son exposition « semi-permanente », La Galerie du Temps. Elle offre une expérience de visite incomparable, qui permet de redécouvrir les collections et l’histoire du plus célèbre musée du monde sous un autre jour.

La Galerie du Temps au Louvre-Lens

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