Belles impressions : le salon de l’estampe 2015

Le dernier week-end d’avril avait lieu au Grand Palais le salon international du livre rare, de l’autographe, de l’estampe et du dessin. Devant l’enthousiasme qu’ont suscité les photos que j’ai postées sur les réseaux sociaux, j’ai rédigé un compte-rendu de ma visite au salon.

Salon international de l'estampe, Grand Palais, 2015

Salon international de l’estampe, Grand Palais, 2015

Il ne s’agit en fait pas d’un, mais de deux salons qui ont lieu concomitamment sous la nef du Grand Palais : le salon du livre et de l’autographe d’une part, et le salon de l’estampe et du dessin d’autre part. Le premier, organisé par le syndicat national de la librairie ancienne et moderne, rassemblait 160 exposants, tandis que le second, organisé par la chambre syndicale de l’estampe, du dessin et du tableau, était plus modeste, avec seulement une trentaine de stands. Plus petit, certes, mais avec beaucoup à voir : j’ai passé deux après-midi à arpenter les allées et à contempler de belles pièces. Lire la suite de cet article »

La Merveille retrouve la cité de l’architecture !

C’est fait ! La maquette de la Merveille du Mont-Saint-Michel a retrouvé les salles de la Cité de l’architecture et du Patrimoine fin mars. En septembre dernier, je relayais la campagne de crowdfunding pour la restauration de ce trésor singulier : le chantier s’est achevé il y a quelques jours, sous les yeux du public. 

La maquette de la Merveille du Mont Saint Michel restaurée,  Cité de l'architecture, avril 2015

La maquette de la Merveille du Mont Saint Michel restaurée,
Cité de l’architecture, avril 2015

 

Un témoin exceptionnel des chantiers de restauration du XIXe siècle

Réalisée vers 1880, la maquette représente la partie la plus remarquable du Mont-Saint-Michel, « La Merveille », alors en cours de restauration par l’architecte Édouard Jules Corroyer.

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Fornasetti, la folie pratique : une joyeuse accumulation d’images

Jusqu’au 14 juin 2015, le musée des Arts Décoratifs accueille une rétrospective consacrée à Piero Fornasetti. Un illustre inconnu car si chacun a déjà croisé une de ses créations, peu en connaissent l’auteur. Il est temps de remettre un nom sur cet œuvre foisonnant, joyeux et polymorphe qui joue avec notre culture visuelle !

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Je connaissais Fornasetti pour ses visages de femmes commercialisés sous forme d’assiettes ou de carreaux de cuisine, mais j’ignorais tout simplement la personnalité singulière et fantasque qui en était le créateur. Dès la première salle, j’ai eu l’assurance que nous allions nous entendre : Fornasetti est un amateur d’estampes. Comment ai-je pu l’ignorer si longtemps alors que son œuvre rejoint tous mes centres d’intérêt ? L’image imprimée et ses détournements, le vocabulaire graphique de la taille douce, que Fornasetti aime imiter dans les autres médiums… Mais surtout, Fornasetti est un accumulateur d’images, un collectionneur de visuels, comme Jules Maciet, l’initiateur des albums d’images de la bibliothèque des Arts Décoratifs.

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Salon international de l’estampe: des places à remporter!

Du 24 au 26 avril 2015 se déroulera à Paris le salon international de l’estampe et du dessin. Sous la nef du Grand Palais, galeries et éditeurs seront réunis pour le plus important rassemblement français consacré à l’estampe. Le salon est couplé à celui du livre rare et de l’autographe, qui se déroule dans le même lieu. 

La thématique retenue cette année est « la vie d’artiste ». Sur son stand, le département des Estampes et de la photographie de la Bibliothèque nationale de France présentera des oeuvres illustrant ce sujet. Ce sera l’occasion d’admirer de près quelques chefs-d’oeuvre de l’art de la gravure, comme l’atelier du peintre d’Abraham Bosse (XVIIe siècle) ou l‘artiste dessinant d’après le modèleune superbe eau-forte inachevée de Rembrandt. Espérons que les galeristes reprennent à leur compte cette thématique et nous dévoilent quelques surprises ! Pour ma part, j’espère contempler « en vrai » un tirage de Marie Cassatt au Louvre par Degas.

Abraham Bosse, l'atelier du peintre, 1642, estampe, Gallica/BnF

Abraham Bosse, l’atelier du peintre, 1642, estampe, Gallica/BnF

Si les galeries profitent du salon pour exposer leurs plus belles pièces, atteignant parfois les dizaines de milliers d’euros, l’amateur moins fortuné trouvera aussi de beaux tirages à partir d’une centaine d’euros. Il y en a pour tous les goûts et toutes les bourses !

Comme les années précédentes, quelques éditeurs et imprimeurs seront présents sur le salon, parmi lesquels quelques acteurs de l’estampe contemporaine dont je vous ai déjà parlé : l’URDLA (stand S6) et les éditions RLD (5 livres présentés, stand B5). Avec un peu de chance, un imprimeur fera des démonstrations de tirages, comme c’était le cas lors d’une manifestation précédente !

L'atelier parisien des éditions RLD

L’atelier parisien des éditions RLD

Convaincu de vous rendre au salon ? Grâce à la revue les Nouvelles de l’estampeje vous propose de gagner 4 cartons d’invitation valables pour deux personnes pendant toute la durée du salon (vernissage compris). Comment participer ? Il suffit de laisser ci-dessous un commentaire témoignant de votre intérêt pour cette manifestation (une phrase suffit!). Les participations seront closes dimanche soir à minuit et le tirage au sort aura lieu lundi matin. N’oubliez pas d’indiquer une adresse mail valable dans le champ prévu à cet effet, sans quoi je ne pourrais pas contacter les gagnants !

Edit du 20/04/2015  : les gagnants viennent d’être tirés au sort : 

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Paris Face Cachée, édition 2015

Le week-end dernier, je participais pour la seconde fois à Paris Face Cachée. Tous les ans, au début du mois de février, Paris Face Cachée ouvre les portes de lieux confidentiels, habituellement fermés au public. Usines gigantesques, souterrains obscurs, coulisses de salles de spectacles réputées, ateliers d’artistes, réserves de musées, tout ce qui est habituellement inaccessible est dévoilé aux yeux des curieux. L’occasion de découvrir l’autre face de la capitale donc, et, le temps d’une visite de rencontrer ceux qui travaillent à faire notre ville dans toute sa diversité. 

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Paris Face Cachée tombe à une période creuse de l’année : les Journées du Patrimoine sont déjà loin, et il est encore trop tôt pour penser à la nuit des musées ou aux rendez-vous au Jardin. Il faut certes braver le froid, mais le jeu en vaut la chandelle : une centaine d’endroits insolites sont ouverts aux visiteurs le temps d’un week-end. Pour Paris Face Cachée, aucune file d’attente, il suffit de prendre rendez-vous. Quelques semaines avant l’événement, le programme est dévoilé, mais seulement en partie. Pour conserver le mystère, le contenu des visites n’est pas clairement explicité et prend la forme d’une description énigmatique (certes facile à percer pour le public averti !). Les inscriptions se font en deux vagues successives, jusqu’à remplissage des jauges. Autant dire qu’il faut être rapide pour décrocher le précieux sésame !

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A l’ombre de la tour de Nesle

Sa silhouette est entrée dans la légende du Paris d’autrefois : construite sous Philippe Auguste, la Tour de Nesle s’est fièrement dressée dans le ciel parisien durant quatre siècles et demi, avant de laisser place au Collège des Quatre Nations (aujourd’hui l’Institut de France). Élément marquant et pittoresque du paysage, elle a marqué des générations d’artistes, qui se sont plu à la représenter.
Détruite en 1665 mais jamais totalement oubliée, elle renaît dans la littérature au XIXe siècle. Attachée à de bien sombres légendes, elle pénètre la culture populaire sous des formes parfois inattendues, au point de devenir un archétype du Paris disparu.
La bibliothèque Mazarine lui consacre jusqu’au 14 décembre une exposition : sur le lieu même du « crime », nous sommes invités à suivre l’enquête pour démêler la légende de l’histoire, l’imaginaire du réel. 

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Jacques Callot, Vue du Pont Neuf, vers 1629-1630, eau-forte, Gallica/BnF (détail)

C’est l’histoire d’une tour de Paris, comme il en existait une dizaine dans le paysage médiéval de la Cité. Toutes ou presque ont disparu, et elle seule demeure ancrée dans l’imaginaire collectif, popularisée au XVIIe siècle par quelques vues topographiques gravées et, deux siècles après sa destruction, par la littérature et le théâtre.

Théodore de Robville, Histoire complète de la tour de Nesle, 1861 (frontispice et page de titre)

Théodore de Robville, Histoire complète de la tour de Nesle, 1861 (frontispice et page de titre)

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Un « meuble-bijou », la Table Teschen

Pendant vingt-cinq jours, le Musée du Louvre expose dans les salles Objets d’Art du XVIIIe siècle de la mosaïque de pierres dures : la Table Teschen. Offerte en 1780 par le duc de Saxe au baron de Breteuil, cette pièce unique pourrait définitivement entrer dans les collections si la générosité du public est au rendez-vous : il manque un million d’euros au musée pour l’acquérir. 

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Jean Christian Neuber, Table dite Teschen, 1780, pierres dures et bronze.

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Restaurons la Merveille ! Une campagne de crowdfunding à la Cité de l’architecture et du patrimoine

Il y a quelques jours, la Cité de l’architecture et du Patrimoine a lancé une campagne de crowdfunding (financement participatif) pour la restauration d’une exceptionnelle (et monumentale !) maquette du Mont-Saint-Michel : un colosse de plus de deux mètres et de 1500 kg !
En juillet, je m’étais rendue dans les réserves du musée, en Bourgogne, pour suivre le tournage de la vidéo promotionnelle qui accompagne la campagne de mécénat. Ce voyage m’a fourni l’occasion de réaliser de nombreuses photographies de l’œuvre et un entretien avec la conservatrice à l’origine de ce projet, dont voici le compte-rendu.

La maquette du Mont Saint Michel, photo prise lors d'un tournage dans les réserves du musée.

La maquette du Mont Saint Michel, photo prise lors du tournage dans les réserves du musée.

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Journées du patrimoine 2014 : que voir à Paris ?

Les journées du patrimoine ont lieu ce week-end. Que visiter ? Voici ma sélection 2014, basée sur mes expériences précédentes. Elle complète la sélection 2013, toujours consultable ici (attention, vérifiez que les lieux sont bien ouverts cette année avant de vous déplacer) et ma liste des plus belles bibliothèques parisiennes à visiter pendant les JEP. 

Cité de l'Architecture et du Patrimoine : galerie des moulages

Cité de l’Architecture et du Patrimoine : galerie des moulages

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Beaux Dégâts fait un tour par Lyon

Facebook m’a appris il y a peu que se tiendrait à Lyon la première édition de Beaux Dégâts hors de Montréal! Beaux Dégâts, c’est un concept fabuleux inventé il y a deux ans à la Fresh Paint Gallery : une soirée, de la musique, de la bonne humeur et une battle de graffeurs! 

Beaux dégats, septembre 2012, Fresh Paint Gallery, Montréal

Beaux dégats, septembre 2012, Fresh Paint Gallery, Montréal

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Quand la bibliothèque (numérique) prolonge l’exposition

Imaginons la visite muséale connectée de demain, où comment l’exposition pourrait devenir une bibliothèque, si l’on aidait un peu plus les ouvrages à voler hors des vitrines! 

Détail d'une enluminure, exposition "Miniatures flamandes", BnF/Bibliothèque royale de Bruxelles

Détail d’une enluminure, exposition « Miniatures flamandes », BnF/Bibliothèque royale de Bruxelles

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De sanguine, de pierre noire et d’encre, dessins français du XVIIe siècle

Il ne vous reste que quelques jours pour voir l’exposition « Dessins français du XVIIe siècle » et y admirer quelques-uns des fleurons du département des Estampes et de la photographie de la Bibliothèque nationale de France, dont certains sont des inédits récemment redécouverts.

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Michel Corneille le père, Hercule, pierre noire avec rehauts de craie blanche, BnF

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Fêtons l’estampe – 26 mai 1660, la gravure comme art libre

Le 26 mai, des dizaines d’ateliers, musées, galeries à travers toute la France fêtent l’estampe. Mais pourquoi cette date, le 26 mai? Ce jour là, on commémore un événement majeur de l’histoire de l’estampe, l’arrêt de Saint-Jean-de-Luz, qui, le 26 mai 1660 confirme la gravure comme un art libre.

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Abraham Bosse, L’atelier du graveur au burin et à l’eaue-forte (détail), 1643, BnF/Gallica

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Une nuit des musées en banlieue

Pour cette dixième européenne des musées, le 17 mai 2014, pourquoi ne pas explorer les richesses culturelles de l’Ile-de-France? A contre-courant et loin de la foule parisienne, voici une sélection pour une nuit des musées banlieusarde et insolite! 

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25 octobre 1836, le jour où l’obélisque se dressa dans le ciel parisien

Suite et fin de notre triptyque consacré à l’histoire de la place de la Concorde à l’occasion de l’exposition du musée de la Marine. Après vous avoir raconté la création de la place Louis XV au XVIIIe siècle et l’épique voyage de l’obélisque, il me reste à vous relater le spectacle extraordinaire qui se déroula sous les yeux de 200 000 spectateurs, le 25 octobre 1836 : l’antique monument se dressant lentement dans le ciel parisien! 

Cayrac, Erection de l'Obélisque en 1836, aquarelle, 1837, Musée de la Marine

Cayrac, Erection de l’obélisque en 1836, aquarelle, 1837, Musée de la Marine

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