Mes expositions de la rentrée

Septembre, la rentrée littéraire, le début de la saison culturelle… Sur les blogs et dans les journaux spécialisés, voici que fleurissent les sélections des « expositions de la rentrée ». Orion en aéroplane n’y coupe pas, voici la liste des événements que j’attends avec impatience pour la fin d’année 2013.

Graphisme contemporain et patrimoine(s)

Qui n’a jamais eu envie d’aller voir une exposition juste parce que l’affiche lui avait tapé dans l’œil, par sa poésie, son graphisme ou son audace ?

La BnF présente du 17 septembre au 17 novembre dans les allées du haut de jardin quelques travaux de graphistes contemporains réalisés ces dix dernières années pour des musées et institutions culturelles françaises.

graphisme-contemporain-et-patrimoine-s_xlL’occasion de (re)découvrir les affiches les plus innovantes, les livres les plus soignés, les sites internet les plus réussis, et de rappeler à quel point le choix d’un bon graphisme peut assurer la réussite d’une campagne de communication et mettre en valeur le patrimoine français.

L’exposition (gratuite) posera également la question de la sauvegarde de ces supports de communication, qui, à la fois éphémères et diffusés en masse, ont eux aussi une charge artistique et patrimoniale qu’il convient de conserver.

Graphisme contemporain et patrimoine(s), du 17 septembre 2013 au 17 novembre 2013, BnF (site Tolbiac)

Désirs et volupté à l’époque victorienne

Si les expositions du Musée Jacquemart-André s’avèrent parfois décevantes, il me faut signaler la présentation de Désirs et volupté à l’époque Victorienne. A travers les œuvres de la collection de Pérez Simon, le public parisien sera invité à découvrir des artistes rarement exposés en France : Edward Burne-Jones, Sir Frederic Leighton, John Everett Millais, Dante Gabriel Rossetti et tant d’autres maîtres de la peinture anglaise de la seconde moitié du siècle. Si vous avez aimé Beauté, morale et volupté dans l’Angleterre d’Oscar Wilde (Musée d’Orsay, automne 2011), vous braverez probablement la foule malheureusement constante à Jacquermart-André pour admirer ces beautés évanescentes aux cheveux roux.

Alma-Tadema, Les roses d'Héliogabale, 1888

Alma-Tadema, Les roses d’Héliogabale, 1888

Désirs et volupté à l’époque Victorienne, du 13 septembre 2013 au 20 janvier 2014, Musée Jacquemart-André

Hieronymus Cock La gravure à la Renaissance

Malgré les difficultés financières qu’on lui connait, l’Institut Néerlandais (7e arrondissement) poursuit sa programmation d’expositions de très grande qualité. Hieronymus Cock et la gravure à la Renaissance sera assurément de celles-là. A travers une sélection de 150 gravures, l’exposition montrera l’exceptionnelle importance de cet éditeur dans la diffusion des idées et de l’art de la Renaissance. Le rôle de Hieronymus Cock a été à ce titre double: il a, par les estampes qu’il publiait et vendait, permis la diffusion d’une part des formes de la Renaissance italienne dans le Nord de l’Europe et d’autre part des créations des artistes néerlandais vers toutes l’Europe et notamment vers l’Italie. On admirera entre autres des estampes d’après Bosch et Bruegel l’ancien qui comptent parmi les fleurons du Rijksmuseum, de la Bibliothèque royale de Belgique et de la Fondation Custodia.

Hieronymus Cock La gravure à la Renaissance,Affiche hieronymus cock du 18 septembre au 15 décembre 2013, Institut Néerlandais

Masculin / masculin

Il faut l’avouer, le musée d’Orsay, c’est beaucoup de femmes à poil. Certaines sont une « sorte de pâte d’amande blanche et rose » , d’autres d’un réalisme cru, comme L’origine du monde de Courbet. En regard de ce harem dénudé, de cette profusion de seins, de cuisses moelleuses, de ventres, peu de pectoraux gonflés, de pénis offerts à la vue… Pourtant, l’étude de l’anatomie masculine formait le cœur de l’enseignement artistique classique.

Pour une fois, donc, on ne se déplacera pas à Orsay pour admirer de lascives femmes nues mais pour voir des hommes déshabillés. L’exposition Masculin/masculin, qui fait suite à Näckte Männer présenté à l’automne-hiver dernier au musée Léopold de Vienne, entend explorer le thème de l’homme nu dans l’art aux XIXe et XXe siècles.

masculin_masculin_affiche_500L’occasion de (re)lire Linda Nöcklin et son célèbre article « pourquoi n’y a-t-il jamais eu de grand artiste femme ? » ?

Masculin/masculin, du 24 septembre 2013 au 2 janvier 2014, Musée d’Orsay

Félix Vallotton, le feu sous la glace

L’exposition que j’attends avec le plus d’impatience est certainement Félix Vallotton, le feu sous la glace, qui sera présentée du 2 octobre 2013 au 20 janvier 2014 au Grand Palais. Les habitués de ce blog savent qu’il s’agit de l’un de mes artistes préférés : deux de ses gravures marquent d’ailleurs l’identité visuelle d’Orion en aéroplane puisque j’utilise sa vue du Jungfrau comme bannière et sa célèbre Paresse comme avatar sur les réseaux sociaux.

Vallotton, Le joyeux quartier latin, 1895, gravure sur bois, BnF/Gallica

Vallotton, Le joyeux quartier latin, 1895, gravure sur bois, BnF/Gallica

Originaire de Lausanne, Félix Vallotton (1865-1925), le « nabi étranger », est un acteur marquant du renouveau de la xylographie à la fin du XIXe siècle. Entre 1891 et 1915, il grave quelques 200 bois, essentiellement des paysages, des portraits et des scènes de la vie moderne. Son style, reconnaissable entre tous, est très novateur : il oppose avec équilibre et subtilité de grands aplats de noir et de blanc, traduisant avec brio la quiétude d’un paysage ou la tension d’une crise de couple. Son style dynamique et synthétique marque aujourd’hui encore certains courants des arts graphiques.

Vallotton, la charge, 1893, gravure sur bois, BnF/Gallica

Vallotton, la charge, 1893, gravure sur bois, BnF/Gallica

La rétrospective du Grand Palais mettra l’accent sur sa peinture, moins connue du grand public – et certes moins novatrice que ses estampes. Les amateurs de gravure ne seront cependant pas en reste au vu du grand nombre de prêts accordés par le département des Estampes et de la photographie de la BnF.

Félix Vallotton, le feu sous la glace, du 2 octobre 2013 au 20 janvier 2014, Grand Palais.

1925, quand l’art déco séduit le monde

Alors que les années 20 sont très à la mode (le succès du film Gasby le magnifique ou de la rénovation du Louxor en témoignent), la Cité de l’architecture présente à partir du 16 octobre une grande rétrospective consacrée au courant de l’art déco. Chronologique et transdisciplinaire, le parcours sera construit autour de l’Exposition internationale des Arts Décoratifs et Industriels qui s’est tenue en 1925 à Paris et qui marqué l’apogée de ce style.

Henri Sauvage,  Pavillon Primavera, 1925

Henri Sauvage, Pavillon Primavera, 1925

Une exposition immanquable aux nostalgiques du paquebots le Normandie, aux fanas de Joséphine Baker et aux amoureux des matériaux précieux !

1925, quand l’art déco séduit le monde, du 16 octobre 2013 au 17 février 2014, Cité de l’architecture et du patrimoine

Les origines de l’estampe en Europe du Nord

A partir du 17 octobre, les salles des arts graphiques du musée du Louvre accueilleront quelques unes des plus précieuses pièces de la réserve du département des Estampes de la Bibliothèque Nationale et de la collection Edmond de Rothschild. Et pour cause, ce sont les plus anciennes estampes que ces deux collections conservent qui seront exposées !

Saint Florian éteignant un incendie, gravure sur bois coloriée, BnF

Saint Florian éteignant un incendie, gravure sur bois coloriée, BnF

L’exposition du Louvre explore la question extrêmement complexe de l’apparition de l’estampe en Europe autour de 1400, dont on sait qu’elle a bouleversé la circulation des idées et des images, cinquante ans avant « l’invention » de l’imprimerie par Gutenberg.

La paternité de la gravure a été disputée vivement tout au long du XIXe et au début du XXe siècle par la France et l’Allemagne. Aujourd’hui, il est admis que les régions germaniques ont été le foyer principal de diffusion de l’estampe. Au-delà de ce débat, l’exposition mettra en lumière les mécanismes de l’apparition de la gravure, les acteurs et les modalités de la production d’images imprimées, les usages des estampes et ses rapports avec les autres arts entre 1400 et 1475.

Le clou de cette exposition sera la présentation du Bois Protat, le plus ancien bois gravé conservé, entré dans les collections de la BnF par dation en 2001.

Bois Protat, bois gravé, vers 1400, BnF

Bois Protat, bois gravé, vers 1400, BnF

Les origines de l’estampe en Europe du Nord, du 17 octobre 2013 au 13 janvier 2014, Musée du Louvre

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