Marathon des expositions parisiennes qui se terminent en juillet 2018

Ces dernières semaines, j’ai fait un marathon d’expositions. Avant de fuir Paris pour une partie de l’été, il fallait que je voie toutes ces expositions qui se termineront pendant mon absence et dont j’avais (trop) repoussé la visite.

Kupka, Printemps cosmique I, Huile sur toile, 1913-1914, Pargue, Narodni galerie v Praze

Je vous livre donc un compte-rendu de ces séances muséales, qui pourront orienter ceux d’entre vous qui passeront quelques jours à Paris au cours de l’été. Certaines expositions feront (ou ont fait) l’objet de billets plus détaillés sur le blog.

Des peintures d’ailleurs. L’Europe au tournant du siècle.

Parmi ma sélection, trois expositions qui offrent au visiteur l’opportunité de découvrir les écoles européennes méconnues du tournant du XXe siècle : la peinture symboliste balte, l’école de Vitebsk et enfin le peintre tchèque Kupka, même si la carrière de ce dernier s’est déroulée pour l’essentiel à Paris.

Âmes sauvages. Le symbolisme dans les pays baltes.

Le musée d’Orsay nous a habitués, depuis quelques années, à de régulières expositions « hors des sentiers battus » pour nous faire découvrir des écoles et des courants artistiques largement ignorés des amateurs français. Ce printemps, « mes sauvages » emportait les visiteurs dans les pays baltes (Estonie, Lettonie et Lituanie) pour une découverte des avatars locaux du symbolisme, autour de 1890-1910.

Le propos des commissaires est de nous montrer comment, en deux ou trois décennies, se forme sur ces territoires un courant pictural original et comment ce symbolisme balte participe de l’éclosion des identités nationales. Cette région à l’est de la mer baltique appartient, au XIXe siècle, à l’Empire russe, après plusieurs siècles d’influences polonaises, germaniques et suédoises. Autour de 1900, on assiste à un « éveil national » qui va conduire, au lendemain de la Première Guerre mondiale à la proclamation de l’indépendance de l’Estonie, la Lettonie et la Lituanie.

Comme ailleurs en Europe, le façonnement d’une identité nationale passe par la culture, avec des fouilles archéologiques et de grandes collectes de récits, légendes et objets populaires, mais aussi par l’art contemporain. Les artistes baltes embrassent le courant symboliste, qui traverse alors l’Europe, et le déclinent au gré des préoccupations locales. Les commissaires ont construit l’exposition en trois grandes sections, qui correspondent aux thématiques majeures qui marquent ce(s) symbolisme(s) balte(s) : mythes et légendes, l’âme, la nature.

J’ai beaucoup apprécié cette exposition, bien que je sois parfois perdue face à tous ces noms inconnus sur les cartels (difficile, alors, de repérer les figures majeures, etc.). Il suffisait cependant de se laisser porter par les tableaux, les couleurs et les sujets, parfois surprenants au regard de ce que nous voyons habituellement sur les cimaises de nos musées. J’ai regretté que si peu d’œuvres soient accompagnées de cartels détaillés, laissant le visiteur néophyte peu armé pour décoder les iconographies, comprendre la portée des mythes et légendes représentées.

Scénographie de l’exposition

Je serai bien repartie avec le catalogue de l’exposition, ne serait-ce que pour créer ou alimenter les notices du Wikipédia francophone sur ces artistes baltes, relativement pauvre. Orsay aurait à gagner en accompagnant ce type d’exposition « révélation » d’edit-a-thon de Wikipédia !

Âmes sauvages, le symbolisme dans les pays baltesJusqu’au 15 juillet 2018, Musée d’Orsay.

Détour par Vitebsk

Après « Âmes sauvages », je m’attendais au même type de découverte avec l’exposition Vitebsk au Centre Pompidou. Je connaissais cette petite ville de l’actuelle Biélorussie d’où est originaire le peintre Chagall, mais j’ignorais (ou bien j’avais oublié) qu’elle avait connu un florissement des arts autour de 1920. C’est l’aventure de l’école de Vitebsk (que j’ai parfois vue comparée au Bauhaus dans les articles de presse) que le Centre Pompidou entend mettre en lumière.

Scénographie de l’exposition

Quelques mois après la Révolution, Marc Chagall, nommé commissaire des beaux-arts de Vitebsk, y fonde une école populaire d’art, gratuite et ouverte à tous. Elle va connaître trois années d’intense activité, jouant un rôle important (mais méconnu) dans le développement de l’avant-garde russe.

Bien que Vitebsk soit à l’écart des grandes villes, Chagall réussit à attirer dans son école des enseignants à la pointe de l’art contemporain : El Lissitzky et surtout, Kasimir Malévitch.
Mais c’est de là, aussi que vont venir les tensions : si Chagall a rêvé d’une école plurielle, allant de l’art figuratif à l’abstraction, l’aura de Malévitch et du suprématisme, le courant qu’il a fondé, écrasent bientôt toutes les autres formes d’expression. Marginalisé, Chagall quitte l’école moins d’un an et demi après la création, au moment où Malévitch et ses étudiants forment l’éphémère collectif Ounovis, destiné à diffuser le suprématisme dans l’espace social. Pour cela, ils proposent leurs services pour décorer les wagons des tramways, les enseignes des boutiques, et pour créer affiches et éphémèra en tout genre.

Un élan de courte durée : l’école s’essouffle, tandis que le climat politique change progressivement, ne laissant plus sa place à une telle expérimentation créative. Malévitch s’en va à Petrograd, Lissitzky à Berlin, chacun poursuivant la voie qu’ils ont ouverte à Vitebsk. La parenthèse est refermée.

Je dois avouer avoir été beaucoup moins enthousiaste pour cette exposition que pour la précédente – et non pas uniquement parce que je suis moins sensible à l’esthétique des suprématistes. J’ai trouvé l’exposition difficile d’accès, notamment parce que les panneaux de salle n’étaient pas assez pédagogiques. J’ai même entendu un visiteur, au milieu du parcours, demander à sa compagne : « c’est quoi le suprématisme, tu sais, toi ? ». Incapable de répondre, elle a conclu « on regardera sur Google en rentrant ». Bref, l’échec, même si l’on voit de belles toiles (notamment de Chagall) venues de Russie spécialement pour l’occasion.

Dans l’exposition, j’ai découvert l’art d’El Lissitzky, qui enseignait à l’école de Vitebsk les arts graphiques, l’imprimerie et d’architecture. À cette période, il développe une série Prouns, peintures abstraites de formes géométriques, très graphiques et accompagnées de toute une pensée théorique… Ce qui n’empêche pas de décliner cela en livre pour enfants avec Les deux carrés. Histoire suprémaciste en six constructions, paru en 1922 !

Chagall, Lissitzky, Malévitch. L’avant-garde Russe à Vitebsk. Jusqu’au 16 juillet 2018 au Centre Pompidou

Une exposition de couleur : Kupka au Grand Palais

L’exposition sur Vitebsk m’avait un peu découragée d’enchaîner avec Kupka au Grand Palais, dont on m’avait rapporté que les textes n’étaient pas plus accessibles… Mais là, avec ou sans médiation, la visite a été un plaisir, une révélation, une explosion de couleurs ! J’aurais savouré chaque toile pendant des heures.

Scenographie de l’exposition Kupka

De Kupka, là encore, je ne connaissais presque rien, juste un vague souvenir de mes cours sur la naissance de l’abstraction. Le parcours de cette rétrospective offre un regard approfondi sur l’œuvre de cet artiste originaire de République Tchèque. Certes, les textes de salle sont un poil complexe, avec un vocabulaire parfois obscur, mais les œuvres parlent d’elles-mêmes.

František Kupka est né 1871 en Bohème. Issu d’un milieu relativement modeste, il découvre la peinture à l’adolescence et intègre, en 1889, l’Académie des Beaux-Arts de Prague avant de rejoindre celle de Vienne, où il fait ses débuts. Le jeune artiste embrasse le symbolisme, alors en pleine vogue. Il rejoint ensuite Paris, où il va demeurer une grande partie de sa vie.

Les premières salles de l’exposition présentent les toiles de jeunesse de Kupka, dans l’esprit du symbolisme. Elle laisse aussi la place à un aspect important de ses premières décennies de carrière : l’illustration de presse. Comme pour de nombreux artistes de cette période, les journaux d’actualités fournissent un gagne-pain nécessaire. Kupka produit beaucoup, et pour de nombreux titres, à Paris et à l’étranger. Ses caricatures sont très marquées politiquement. La sélection proposée dans l’exposition était d’autant plus riche que bien des sujets abordés faisaient écho à notre actualité.

Mais la presse n’est alors par le seul gagne-pain de Kupka : il travaille également abondamment pour le livre illustré, notamment à destination d’un public de bibliophiles. Il réalise, dans une esthétique archaïsante, des images pour des livres sur l’Antiquité et l’Histoire humaine.

Sa peinture connaît un tournant majeur dans les dernières années de la décennie 1900 : il glisse alors vers l’abstraction, sans que le figuratif disparaisse tout à fait de ses tableaux. Il s’intéresse à la décomposition du volume et du mouvement par la couleur. Il partage les préoccupations des Fauves, des expressionnistes et des futuristes.


Ses recherches aboutissent à des œuvres abstraites et il revient à Kupka d’être le premier à présenter au public parisien des œuvres non figuratives, au Salon d’Automne de 1912.

Dès lors, et pendant quatre décennies, Kupka va embrasser l’abstraction, et faire évoluer ses toiles au gré de ses réflexions sur l’espace, le rythme. Il se nourrit de références scientifiques (le microcosme, le macrocosme), ésotériques, puise aussi des théories l’architecture et la musique.

Scénographie de l’exposition Kupka au Grand Palais

Le parcours de l’exposition restitue ce cheminement, avec ses ruptures, comme à la fin des années 1920, où il connaît une brève parenthèse « machiniste ».

Outre l’émerveillement dans lequel m’a plongée la contemplation des toiles de Kupka (quel dommage que la sélection de cartes postales à la boutique soit si décevante !), j’ai beaucoup apprécié la présentation de ses gravures sur bois, notamment les 26 planches d’un livre intitulé Quatre histoires de blanc et noir, qu’il publie en 1926. Si comme moi vous pratiquez la linogravure, cette suite est une vraie source d’inspiration graphique et technique !

Kupka, pionnier de l’abstractionJusqu’au 30 juillet 2018, Grand Palais.

Mary Cassatt, une américaine à Paris

Changeons totalement de registre avec l’exposition Mary Cassatt au Musée Jacquemart André. Bien que j’apprécie beaucoup cette artiste américaine, installée à Paris, j’ai plusieurs fois repoussé ma visite, échaudée par les expériences précédentes dans ce musée où les expositions sont souvent prises d’assaut (… et où les photos sont interdites quand bien même l’artiste est dans le domaine public).

J’ai bien fait d’attendre, car en ce samedi de match France-je sais pas qui, de soldes et de Gay Pride, les salles étaient désertes et aussi calmes que les tableaux de Mary Cassatt : des conditions idéales pour les admirer !
Pas de grande surprise dans l’accrochage – j’avais déjà lu sur Mary Cassatt, mais le plaisir d’admirer de nombreuses œuvres venues de l’étranger dans un accrochage digeste. Et surtout, le bonheur de revoir les estampes de l’artiste que j’avais déjà admirées il y a quelques années à la fondation Mona Bismarck. Mon billet de blog était resté en brouillon depuis tout ce temps et cela m’a donné l’occasion de le terminer. Vous pouvez le lire ici.

Du propos de l’exposition, ce que j’ai surtout découvert, c’est l’histoire de la réception critique de Mary Cassatt aux États-Unis (plus dans le catalogue de l’exposition d’ailleurs) et son travail pour le décor mural du pavillon de la femme de l’exposition universelle de Chicago.
La lecture du féminisme de Mary Cassatt ne m’a pas totalement convaincue (mais peut-être parce que je ne maîtrise pas bien le contexte culturel américain. Si Mary Cassatt est un modèle de femme artiste et un exemple d’émancipation féminine, son œuvre doit-elle être qualifiée de féministe (au sens contemporain) ?

Mary Cassatt, une impressionniste américaine à ParisJusqu’au 23 juillet 2018 au Musée Jacquemart-André

Delacroix au Louvre

Avant de partir en vacances, il me fallait visiter sérieusement l’exposition Delacroix, vue trop rapidement à l’ouverture. Je voulais alors, au moment de cette première visite, évaluer la place de l’estampe dans cette rétrospective et j’avais consacré toute mon attention aux belles lithographies, notamment celles, très rares, avec remarques marginales (mais je vous en parle dans un autre billet).

Je ne sais pas trop si j’aurais le temps prochainement de consacrer une publication à l’œuvre imprimée de Delacroix, alors je vous confie ici ce qui a fait mon admiration, outre les remarques marginales : la magnifique aquatinte du Forgeron (à propos de laquelle deux de mes étudiants avaient fait un exposé), le fabuleux Cheval sauvage terrassé par un tigre, et puis – mais je la connaissais déjà, l’audacieuse lithographie de Macbeth consultant les sorcières, d’une grande inventivité plastique puisque Delacroix, alors qu’il débute encore dans cette jeune technique, invente une manière noire lithographique.

Eugène Delacroix, Cheval sauvage terrassé par un tigre, lithographie, 3e état, 1828, Paris, Bibliothèque nationale de France

Trop facile, une exposition Delacroix ? L’ambition des commissaires était de nous faire redécouvrir l’œuvre de cet artiste dont on croit « tout connaître : La barque de Dante, la Liberté guidant le peuple, les femmes d’Alger. Et pourtant Delacroix c’est une carrière beaucoup plus longue, complexe, cachée derrière ces œuvres emblématiques, écrasantes. Aussi, les voit-on évacuées, dès la première salle : à en pousser les murs, à en crever les plafonds. Un parti pris qui a été assez critiqué, en participe parce qu’il rendrait le reste de l’accrochage monotone. J’avoue que j’ai ressenti une certaine lassitude dans la seconde moitié de l’exposition (mais rares sont les grandes expositions du Musée du Louvre qui ne me font pas cet effet, avec leur accrochage toujours dense).

scénographie de l’exposition Delacroix

Il y a des plaisirs dans cette expo : admirer les dessins et les tableaux d’Orient, lire quelques pages de son journal ou de sa correspondance, dont l’INHA possède de beaux pans.

Ce qui m’a le plus intéressée (après les estampes, j’entends, ce sont les reprises, les échos, découvrir comment, au gré de sa carrière, Delacroix a revisité les mêmes motifs, jeté un nouveau regard sur quelques thèmes qui l’ont marqué, soit à la demande d’amateurs, soit pour son propre plaisir. Ainsi, étaient mises en regard diverses toiles et estampes figurant Hamlet, réalisées en 1828, 1835, 1843 et 1859. J’y reviendrai, j’en suis sûre.

Eugène Delacroix (1798-1863)Jusqu’au 23 juillet 2018, Musée du Louvre.

Enfers et Fantômes d’Asie

Dernière visite en date, la veille du départ : Enfers et Fantômes d’Asie, une exposition du Musée du Quai Branly qui a beaucoup fait parler d’elle. Il faut dire, le thème est plutôt attractif, très connecté à la culture populaire : résultat, le musée réussit encore le pari d’attirer un public « jeune », comme lors de l’exposition Tatouage.

Le titre de la manifestation est transparent : il s’agit d’explorer l’univers des enfers, des fantômes, revenants et autres démons dans les cultures d’Extrême-Orient, principalement la Chine, le Japon et la Thaïlande. L’originalité du propos est de mêler arts traditionnels (peintures, estampes, masques et marionnettes de théâtre) et pop-culture contemporaine (cinéma, manga, jeux vidéo), et ce, tout au long du parcours. Certains de mes amis ont trouvé cela déroutant (« bordélique » était le terme employé), ce qui n’a pas été mon cas même si j’avoue que les extraits de films d’horreur ne m’ont pas vraiment intéressée.

En revanche, j’ai découvert avec plaisir la diversité des figures de fantômes dans les cultures asiatiques (c’est beaucoup plus riche que nos pauvres « fantômes-draps »), comment, dépassant le cadre religieux dans lequel elles sont nées, elles ont inspiré tout un pan de la culture profane et comment, enfin, elles se sont nourries et enrichies de ce passage dans la sphère civile.

Demon (oni), Japon, début du XIXe siècle, Bois peint, Bruxelles, Institut Bruno Lussato et Marina Fédier

L’exposition démarre avec une descente aux Enfers, qui, dans la religion bouddhiste, forment une étape du cycle des réincarnations. L’âme du défunt passe devant un tribunal qui examine ses actes passés et le condamne à purger une peine plus ou moins longue, ponctuée de tortures : on brûle les voleurs, ébouillante les dépravés… Quant aux coupables d’adultère, ils doivent escalader des arbres d’épines. Ensuite, seulement, ils peuvent accéder à la réincarnation.

Certaines âmes damnées ne restent pas confinées dans les enfers bouddhiques et viennent hanter les vivants. Ces fantômes sont des victimes de morts violentes, injustes ou n’ont pas reçu les rituels funéraires appropriés. Ils redescendent sur terre et tourmentent les populations pour se venger ou réclamer réparation, aussi faut-il les apaiser, les soulager.

Il existe de nombreux types de fantômes, chacun avec un nom et une histoire particulière. L’exposition nous en présente quelques-uns, comme Oiwa, une belle jeune femme défigurée et empoisonnée par son mari ou Okiku, une servante jetée dans un puit pour avoir cassé une assiette, et qui dont le fantôme revient, chaque nuit, inspecter le vaisselier de son maître. Il y a aussi les Kaibyo, les femmes-chats (l’équivalent de nos loups-garous) et les phi-prêt ou damnés faméliques.

Au XVIIe siècle, particulièrement au Japon, les histoires de fantômes passionnent et nourrissent la littérature, le théâtre, et bientôt les arts visuels. Des graveurs comme Hokusaï fixent leurs traits : mais les belles estampes qui naissent ainsi sont moins le portrait des fantômes que ceux des acteurs qui les interprètent.

En revanche, la peinture de Yürei figure de véritables portraits de fantômes, résultant d’apparitions. Le genre est né sous le pinceau de Maruyama Ökyo, hanté par les visions de sa femme défunte.

Toutes ces histoires de fantômes, après avoir inspiré le théâtre, se sont renouvelées dans la culture populaire, notamment à travers le cinéma. Bien des films de J-Horror puisent leurs sources dans les récits traditionnels.

Qui dit fantôme dit exorcisme. Il prend, en Asie, selon les pays et les religions des formes variées, avec leurs rites, leurs coutumes et leurs objets magiques. L’absence de rituels funéraires entraîne souvent la naissance de fantômes et une des voies de l’exorcisme est de leur offrir ces cérémonies qui leur ont manqué. Ainsi apaisé, le fantôme peut devenir une entité bienveillante.

Pour nous ramener en douceur dans le monde des vivants, l’exposition se clôt par une évocation des ancêtres, l’antithèse du fantôme. Honoré par les siens, l’ancêtre protège ses descendants avec bienveillance…

Enfers et Fantômes en AsieJusqu’au 15 juillet, Musée du Quai Branly

Prochaines visites

Et à mon retour, que verrai-je ? Les expositions sur les Français à Londres au Petit Palais, est tout en haut de ma liste. C’est un sujet que je veux traiter sur le blog depuis très longtemps : j’ai un attachement particulier pour les toiles de la Tamise peintes par Monet – et pour celles données quelques décennies plus tard par Derain. J’avais été éblouie lors de la récente exposition consacrée au fauve au Centre Pompidou, sans cesser l’occasion de vous en parler.

Je suis aussi curieuse de découvrir l’exposition Le monde vu d’Asie, au Musée Guimet, qui va ravir ceux qui, comme moi, ont une certaine fascination pour l’univers de la cartographie !

Enfin, je compte retourner au Centre Pompidou pour découvrir UAM, une aventure moderne, consacrée à ces créateurs, qui, dans la première moitié du XXe siècle, ont caressé le rêve de mettre le design à la portée de tous et de doter l’homme moderne d’un cadre de vie « raisonnable ». Un sujet qui m’avait passionné quand j’étais lycéenne (l’exposition de 1925 était alors au programme du bac d’histoire de l’art)…

En attendant, place aux vacances : je vais consacrer mes journées aux randonnées en plein air et à l’écriture et vous préparer plein de nouveaux billets pour la rentrée ! Bel été !

Ps : je compte aussi publier en juillet et août, restez connectés !

7 commentaires sur “Marathon des expositions parisiennes qui se terminent en juillet 2018

  • 10 juillet 2018 à 12 h 03 min
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    L’illustration est remarquable – à la hauteur du texte ! Merci une nouvelle fois pour ce vrai plaisir !

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  • 10 juillet 2018 à 12 h 39 min
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    Je ne pourrai pas y aller, mais je te remercie vivement pour ce partage très inspirant. J’ai noté illico de me procurer le catalogue de l’exposition « Âmes sauvages » ! J’ai beaucoup aimé ce que tu as montré de Kupka aussi, que je ne connaissais pas (sauf ses peintures abstraites, mais je n’ai jamais réussi à apprécier l’abstraction de toute façon).
    Merci et bel été à toi !

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    • 10 juillet 2018 à 19 h 05 min
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      J’ai feuilleté le catalogue d’Ames sauvages, il a vraiment l’air riche !
      Kupka est pour moi aussi une grande découverte : quelle carrière surprenante !

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  • 10 juillet 2018 à 13 h 47 min
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    Heureusement pour les non Parisiens (et même non Français), Pécadille est là avec ses billets formidables qui, à chaque publication, font une belle synthèse du sujet traité. Très envie de voir toutes ces expos…mais trop loin, donc très cher! Merci, Joh !

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  • 13 juillet 2018 à 6 h 30 min
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    Quel marathon ! J’ai fait plusieurs des expos présentées et je mesure l’investissement et le travail de présentation réalisés ! Bel été !

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  • 22 juillet 2018 à 9 h 44 min
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    Un immense merci pour ce partage d’une richesse exceptionnelle – un jour, il faudra que tu me révèles ton secret pour réussir à parler de plusieurs expos sans que cela ne fasse fuir ton lectorat ! Bon, sans grande surprise, les trois expos qui m’auraient le plus intéressée sont « Âmes sauvages », celle sur Kupka, et bien sûr celles sur les fantômes d’Asie (dont je compte me procurer le catalogue).

    C’est très frustrant pour moi d’être allée trois fois à Paris en deux mois sans avoir eu le temps de pousser la porte d’au moins une expo… Oh well. En tout cas, merci Internet pour les différents billets que j’ai pu lire sur l’expo du Musée du Quai Branly, et surtout merci à toi pour ce billet qui a le mérite de parler d’autres expos tout aussi riches mais peut-être moins médiatisées (?).

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