Sélection personnelle des expositions à ne pas rater cet automne !

Fin septembre, début octobre : les vernissages et les visites presse se succèdent. Les expositions de l’été ferment leurs portes, celles de l’automne ouvrent les leurs…
Quant à moi, faute de pouvoir suivre ce rythme effréné des inaugurations, je mets à jour ma liste des expositions à voir. Voici ce que j’ai sélectionné pour cet automne (à Paris uniquement). N’hésitez pas à utiliser les commentaires pour partager vos propres coups de cœur !

Rubens, portraits princiers

Des peintres flamands du XVIIe siècle, je préfère Jordaens et Van Dyck à Rubens. Surtout quand il s’agit de peinture d’Histoire — religieuse ou mythologique. Adolescente, je détestais les grands tableaux de Rubens du Musée des Beaux-Arts de Rouen : la touche, les couleurs (ces joues trop rouges !), tout me déplaisait… Mais ça, c’était avant. Avant de découvrir les splendides portraits de Rubens : la présence des modèles, le faste des costumes, les subtiles textures des soies… Je l’avoue, de Rubens portraitiste, ce que je préfère, ce sont les vêtements : son talent pour rendre les effets de la lumière sur le tissu, sa minutie à transcrire le moindre détail d’une précieuse dentelle…


Et de beaux vêtements, il va y en avoir à l’exposition du Musée du Luxembourg, puisque l’accrochage est consacré aux portraits princiers !
Au delà de mon goût pour le costume peint, j’attends de cette exposition qu’elle porte un discours riche sur la société de cour du XVIIe siècle et sur les échanges entre les différents royaumes d’Europe à cette période. Car Rubens ne s’est pas contenté d’être un peintre : d’Anvers à Paris, de l’Espagne à l’Angleterre, l’artiste a aussi eu un rôle de diplomate auprès des grands de ce monde !

Rubens, Portraits princiers, musée du Luxembourg, du 4 octobre 2017 au 14 janvier 2018. 

André Derain, une décennie radicale

Peintre fauve puis cubiste, André Derain est une figure importante — mais trop méconnue — des avant-gardes françaises du début du XXe siècle. Le Centre Pompidou entend porter un nouveau regard sur une période particulière de l’œuvre de l’artiste, celle de la décennie 1904-1914 durant laquelle le peintre embrasse les courants les plus radicaux avant de tracer sa propre voie singulière, dite « byzantine ».

Affiche de l’exposition André Derain au Centre Pompidou

J’aime beaucoup le visuel choisi par le Centre Pompidou pour l’affiche de l’exposition : un détail de la danse (1906). La stylisation des traits, le graphisme du drapé témoignent d’un regard de l’artiste sur l’héritage de l’art roman. Les sources d’inspiration de Derain (l’art médiéval, l’imagerie d’Épinal, les arts dits « primitifs ») seront abondamment évoquées dans cette exposition, comme l’annonce le dossier de presse. Voilà une autre raison de m’y déplacer en plus de mon goût pour les belles couleurs des vues de Londres par Derain et de mon intérêt pour l’estampe (car l’artiste a aussi été un inventif xylographe).

André Derain, Big Ben, 1906, Musée d’art moderne de Troyes.

André Derain, la décennie radicale, Centre Pompidou, du 4 octobre 2017 au 29 janvier 2018. 

Verre, un Moyen Âge inventif

Je suis toujours fascinée par les objets en verre antiques ou médiévaux que l’on peut admirer dans les musées. Au vu de la fragilité du matériau, il m’apparaît presque miraculeux que ces verres, fioles, carafes ou autres récipients aient traversé les siècles jusqu’à nous.

Gobelets à cabochons provenant d’un palais italien, fin XIVe siècle, Tarquinia, musée archéologique national.

J’ai donc considéré avec intérêt l’annonce d’une exposition consacrée au verre médiéval… Tout en ayant une petite crainte : un tel sujet peut vite se révéler très austère — crainte d’autant accrue que les dernières expositions du Musée de Cluny m’avaient un peu déçue.

Visite faite (édit : le compte-rendu est là), je suis convaincue par le propos et les choix scénographiques. Une exposition riche… et surprenante, qui vous mènera des magnifiques vitraux colorés aux bésicles, les ancêtres des lunettes, en passant par les urinaux, ces récipients utilisés par les médecins pour examiner les urines de leurs patients !

Empreinte de lunettes dans un Recueil de Sermons de saint Augustin, livre imprimé, Paris, 1494-1579, Orléans, Médiathèque Maurice Genevois, Inv . ResA1607 et paire de lunette du XVIe, conservée au Musée national de la Renaissance à Ecouen.

Verre, un Moyen Âge inventif, Musée de Cluny, du 20 septembre 2017 au 8 janvier 2018.

>>> Lire ma chronique sur cette exposition <<<

Gauguin, l’alchimiste

Cet hiver, Gauguin est à l’honneur, sur la toile des cinémas, avec un biopic consacré à ses années polynésiennes, et sur les cimaises du Grand Palais. Espérons que l’exposition rétrospective consacrée à la carrière de cet artiste majeur de la fin du XIXe siècle ne tombe pas dans les mêmes travers que le film en gommant les aspects les plus problématiques de sa personnalité, et notamment son rapport avec les femmes durant son séjour tahitien. Je ne suis pas assez compétente pour parler avec justesse de ce sujet, aussi vous renvoyé-je aux articles parus sur la question il y a quelques semaines.

Affiche de l’exposition Gauguin au Grand Palais

Pour ce qui est de l’expo, je l’attends avec impatience car j’aime énormément l’esthétique de Gauguin, notamment dans le domaine de l’estampe (il est l’un de ceux qui ont remis au goût du jour l’esthétique de la xylographie « primitive »). Le propos des commissaires est justement de montrer la complémentarité des pratiques créatives de Gauguin : peinture, sculpture, gravure…

Gauguin, Clovis dormant, huile sur toile, 1884. Dans cette oeuvre, Gauguin figure son fils endormi, tenant la choppe de sa mère, Miette.

Face à la complexité de l’œuvre de Gauguin, je pense que j’aurais beaucoup de mal à produire un compte-rendu à la hauteur de mes attentes. Alors, je vais être raisonnable et ne vous promettre qu’un focus sur son œuvre gravé, domaine que je maîtrise beaucoup mieux 😃

Gauguin, Le porteur de Feï, xylographie, 1898-1899, Galerie Sarah Sauvin

Gauguin, l’alchimiste, Grand Palais, du 11 octobre 2017 au 22 janvier 2018.

François Ier, une autre Renaissance

J’avais beaucoup aimé l’exposition de la Bibliothèque nationale de France consacrée au règne de François Ier en 2015, qui n’avait malheureusement pas obtenu la couverture médiatique qu’elle méritait. Je garde aussi une certaine déception de n’avoir pas fait, la même année, le déplacement à Blois pour y admirer l’exposition « Trésors royaux, la bibliothèque de François Ier » qui regorgeait de magnifiques manuscrits enluminés. Aussi, je ne veux pas rater l’occasion de vous parler ici de l’exposition à venir au Louvre sur François Ier et l’art des Pays-Bas.

Jean Clouet, Portrait équestre de François Ier, XVie siècle, Musée du Louvre.

François Ier, tout le monde l’associe à Chambord, à Fontainebleau, à la Renaissance, et donc, à l’influence italienne. Mais saviez-vous que le roi a aussi montré un grand intérêt pour les arts du nord de l’Europe, faisant venir des peintres des Pays-Bas et y commandant de nombreuses œuvres précieuses, telles de somptueuses pièces d’orfèvrerie ou de luxueuses tapisseries, art dans lequel les Flamands étaient maîtres ?

Une autre Renaissance, donc, est à découvrir au Musée du Louvre cet automne, et je serai au rendez-vous, d’autant qu’il y aura beaucoup d’oeuvres des Clouet, que j’aime énormément.

François Ier et les arts des Pays-Bas, Musée du Louvre, du 18 octobre au 15 janvier 2018

L’art du pastel de Degas à Redon

Admirer des pastels de Degas ou de Redon (ou de tout autre artiste, d’ailleurs), c’est toujours un privilège rare. Car les pastels sont de ces œuvres graphiques très fragiles, qui souffrent de la moindre variation d’humidité, du moindre rayon de lumière et de la moindre manipulation. Fragiles, précieux, et donc rarement montrés. Voilà ce qui rend immanquable l’exposition du Petit Palais de Paris, qui présente cet automne 150 pastels des meilleurs artistes de la seconde moitié du XIXe siècle, période à laquelle cette technique connaît une grande faveur et un fécond renouvellement.

L’affiche de l’exposition l’Art du Pastel, de Degas à Redon

Je n’ai encore rien vu fuiter de cette exposition : ni photos des œuvres ni de la scénographie. Pour cette dernière, je n’ai aucune crainte, le Petit Palais nous éblouit toujours par l’inventivité de ses scénographes. Pour les œuvres, j’ai aussi toute confiance, rien qu’à lire la liste du communiqué de presse : Mary Cassatt, Edgar Degas, Odilon Redon, Jacques-Emile Blanche (un Rouennais !), Paul Gauguin, Auguste Renoir… Bref, du beau monde, de belles feuilles !

Odilon Redon (1840-1916). « Vieil ange ». Pastel et fusain sur papier beige collé sur papier, 1892-1895. Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris, Petit Palais.

L’art du pastel de Degas à Redon, Petit Palais, du 15 septembre 2017 au 8 avril 2018

Et vous, qu’irez-vous voir cet automne ? 

9 commentaires sur “Sélection personnelle des expositions à ne pas rater cet automne !

  • 8 octobre 2017 à 16 h 17 min
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    Au Petit-Palais, ne manquez pas de voir l’expo Zorn après les pastels, car les 2 expositions sont magnifiques!!

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    • 8 octobre 2017 à 18 h 56 min
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      Effectivement l’expo Anders Zorn est magnifique, méconnu en France ce peintre mérite d’être découvert et la scénographie est très réussie.

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      • 8 octobre 2017 à 19 h 15 min
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        Chère Izedah, chère Véronique,

        A vrai dire, je l’avais aussi en tête, les visuels de l’expo m’ont beaucoup plu. C’est pour moi une découverte, car je ne connaissais pas ce peintre. J’ai voulu ne mettre qu’une expo par établissement, et ma préférence est allée aux pastels, mais soyez sûres que je vais aussi parler de Zorn quand je l’aurais vu. Véronique, votre compte-rendu de l’exposition a renforcé mon envie d’y aller. Izedah vous le trouverez à l’adresse suivante : http://blog.paris-libris.com/anders-zorn-le-maitre-de-la-peinture-suedoise-au-petit-palais/

        Bonne soirée à vous deux et envoyez moi vos autres recommandations 🙂

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  • 9 octobre 2017 à 15 h 49 min
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    Le pastel, Derain, le verre, Rubens, et aussi Zorn, et Depardon à la fondation Cartier-Bresson. Et aussi Les Chretiens d’Orient à l’IMA. Et hors de Paris, à Lille, la rétrospective Jean-Francois Millet (je l’aurais presque mise en premier).

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    • 10 octobre 2017 à 18 h 54 min
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      Depardon était passé sous mon radar : merci de me la signaler. Ca me donnera l’occasion de découvrir la fondation Cartier-Bresson (oui, la honte !).
      Les Chrétiens d’Orient est souvent revenue sur Twitter, alors je pense que je vais m’y rendre 🙂

      Et aussi, un grand merci pour Millet à Lille, je n’étais pas au courant, je vais essayer de faire l’aller-retour sur une journée !

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  • 11 octobre 2017 à 11 h 35 min
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    Moi je pense aller voir les 2 expos du Petit Palais (et si possible je reverrai les collections permanentes, car l’on va toujours voir les expos temporaires et oublie le reste) et l’expo sur le verre à Cluny. Si j’ai le temps je tenterai celle sur la découverte du Japon par les occidentaux à la maison de la culture du Japon qui est toujours si pédagogique (contrairement à Guimet).

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  • 14 octobre 2017 à 14 h 48 min
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    A noter aussi l’ occasion d’aller à la fondation Vuitton, le MOMA y expose 200 oeuvres jusqu’au mois de mars.

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  • 14 octobre 2017 à 14 h 52 min
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    Merci LnK75 pour la retrospective Millet … je l’avais zappé . A programmer donc!!

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