De Paris au Mont-Saint-Michel, la Véloscénie (partie 1)

Fort satisfaits de notre première expérience de cyclotourisme le long de la ViaRhôna à l’été 2016, nous étions bien déterminés à enfourcher à nouveau nos bicyclettes pour de nouvelles aventures. J’avais depuis plusieurs mois en tête de parcourir la Véloscénie, cet itinéraire qui relie Paris au Mont-Saint-Michel. Profitant d’un pont de l’Ascension prolongé, nous nous sommes lancés pour huit jours sur les petites routes et voies vertes d’Île-de-France, du Centre et de Normandie. Un itinéraire très vert et très culturel !

La Véloscenie, 450 kilomètres à parcourir à bicyclette de Paris au Mont-Saint-Michel. Photo C. Noisel

Note 1 : Mon appareil photo ayant subi un grave accident au début du séjour, la plupart des photographies qui illustrent cet article sont l’oeuvre de mon compagnon, Christophe. D’autres proviennent de Wikipédia (elles sont alors créditées). Vous reconnaîtrez les miennes aux blancs saturés ! RIP mon capteur de luminosité).

Note 2 : le récit de ce voyage étant très (trop ?) long, je le publie en deux parties, rendez-vous lundi pour la suite !

Parcours officiel de la Véloscénie – carte interactive provenant du site officiel (cliquez sur le lien pour y accéder)

Jour 1 : De Paris à Rambouillet – 60 km

Dimanche 21 mai, les vacances tant attendues sont enfin arrivées ! En vrais amateurs, rien n’est prêt pour le grand départ : je suis rentrée d’un déplacement professionnel la veille à une heure du matin et ni mes sacoches ni mon vélo ne sont préparés. Un réveil un peu tardif, un souci de chambre à air, et voici que nous accusons déjà trois bonnes heures de retard sur le programme…

Si le voyage commence au bas de notre immeuble, nous trichons un peu : nous avons décidé d’effectuer la sortie de Paris en train. Une coulée verte permet bien de rallier Paris à Massy, mais je sais d’expérience que la voie, partagée avec les piétons, roule mal, plus encore un dimanche avec des vélos chargés. Direction donc Gare du Nord pour attraper le RER B (non sans mal, fautes de circulations adaptées pour les fauteuils, poussettes et vélos). Quarante-cinq minutes plus tard, nous débarquons à Bures-sur-Yvettes où nous devons rattraper le parcours officiel de la Véloscénie… Encore faut-il le trouver ! Les premiers kilomètres sont difficiles, puisque nous faisons quelques détours inutiles pour essayer de trouver la bonne route, qui nous échappe toujours. Nous apprendrons plus tard qu’elle n’est tout simplement pas encore véritablement aménagée ni signalée. À la sortie de Gometz-la-Ville, enfin, notre premier panneau Véloscénie ! Nous sommes désormais sur les rails… Et c’est le cas de le dire, puisque la voie verte que nous empruntons jusqu’à Limours a été aménagée sur une ancienne voie de chemin de fer. Mais pas n’importe laquelle ! Il s’agit de la voie de test de l’Aérotrain conçu dans les années 1960 par l’ingénieur Jean Bertin.

Un tronçon de la Voie Verte de Limours : sur la gauche, on distingue la partie supérieure du rail de l’Aérotrain. Les vestiges sont plus visibles sur d’autres sections.

Propulsé par une hélice, il circulait sur coussin d’air le long d’un rail en béton en forme de T inversé. Malgré des pointes à 422 km/heure et le projet de création d’une ligne La Défense-Cergy, le prototype de l’aérotrain a été abandonné en 1974 au profit du TGV. Ne subsistent que quelques vestiges de cette aventure technologique, dont l’ancienne ligne d’essai de Limours, convertie en voie verte. À certains endroits, le rail a disparu, laissant un carré au sol, tous les deux mètres, qui marque l’emplacement des anciens piliers de soutènement. Sur d’autres portions, on longe encore la maçonnerie de béton, aujourd’hui envahie de mauvaises herbes. Drôle de sentiment d’archéologue du futur devant cet équipement de pointe voué à la ruine.

Prototype de l’aérotrain, le 12 September 1969. Photographie de Philippe CHATRIOT, conservée dans les Archives de l’Association des Amis de Jean Bertin et déposée sur Wikicommons (cliquez sur l’image pour voir d’autres photos)

Les kilomètres sont agréables à travers la vallée de Chevreuse : le temps est magnifique, la campagne aussi, et nous ne croisons pas grand monde… Après une petite pause goûter-sieste à Rochefort-en-Yvelines, voilà que nous entrons dans la forêt de Rambouillet. Au milieu des grands arbres, les derniers kilomètres de la journée seront fort plaisants. Il commence à se faire tard : plutôt que de pousser jusqu’à Maintenon, où nous devions dormir, nous nous arrêtons au camping Huttopia, au bord de l’étang d’Or. Un choix judicieux : le camping, très confortable, est en pleine forêt (et désert) : nous nous endormirons et nous réveillerons avec le chant des oiseaux.

L’étang d’Or, que borde le camping Huttopia, dans la forêt de Rambouillet

Jour 2 : Rambouillet – Maintenon – Chartres – 60 km

Après une bonne nuit de sommeil, et un petit déjeuner au bord de l’eau, nous enfourchons nos bicyclettes ; la journée va être chargée : Rambouillet, Maintenon, Chartres, soit beaucoup de potentielles pauses culturelles !

Dans le parc du château de Rambouillet

Première étape, Rambouillet. Le château a été acquis en 1783 par Louis XVI qui souhaitait profiter de la belle forêt avoisinante pour pratiquer son activité favorite, la chasse. Le château, qui conserve de beaux décors du XVIIIe et XIXe siècle, est aujourd’hui géré par le Centre des Monuments nationaux. Mais pas de visite pour nous : le bâtiment fait actuellement l’objet d’une importante campagne de restauration et nous le trouvons tout bâché. Il faudra revenir en septembre prochain pour le découvrir le château défait de sa gangue d’échafaudages qui lui donne un air d’oeuvre de Christo. Nous profitons néanmoins du magnifique parc, que l’itinéraire de la Véloscenie traverse. Et pourquoi ne pas faire une pause au bord des plans d’eau ?

Le parc est célèbre pour deux de ses folies : la laiterie de la Reine et la chaumière aux coquillages. La laiterie est un présent de Louis XVI à la Reine Marie-Antoinette : le bâtiment, construit entre 1785 et 1787 dans un style néoclassique, était dédié à la dégustation des laitages produits par la bergerie royale. Quant à la chaumière aux coquillages, elle est antérieure d’une décennie à la laiterie. Édifiée pour la princesse de Lamballe, cette bâtisse est représentative du goût pour les folies pittoresques. Si de l’extérieur elle a tout l’aspect d’une chaumière campagnarde, elle cache à l’intérieur un véritable trésor : l’intégralité du décor de la pièce principale est composé de coquillages et de nacres. Deux endroits que j’aurais beaucoup aimé voir, mais dont nous avons raté le départ de la visite guidée. Il faudra vraiment revenir en septembre !

Nous quittons Rambouillet par les petites routes de campagne. À Épernon, nous accordons à nos estomacs affamés une pause déjeuner, avant de faire un (petit) tour dans le village, où je m’émeus devant une maison à colombages qui présente de belles figures sculptées : Saint Christophe et l’ange de l’Annonciation. De l’autre coté de la porte, devait se trouver une Vierge Marie, aujourd’hui disparue. La maison, classée monument historique, date du XVe siècle et manque visiblement d’entretien.

Sous les ruines de l’aqueduc de Maintenon

Encore une quinzaine de kilomètres et nous atteignons Maintenon, une petite ville que je rêve depuis longtemps de visiter, non seulement pour son beau château, mais également pour la silhouette si pittoresque de son aqueduc, commandé par Louis XIV. Versailles, à 50 kilomètres de là, manquait cruellement d’eau pour alimenter les innombrables bassins et fontaines du parc du château. C’est pourquoi le roi ordonne en 1685 la création d’un important canal destiné à détourner les eaux de l’Eure. Mais le chantier ne sera jamais achevé, les campagnes militaires du roi privant le chantier de la main-d’oeuvre et des financements nécessaires…

La véloscénie passe sous l’un des arcs ruinés de l’Aqueduc. Mais les vestiges sont plus impressionnants encore depuis le parc du château ! Photo C. Noisel

Malheureusement pour moi, c’est depuis le parc du château qu’on profite du plus beau point de vue sur l’aqueduc… mais nous sommes lundi, soit le jour de fermeture hebdomadaire du château. Pour ajouter à ma déconvenue, j’oublie de faire valider l’étape « Maintenon » sur mon Brevet des Provinces françaises !

Le château de Maintenon

Le temps nous presse : nous devons atteindre Chartres avant 17h si nous voulons arriver à temps pour visiter la Maison Picassiette, ce à quoi je tiens beaucoup. La route le long de l’Eure, surtout après Saint-Piat est fort agréable, et nous arrivons dans le temps dans la capitale de l’Eure-et-Loir.

Petite pause entre Maintenon et Chartres. Photo C. Noisel

La fabuleuse maison Picassiette

Après avoir admiré le Palais idéal du Facteur Cheval l’été dernier, je suis impatiente de visiter la maison Picassiette, qui relève également de l’architecture naïve. Picassiette, de son vrai nom Raymond Isidore est né à Chartres en 1900 dans un milieu populaire. En 1929, il acquiert un petit terrain en friche, derrière le cimetière : c’est là qu’il va élever sa maison, où il demeurera jusqu’à sa mort avec son épouse et ses enfants. Au départ, rien ne destinait cette habitation à devenir une oeuvre d’art.

La cour noire de la Maison Picassiette, où sont représentés tous les grands édifices religieux de France

L’histoire ressemble un peu à celle du Facteur Cheval : un jour, lors d’une promenade, Raymond Isidore ramasse par hasard quelques tessons de verre et de porcelaine, qu’il agence en mosaïque. C’est le point de départ de multiples compositions, qui envahiront chaque espace intérieur et extérieur de sa demeure. Pendant vingt-quatre ans, Raymond Isidore, bien vite surnommé « Pique-Assiette » va collecter des tonnes de bris de céramique pour continuer son oeuvre. Son emploi de balayeur au cimetière lui facilitera la tâche.

Le décor de la maison et de son jardin est foisonnant : le visiteur ne sait plus où donner de la tête ! J’imagine que la Maison Picassiette est de ces lieux où l’on peut passer des années en découvrant chaque jour un détail nouveau. Nous sommes frappés par la forte présence des références mystiques et religieuses : la cathédrale de Chartres est plusieurs fois représentée tout comme le Mont-Saint-Michel. Dans la cour noire, je m’amuse à tester mes connaissances en nommant chacune des cathédrales et grandes églises françaises que l’artiste a représentées : la cathédrale de Rouen, le Sacré-Coeur, l’abbatiale de Saint-Denis…

Depuis la maison Picassiette, nous ne mettons pas longtemps à rejoindre notre deuxième lieu d’étape, le camping de Chartres… que nous déconseillons fortement ! À 22h, alors que nous voulons profiter du spectacle nocturne « Chartres en lumières » nous trouvons les grilles closes : impossible de sortir du camping, nous sommes enfermés !

Il y a en fait un code, qui n’est pas communiqué aux campeurs, qui permet d’entrer et de sortir pendant le « couvre-feu ». C’est parce que nous avons croisé un pauvre résident enfermé à l’extérieur que nous avons pu récupérer le précieux sésame et effectuer notre balade nocturne dans Chartres.

Tous les soirs, jusqu’à une heure du matin, une vingtaine de monuments de la ville sont illuminés de projections, animées ou non… De la cathédrale aux bords de l’Eure, des petites lumières bleues, au sol, guident les promeneurs d’un point d’intérêt à un autre.

Jour 3 : Chartres – Nogent-Le Rotrou – 78 km

A la découverte de la cathédrale de Chartres

Arrivés trop tard la veille, nous n’avons pas pu visiter la cathédrale de Chartres, qui mérite à elle seule un séjour entier dans la ville ! Et pour cause, c’est l’un des plus importants édifices gothiques de France, qui marque l’apogée du style gothique classique. C’est aussi l’une des mieux conservées… Quand, en 1194, un incendie détruit la cathédrale romane édifiée au début du XIe siècle, la construction d’un nouvel édifice est immédiatement entreprise. Le chantier débute par la nef, qui est achevée en 1210. Vingt ans plus tard, le gros du chantier est terminé. Les constructeurs de la cathédrale de Chartres tirent parti des enseignements des chantiers de Saint-Denis et de Notre-Dame de Paris pour proposer une élévation tripartite (grandes arcades, triforium et baies hautes) qui marque le gothique classique.

Dans les années qui suivent, de nombreuses cathédrales reprennent le modèle chartrain : Reims, Amiens, Beauvais…

Si la cathédrale de Chartres est si importante pour l’histoire de l’art, c’est qu’elle conserve une grande partie de son décor sculpté (au contraire de Saint-Denis, qui a beaucoup souffert de la Révolution). Les plus anciennes sculptures de la cathédrale sont antérieures à l’incendie : ce sont celles du portail royal, épargné par les flammes. Elles datent de 1145-1150. Les célèbres « statues-colonnes » figurant les rois, reines et prophètes de l’Ancien Testament sont aisément reconnaissables par leur forme allongée et leurs plis stylisés.

Les statues du portail du transept sud, réalisées cinquante ans plus tard, présentent un peu plus de volume. Mais c’est au portail du transept nord que l’on constate à quel point l’art des sculpteurs s’est transformé en moins de soixante-dix ans : les figures sont amples, presque vivantes !

Après avoir admiré dans le détail les trois portails sculptés, nous découvrons l’intérieur de la cathédrale récemment restauré. Il faut se tordre le cou pour contempler les vitraux qui couvrent la quasi-totalité des baies (173 baies !). Ils datent pour la plupart de la première moitié du XIIIe siècle. Avec de bons yeux (et une paire de jumelles !), il est possible de lire les histoires racontées sur les vitraux (vies de saints, histoire de la Passion). Ou bien, on peut simplement se laisser porter par la contemplation des effets lumineux (le fameux « bleu de Chartres ») et admirer les formes des rosaces.

Mais ce que je préfère certainement à Chartres, c’est la clôture de choeur sculptée, qui date des XVIe et XVIIe siècles et raconte, en quarante et une scènes la vie du Christ et de la Vierge. La restauration de cet ensemble vient juste de commencer et promet de beaux résultats.

Les visiteurs peuvent également grimper au sommet de la tour nord, mais uniquement en visite guidée. Malheureusement, nous ratons de quelques minutes le départ ! Quel dommage, nous aurions eu une belle vue sur les kilomètres qui nous attendent.

Les tours de la cathédrale de Chartres

Fascinante Danse Macabre de Meslay-le-Grenet

Un peu avant midi, nous reprenons la route. Une petite heure de vélo, et une première pause à Meslay-le-Grenet dont l’église Saint-Orien abrite un trésor : une grande peinture murale du XVe siècle figurant une danse macabre. C’est l’un des plus complets témoignages peints de ce thème iconographique à la mode vers la fin du Moyen-Âge. Pour des raisons de conservation, l’église n’est pas en accès libre : il faut téléphoner à l’association des amis de Meslay-le-Grenet pour qu’une « porteuse de clé » vienne vous ouvrir. La dame qui nous a reçus ne s’est pas contentée de nous ouvrir la porte : elle nous a expliqué chaque scène de la peinture. Nul doute que nous serions passés à côté de nombreux détails sans elle !

Eglise Saint-Orien, Meslay-le-Grenet

La danse macabre représente une farandole d’hommes de conditions diverses, menés vers la mort par des squelettes. Du pape au plus humble des moissonneurs, en passant par le moine, le chevalier et le bourgeois, tous connaîtront le même sort : c’est ce que veut rappeler cette marche funèbre aux fidèles.

Danse Macabre de Meslay-le-Grenet. Peinture murale du XVe siècle. Photo perso mais désormais disponible sur Wikimédia en CC BY-SA.

Le thème de la Danse macabre, qui prend racine dans la culture orale du Moyen-Âge, est fixé par écrit au cours du XIVe siècle, sous forme d’un poème, à plusieurs reprises édité. Au cours du siècle suivant, il devient un thème iconographique apprécié. La première occurrence connue d’une danse macabre est celle du charnier des Saints-Innocents, à Paris (1424), aujourd’hui détruite. Durant les décennies qui suivent, le thème est repris, en peinture et en sculpture dans divers cimetières et églises à travers l’Europe. Mais la plupart de ces décors ont disparu ou sont très endommagés. C’est pourquoi la peinture murale de Meslay est si précieuse.

Elle a été redécouverte en 1864 sous des badigeons de chaux, mais a souffert des premières campagnes de restauration qui lui ont été appliquées. Il est assez aisé de retrouver la source iconographique des peintures murales de Meslay : les peintres qui ont réalisé la décoration ont copié les bois gravés d’une édition de La Danse macabre, publiée par Pierre Le Rouge et Antoine Vérard vers 1491-1492. Un exemplaire de cette édition, enluminé, est conservé à la Bibliothèque nationale de France et a été numérisé dans Gallica. Il est assez amusant de jouer aux sept erreurs entre la version gravée et la peinture murale.

À l’église Saint-Orien, je remarque également le plafond : la charpente, dite en carène de bateau retournée, est en partie peinte, ce qui est du plus bel effet. Dans la journée, nous croiserons d’autres couvertures de ce type dans les églises que nous visiterons.

Charpente de l’église de Meslay-Le-Grenet

De charpente en charpente…

C’est justement le cas à Illiers-Combray, ville de Proust, où nous déjeunons une heure plus tard. L’église Saint-Jacques, du XVe siècle, vaut surtout le détour pour sa voûte à lambris peints, qui m’émerveille…

Illiers Combray, la charpente peinte de l’église.

Mais pas autant que celle de l’église Saint-Martin de La-Croix-du-Perche ! Elle date 1537 et est dans un état de conservation remarquable…

Eglise Saint-Martin de La Croix-du-Perche. Photo perso mais désormais disponible sur Wikicommons en licence CC BY-SA.

À Frazé, nous admirons le château, remarquable pour son architecture qui mêle pierre et brique dans une belle harmonie. Pourtant, l’ensemble n’est qu’un patchwork de constructions d’époques diverses.

Le château de Frazé, photographié par Emeline38 (wikicommons), CC-BY-SA.

Les paysages sont superbes, mais la route vallonnée : que d’efforts pour mes guiboles ! Un peu las, nous prenons quelques raccourcis pour arriver à Nogent-Le-Rotrou à une heure raisonnable. C’est là que nous ferons la plus formidable descente du trajet : plusieurs kilomètres de pente, une belle récompense après toutes les montées de la journée ! Malgré notre vive allure, nous pouvons admirer plusieurs perdrix et un faisan qui s’enfuient à notre approche…

Ce soir-là, à Nogent-Le-Rotrou nous nous accordons notre unique nuit d’hôtel des vacances : nous en avons bien besoin pour recharger nos batteries (…et celles de nos appareils électroniques !)

Le château de Nogent-Le-Retrou

Jour 4 : Nogent-Le-Rotrou – (presque) Alençon (84 km)

Est-ce les trois premiers jours qui nous ont fatigués ou bien est-ce la literie de l’hôtel qui est trop confortable ? Quoi qu’il en soit, nous nous accordons une petite grasse matinée : nous ne remontons nos vélos qu’à 11 heures ! Nous quittons Nogent par de petites routes vallonnées qui nous offrent de jolis paysages. Je préfère souvent ces petites routes aux voies uniquement cyclables car on profite en général beaucoup plus de la campagne alentour.

La belle campagne du Perche

C’est pourtant une voie verte que nous allons emprunter tout le reste de la journée : de Condé-sur-Huisne à Alençon, une ancienne voie ferrée a été transformée en promenade pour les cyclistes et les piétons. Si les arbres qui la bordent bouchent un peu la vue, nous apprécierons toute la journée leur ombre rafraîchissante : le thermomètre grimpe et j’ai déjà attrapé quelques coups de soleil.

Prenant quelques libertés avec le tracé de la Véloscénie, nous sautons le détour par Condé pour traverser le très pittoresque village de Villeray (et profiter d’une belle descente). Au pied du village, un joli moulin nous attend !

Pour déjeuner, nous avons réservé au café des Amis, à Boissy-Maugis, chaudement recommandé par Madame Oreille, qui a également fait la Véloscénie en avril 2016 (à lire sur son blog). Nous ne sommes pas déçus de ce petit restaurant à l’atmosphère charmante, qui propose un menu unique et goûteux, entièrement à base de produits frais. Certainement un des meilleurs repas de nos vacances !

Café des Amis à Boissy-Maugis

A travers Le Perche

Nous poursuivons notre route jusqu’à Mortagne-au-Perche. À chaque pâturage, je m’exclame : « oh, les vaches, oh les petits veaux ». C’est l’un des plaisirs que de parcourir la Véloscénie au mois de mai : la température peut déjà être estivale, mais les champs sont encore verts. Le blé et le seigle ne sont pas mûrs et dans les champs, on croise beaucoup de petits veaux… Il ne faut pas oublier que la Normandie est l’une des principales régions d’élevage bovin : les vaches tachetées (les fameuses noires et blanches et les marrons et blanches) donnent un lait riche qui permet de produire le camembert, les yaourts, la crème et le beurre (mmmhhh!) tandis que les autres (la limousine, la blonde d’Aquitaine et la charolaise) sont plutôt élevées pour leur viande.

Depuis que nous avons quitté Chartres, nous sommes entrés dans le Perche, ancien comté du Royaume de France, que la Révolution a fait disparaître. La « région naturelle » du Perche (plus large que l’ancien comté) est aujourd’hui divisée entre plusieurs départements (l’Orne, l’Eure-et-Loir, le Loir-et-Cher, la Sarthe…). Le Perche est aujourd’hui réputé pour son parc naturel (qui ne couvre qu’une petite partie du territoire) composé de forêts et de bocages. Ce terme désigne un paysage particulier façonné par l’homme depuis le Moyen-Âge, dans lequel les champs et prairies sont enclos de talus et de haies, qui protègent les terres de l’érosion et du vent. Le bocage normand, menacé dans la seconde moitié du XXe siècle par l’agriculture intensive, est aujourd’hui protégé car il abrite une richesse écologique rare. Quel plaisir de pédaler dans ses chemins creux, et de faire une pause au bord des nombreux cours d’eau qui traversent le territoire ! Il y a dans cette région de nombreuses boucles cyclables à parcourir et nul doute que nous reviendrons.

Chemins creux du Perche. Photo C. Noisel

Un peu avant Alençon, alors que nous quittons le Perche, nous décrochons de l’itinéraire de la Véloscénie : nous avons prévu de dormir à une dizaine de kilomètres au nord, dans un petit camping en bordure de la forêt d’Ecouves. Un vrai camping comme on les aime : des emplacements vastes, à l’herbe si grasse et confortable qu’on pourrait se passer de matelas !

Au camping d’Ecrouves

Pour découvrir la suite de notre séjour sur la Véloscénie, il faudra être patient jusqu’à lundi !

3 commentaires sur “De Paris au Mont-Saint-Michel, la Véloscénie (partie 1)

  • 16 juin 2017 à 17 h 38 min
    Lien Permanent

    C’est vrai que ce château bâché a bien des airs d’œuvres de Christo 😀

    Répondre
  • 16 juin 2017 à 21 h 51 min
    Lien Permanent

    Merci pour ce récit qui donne envie de partir en vacances sur les route de France. J’attends la suite avec impatience !

    Répondre
  • 7 juillet 2017 à 11 h 35 min
    Lien Permanent

    Voilà qui donne envie ! On sera sur cet itinéraire à partir du 23 juillet au cours de notre randonnée « Colmar Paimpol », vive le vélo !

    Répondre

Laisser un commentaire