Bilan 2015

2015 s’achève, l’heure des bilans. Histoire de bien commencer l’année suivante. A vrai dire, des bilans, j’en fais deux fois par an, car pour moi, il y a deux changements d’années par an. Deux calendriers qui se superposent, celui de l’année civile et celui de l’année scolaire. Je n’y peux rien, l’année universitaire, j’y reste collée, même si j’ai achevé mon cursus scolaire.

Street-Art dans les rues de Rouen

Street-Art dans les rues de Rouen

2015, quelles productions numériques ?

Sur Orion en aéroplane

En un an, j’ai publié cinquante-six nouveaux articles sur le blog Orion en aéroplane. C’est un peu plus qu’en 2014 (cinquante) mais un peu moins que l’objectif que je m’étais fixé, à savoir 65. Je suis quand même fière d’avoir assuré une moyenne d’un par semaine. La fin d’année a été marquée par un gros ralentissement, dû au climat national : si j’ai finalement beaucoup écrit durant cette période, je n’avais pas à coeur à mettre à jour le blog.

Pour 2016 mon objectif est de publier 53 articles sur des sujets de fond ou des expositions, plus 53 chroniques hebdomadaires. Gros défi qu’il est peu probable que je oienne !

En 2015, le blog a comptabilisé 196 000 pages vues, soit une moyenne de 16 300 par mois. C’est mieux qu’en 2014, où le compteur affichait 165 000 pages vues.

Il y a eu de nombreux chamboulements dans la fréquentation du blog, dus notamment au changement d’adresse, à l’occasion duquel j’ai perdu les deux tiers de mes abonnés par mail (300 en 2014). En cette fin d’année, nous atteignons péniblement les 200 abonnés par mail. Sur les réseaux sociaux en revanche, le rythme s’est accéléré, avec plus de 2300 abonnés sur Facebook et 2800 sur Twitter.

Parmi les 55 articles publiés en 2015, les plus lus ont été :

Photographie coupole Caire Girault Prangey

Girault de Prangey, Kaire, S. Kérabat, Coupole, daguérreotype, 1843, Gallica/BnF

Mais en vérité, en tête des statistiques quotidiennes, caracolent surtout d’anciens billets, dont l’attraction ne s’est jamais périmée et que les moteurs de recherche référencent bien :

En fait, en dressant cette liste, je me rends compte que ces statistiques sont totalement faussées : plus un billet est ancien, mieux il est référencé : il faudrait donc plutôt que j’établisse les statistiques des billets ayant fait le meilleur démarrage durant l’année écoulée, mais ce serait trop long !

Je signale néanmoins quelques uns de mes billets préférés de 2015 qui ne sont pas ressorti dans ce top 10 :

2015 a été marqué par deux gros changements sur le blog : le premier est le changement d’URL et le passage de la plateforme wordpress.com à un site autohébergé. Un gros chantier auquel je réfléchissais depuis des mois et qu’il a été difficile de mener à bien (je remercie au passage mes amis pour leur patience et leur aide dans ce déménagement moins évident qu’il n’y paraît). J’avais à ce moment là beaucoup repris le référencement et corrigé de nombreux billets. Je devrais reprendre ce chantier prochainement. Un de mes projets 2016 est de doter Orion en aéroplane d’une belle page d’accueil et d’enrichir la navigation. J’ai fais de notables progrès en informatique et ce qui me semblait impossible il y a un an apparaît aujourd’hui à ma portée.

L’autre changement majeur a été l’évolution de ma ligne éditoriale : enfin, je m’autorise à parler clairement à la première personne et à dire, à travers ces billets, mes impressions. C’est un changement notable dans ma pratique du blogging : j’ai eu bien des difficultés à franchir le cap (je m’épanche à ce sujet dans d’autres billets) et j’en suis aujourd’hui ravie. Il y a beaucoup plus d’échanges avec vous, lecteurs, et le blog prend une dimension nouvelle que j’apprécie beaucoup.

Tumblr, YouTube, mes autres espaces numériques

Si j’ai écrit sur Orion en aéroplane, j’ai aussi écrit ailleurs. Sur Isidore et Ganesh, mon carnet de recherche consacré au numérique et à la méthodologie en histoire de l’art, j’ai publié sept billets, beaucoup moins que prévu : une dizaine de textes sont restés à l’état de brouillon ces six derniers mois. Parmi ces sept publications, je citerai surtout deux billets qui peuvent être utiles à beaucoup, à savoir une initiation au logiciel de gestion bibliographique Zotero et un billet intitulé « la cartographie numérique pour débutant ». Je mentionnerai enfin mon billet sur l’exposition des brouillons de Roland Barthes, qui aurait tout aussi bien pu figurer sur Orion en aéroplane !

La cartographie, c'est facile !

La cartographie, c’est facile !

A regret, j’ai abandonné mon tumblr Palimpseste et Sérendipité, sur lequel je publiais autrefois mes photographies quotidiennes. Le retard s’étant accumulé, je me suis découragée. Une bonne résolution 2016, le reprendre ?

Si j’ai abandonné mon tumblr, j’ai ouvert une chaîne YouTube, encouragée par François Bon. Le média vidéo a été la découverte la plus enthousiasmante de l’année 2015. J’en rêvais depuis de longues années, mais cela me semblait inaccessible techniquement. J’ai découvert que c’était finalement assez facile, mais que cela était très chronophage. Pour l’instant, seules deux vidéos sont en ligne, trois autres sont encore dans mon ordinateur. J’espère reprendre en 2016, mais il faut d’abord que j’achète un micro : le son de mon petit appareil photo est vraiment trop mauvais !

Editions numériques

En 2015, j’ai nourri trois gros projets d’édition numérique, dont aucun n’est encore abouti. Le premier est Pissarro à Rouen, une tentative de cartographie des oeuvres rouennaises de Camille Pissarro, qui me touchent beaucoup car il me donne à voir une ville qui à la fois disparue et à la fois mienne. D’une simple géolocalisation des tableaux, le projet a grossi au point de devenir un site complet, entièrement codé à la main durant l’été. Il repose sur une base de donnée MySQL, interrogée en PHP. La cartographie repose sur la librairie Javascript Leaflet. Je dévoilerai l’intégralité de ce projet au printemps 2016 : ayant échoué à obtenir une subvention, je n’ai pu faire appel à un graphiste et je dois développer toute l’identité graphique moi-même, ce qui est hors de mes compétences actuelles. Il me reste également à écrire une partie des textes de médiation, ce qui demande également du temps.

L'une des nombreuses vues de Rouen par Pissarro

L’une des nombreuses vues de Rouen par Pissarro

Ce projet Pissarro à Rouen, a été douloureux mais très instructif : grâce au soutien de mon ami, Christophe, qui m’a accompagné dans les développements, j’ai appris de nombreuses choses. C’est à la suite du projet que j’ai pu écrire mon tutoriel « Cartographie pour débutant ».

Rouen en 1888, mon autre grand projet d’édition numérique, dont j’avais parlé en février sur Isidore et Ganesh est totalement à l’arrêt, faute de temps. En janvier dernier, je numérisais grâce au BookScanner le texte “Rouen Bizarre” d’Amedée Fraigneau. L’océrisation a été réalisée par Benjamin Sonntag, et la correction a été effectuée sur Wikisource par la communauté des bénévoles que je remercie vivement. J’espère trouver cette année du temps pour faire aboutir ce projet, sinon ce sera pour 2017.

Numérisation du texte d'Amédée Fraigneau

Numérisation du texte d’Amédée Fraigneau

Le dernier de mes projets en date est l’édition de la correspondance de mon arrière-arrière-grand-père, poilu mort sur le front. Il s’agit en fait de la reprise d’une idée formulée en 2013, au moment où j’apprenais à l’École des Chartes la TEI (un format d’encodage de texte). Après deux mois de travail, ce projet est bien avancé, j’espère publier les résultat en octobre 2016 pour le centenaire de son décès. J’en reparlerai en temps voulu.

Au hasard du net, une carte postale des ruines de Combles, dans la Somme. Mon ancêtre y est décédé le 4 octobre 1916

Au hasard du net, une carte postale des ruines de Combles, dans la Somme. Mon ancêtre y est décédé le 4 octobre 1916

Une nouvelle passion : la généalogie

Ce qui nous amène à parler de la généalogie, ma nouvelle passion : je suis tombée dedans comme on tombe dans un piège. Pour le travail, je dois développer avec une collègue un tutoriel interactif d’initiation à la recherche en généalogie. Il me semblait indispensable, avant de commencer ce projet, de me confronter à la réalité que rencontre un amateur qui débute. Je n’étais pas plus intéressée que ça à créer mon arbre, mais je me suis complètement prise au jeu : trouver un acte appelle à en chercher un autre, et cela devient vite une addiction. En moins de deux mois, j’ai enrichi mon arbre généalogique de plus de 250 personnes, remontant pour plusieurs branches jusqu’à la Révolution Française, soit 9 générations avant moi. Il est probable qu’une de mes activités 2016 soit la généalogie…

L'émotion de rencontrer ses ancêtres !

L’émotion de rencontrer ses ancêtres !

Publications en ligne et papier

Outre mes espaces d’expression numériques, le présent blog et quelques autres, j’ai publié ailleurs. Au printemps 2015, je faisais partie de l’équipe qui a mis en place « Sous les coupoles », le blog de la bibliothèque de l’Institut national d’Histoire de l’Art. Je suis très fière du projet que nous avons mené : d’une part parce que je trouve le site très beau, d’autre part parce qu’il est un véritable organe de communication pour cette bibliothèque de recherche qui recèle de nombreux trésors méconnus du public. Durant ma mission auprès de l’INHA, j’ai publié 8 billets, que vous pouvez retrouver ici. Je tiens particulièrement à signaler mon article sur la collection Maciet aux Arts décoratifs, ainsi que celui sur les matrices de Manet, deux sujets que j’aurais tout aussi bien pu traiter sur Orion en aéroplane. J’ai aussi eu la chance de visiter le chantier de restauration de la salle Labrouste, auquel j’ai consacré deux billets.

Vue de la salle Labrouste en janvier 2015

Vue de la salle Labrouste en janvier 2015

En 2015, pour la première fois, j’ai aussi publié sur du papier : j’ai signé quelques comptes-rendus d’expositions et de salons dans Les Nouvelles de l’Estampe et Actuel. J’espère poursuivre l’an prochain, car c’est une expérience enrichissante.

Une de mes fiertés cette année aura été de signer un article dans le Huffington Post à l’occasion des journées du patrimoine. Gallica était Rédacteur en chef d’un jour et m’a invitée à poursuivre ma série des avant/après : vous pouvez en retrouver le résultat ici.

Hotel de ville de Paris Commune

L’hôtel de Ville de Paris en 2015 et en 1871.

Ma dernière belle expérience, et de loin la plus importante, c’est une mission auprès du Centre des Monuments nationaux, durant laquelle j’ai participé à l’écriture des textes pour les sites internet du château d’Azay-le-Rideau et de la Villa Cavrois. Deux monuments que j’ai découverts dans toute leur richesse, et dont je vous ai aussi parlé sur le blog.

Enfin, j’ai clôturé l’année par une contribution au calendrier de l’avent du domaine public : Robert Mallet-Stevens et René Lalique sont deux artistes dont les oeuvres rejoignent le domaine public ce 1er janvier 2016 !

Vie culturelle et voyages

Faire l’inventaire des livres lus, expositions vues et autres biens culturels consommés serait trop long et indigeste. Le présent blog se veut le reflet de mes découvertes, mais comme je ne cesse de le déplorer, le manque de temps et d’assiduité me nuit : je ne parviens pas à rendre compte d’autant de choses que je le souhaiterais.

Si je feuillette le catalogue de mes souvenirs, que me revient-il en mémoire ? Les voyages de 2015, tout d’abord. J’ai passé dix jours merveilleux en Andalousie, je regrette encore de ne pas m’en être fait l’écho sur le blog, alors que Cordoue, Séville et surtout Grenade m’ont tant séduites. Durant ce séjour, j’ai aussi fait un saut à Madrid, mais la ville ne m’a pas beaucoup plu : seuls les musées m’y ont régalée.

Presque seule à l'Alcazar de Séville

Presque seule à l’Alcazar de Séville !

Durant l’été, j’ai profité des belles provinces françaises : quelques jours dans le Saumurois, l’occasion de retourner au château d’Oiron, qui abrite une extraordinaire collection d’art contemporain. Durant ce séjour, j’ai revu l’hélice terrestre, une oeuvre de land art et un de mes plus beaux souvenirs d’adolescence. A Saumur et Fontevrault, j’ai admiré l’oeuvre de Julien Salaud, dont j’aurais du parler sur le blog…

La salle alvéolaire, le clou de l'hélice terrestre

La salle alvéolaire, le clou de l’hélice terrestre

Cet été, je suis aussi descendue dans le sud. Une semaine à Toulouse, dont j’ai largement parlé sur le blog, ponctuée d’une escapade à Albi et d’une autre à Carcassonne, sur lesquelles je n’ai rien écrit, bien qu’elles m’aient plu. Enfin, je me suis baignée pour la première fois dans la Méditerranée à l’occasion d’une semaine à Martigues. Ces quelques jours étant consacrés au repos et à la famille, je n’ai guère visité : une journée à Marseille, le temps d’être ravie par le musée d’histoire de la ville, le meilleur du genre qu’il m’ait été donné de me voir en France et d’être déçue par le MUCEM. À Martigues, j’ai pu visiter le musée Ziem, un artiste que je portais déjà dans mon coeur et auquel j’ai consacré un billet.

Hôtel d'Assezat, milieu XVIe siècle, Toulouse. Il abrite aujourd'hui le musée de la fondation Bamberg.

Hôtel d’Assezat, milieu XVIe siècle, Toulouse. Il abrite aujourd’hui le musée de la fondation Bamberg.

J’ai, comme à mon habitude, passé plusieurs week-end à Rouen, la ville de mon enfance, fait mon traditionnel pèlerinage au Havre (dont j’ai parlé ici : Visitez le Havre) et passé quelques jours au Touquet, avec une étape à Abbeville.

Immeubles sur le front de mer, Perret

Immeubles sur le front de mer, Perret

La cerise sur le gâteau de mes escapades a été une journée à Pierrefonds, à l’occasion d’un voyage de presse organisé par le Centre des Monuments nationaux : enfin, je voyais ce château qui m’avait tant fait rêver !

Le château de Pierrefonds, vu depuis la ville

Le château de Pierrefonds, vu depuis la ville

Et 2016 ?

Si sur le plan collectif, 2015 a été une sale année, marquée par le deuil et la peine, sur le plan personnel, ça a été une année réussie et enrichissante, comme en témoigne ce bilan, de loin un des plus enthousiastes que j’ai eus à rédiger depuis que je m’astreins à cet exercice. Que souhaiter pour 2016 ? Moins de peine et d’angoisse pour nous tous tout d’abord. Un climat plus « normal ». Sur le plan personnel, j’ai à relever le défi de poursuivre mes activités culturelles et bloguesques avec autant d’intensité, tout en travaillant à plein temps. Sur le plan professionnel, 2016 s’annonce plein de challenges ! Aussi, mes bonnes résolutions de la nouvelle année sont d’adopter un mode de vie plus sain, pour tenir la longueur, bannir la procrastination de mon existence, afin d’être satisfaite de moi même et voyager un peu plus. Ces derniers temps, j’étais peu encline à sortir le week-end, aussi ai-je décidé de programmer une escapade par mois dans une ville française et d’organiser régulièrement des sortie vélo + château pour enfin visiter comme il se doit l’Île-de-France. Ne reste plus qu’à les tenir !

4 commentaires sur “Bilan 2015

  • 1 janvier 2016 à 21 h 22 min
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    Excellent bilan pour l’année 2015! Très belle année toujours plus riche en histoire de l’art en 2016!
    Bises

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    • 4 janvier 2016 à 23 h 17 min
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      Merci Rouge velours ! C’est toujours un plaisir de te voir passer par ici. Je te souhaite également une belle année 2016, pleine de trouvailles et de partages 🙂

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  • 1 janvier 2016 à 21 h 37 min
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    Il aurait été dommage de ne pas publier cet article. Le travail fournit tout au long de l’année est incroyable, et vraiment varié. C’est ce qui fait la richesse de votre site et le rend passionnant !

    Pour l’identité graphique du projet Pissarro, avez-vous contacté une école de graphisme ? Un ami en avait contacté une, et la réponse avait été positive et le résultat vraiment intéressant (impossible de me souvenir s’il avait dû payer l’école, mais je peux me renseigner si besoin).

    Bravo et merci pour toutes ces découvertes, ces voyages en France et à l’étranger, dans le passé et le présent, qui nous font découvrir des perles du patrimoine tantôt des points de vues différents ou insolites. De véritables bouffées d’air frais et d’espoir.

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    • 4 janvier 2016 à 23 h 19 min
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      Merci beaucoup Maia pour votre commentaire qui me fait chaud au coeur. Mon éparpillement naturel m’a souvent été reproché dans ma scolarité. Je suis heureuse de l’avoir transformée en qualité et d’en avoir fait l’ADN de mon blog.

      Des blogueurs autour de moi ont fait appel à des écoles de graphisme pour des logo ou des refontes, il semble que ce soit une belle expérience. Pour Pissarro, je crains que les délais ne soient trop courts, mais pourquoi pas. Je suis preneuse de contacts et d’info !

      Belle année 2016 à vous !

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