Garbage Beauty

Ne parlez pas dans mon dos, Garbage Beauty, 2012

Le 1er juillet, alors que tout le Canada célèbre la fête nationale, Montréal déménage. Car ici, on fête le Québec le 24 juin. Le 1er juillet, c’est tout au plus un jour chômé pratique pour déménager: à cette date, tout le monde à la tête dans les cartons; sur la chaussée, c’est le ballet des camions, et sur le trottoir s’amoncellent les meubles et vieux objets dont on ne veut plus. J’étais partie en vadrouille avec l’idée qu’une telle journée pouvait être un excellent sujet photo. Chemin faisant, j’ai croisé, sur le Plateau-Mont-Royal, de bien étranges inscriptions sur quelques vieux meubles abandonnés. Amusée de ces phrases bien tournées, j’ai suivi à la trace ces malicieux poètes urbains, mais j’ai bien vite perdu la piste quelque part sur la rue Fabre….

Mourir démembré, je ne le souhaite à personne, Garbage Beauty, 2012

… Pour la retrouver deux mois plus tard, à deux blocs de chez moi, à Fresh Paint Gallery. Derrière les inscriptions qui avait tant piqué ma curiosité se cache « Garbage  Beauty ».

Installation Garbage Beauty à Fresh Paint Gallery, 2012

Garbage Beauty, c’est un groupe de quatre jeunes montréalais (dont un français). Le soir, la veille des poubelles, ils sillonnent le Plateau, Hochelaga-Maisonneuve ou la Petite Patrie, inscrivant au fil des découvertes parmi les déchets des phrases élégamment calligraphiées. Leur démarche s’inspire de celle d’un groupe bulgare, les Trash Lovers, qui, depuis quelques années, graffent eux aussi les poubelles, dans le but de rendre le quotidien des éboueurs plus joyeux et des travaux de quelques calligraphes contemporains tels Luca Barcellona.

Ils tracent sur nos objets abandonnés des phrases qui nous invitent à réfléchir sur notre société de consommation. Mais tout ça sans jugement, toujours avec poésie et humour. Ils révèlent l’âme du meuble, en lui donnant « une dernière parole », en essayant de raconter son vécu avant la rue.

« c’est des oeuvres éphémères. Donc, ce qu’on fait, même des fois on est pas satisfaits mais c’est éphémère donc ça disparaît, ça part. C’est comme une ardoise, ça s’efface. »

La vie c’est mieux que les images, Garbage Beauty, 2012 (photo prise sur le site web du groupe)

Pour en savoir plus: le journal montréalais Le Devoir a publié le 3 août 2012 un article assez fouillé sur le groupe Garbage Beauty (Emilie Folie-Boivin, « Des Hommes et des lettres« ). On trouve également sur vimeo un reportage de cinq minutes sur le groupe. 

[vimeo http://vimeo.com/47259293]

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