Surprise ! Une vente de Noël de mes linogravures :)

Nous sommes déjà le 15 décembre et j’ai bien peu publié sur le blog ce mois-ci. Pour une fin d’année où je pensais vous abreuver de nouveaux billets, c’est un semi-échec. Un peu trop de travail et d’urgences à traiter avant les vacances, ce qui m’a obligé à même abandonner mon calendrier de l’avent pourtant préparé avec amour… Heureusement, même dans ces périodes un peu intenses, il y a des bonnes nouvelles. 

Quelques linogravures proposées lors de la vente.

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Supplément à Orion : autour d’Hubert Robert

Chaque billet que je rédige fait naître en moi quinze idées de nouveaux billets. Telle lecture me fait découvrir tel oeuvre, tel nom me rappelle que je me suis promis de parler de cet artiste, un jour, sur le blog. Plutôt que de garder pour moi ma frustration, j’ai décidé d’adjoindre, régulièrement, aux billets d’Orion en aéroplane un Supplément, histoire de partager avec vous ces envies.

Hubert Robert, Le jardin du musée des Monuments français, 1803, huile sur toile, Paris, Musée Carnavalet. Détail

Le mois dernier, j’ai publié un billet sur l’exposition Hubert Robert et la fabrique des jardins. Il y a plusieurs années que je me promettais de parler sur le blog de cet artiste, qui compte parmi mes favoris. Mais comme pour tous mes sujets préférés, j’ai trop de choses à raconter, trop peur de mal m’y prendre, de ne pas réussir à faire à la fois complet et bref… L’exposition, dont mon amie Sarah Catala, est une des commissaires me donne donc l’occasion de parler de cet artiste sous un angle particulier, celui de « créateur » de jardins, avec tout ce que ce terme a d’ambiguïté, car il n’est ni architecte, ni jardinier, ni même entrepreneur. C’est un peintre de paysage, un dessinateur, un professeur de dessin : enfin tout ceci, vous l’apprendrez en lisant mon billet. Lire la suite de cet article »

Jean-François Millet, peintre (des) paysan(s) ?

S’il l’on demande à quelques personnes de donner les noms des artistes du XIXe siècle les plus importants, probablement qu’aucun d’eux ne citera Jean-François Millet. Pourtant, ce peintre est l’auteur d’une des œuvres les plus célèbres de son temps, L’Angélus. Un tableau si connu, si reproduit que l’on a fini par en oublier l’auteur, écrasé par l’icône.

C’est le peintre que le Musée des Beaux-Arts de Lille entend faire redécouvrir au grand public avec la rétrospective « Jean-François Millet » (13 octobre 2017 — 22 janvier 2018).

Jean-François Millet, Le bain de la Gardeuse d’Oie, 1863, Huile sur toile, Baltimore, The Waiters Art Museum.

Assez logiquement, l’exposition s’ouvre avec une évocation de l’extraordinaire postérité de L’Angélus, mille fois reproduit. Mais si, souvenez-vous, vous l’avez probablement déjà croisé ornant une boîte métallique à gâteaux chez vos grands-parents ou une poussiéreuse babiole à la brocante… Un couple de paysans, penchés dans un paysage désolé. Je l’avoue, j’ai toujours trouvé cette œuvre un peu sinistre et je me suis souvent demandé : pourquoi ? Pourquoi un tel engouement ? Est-ce parce qu’elle évoque l’image éternelle d’une France rurale et pieuse ? Lire la suite de cet article »

Les jardins pas si imaginaires d’Hubert Robert

Le oélèbre peintre de ruines Hubert Robert ne s’est pas contenté de représenter de poétiques jardins : il a aussi donné forme dans le réel aux paysages issus de son imaginaire. Hubert Robert, créateur de jardins, paysagiste avant l’heure, voici un pan méconnu de l’œuvre de cet artiste protéiforme… Méconnu, mais plus pour longtemps ! À La Roche-Guyon, une exposition (dont on devine qu’elle fera date) entend lever le voile sur le rôle d’Hubert Robert dans « la fabrique des jardins » des derniers feux du XVIIIe siècle.

Hubert Robert, Vue du parc de Méréville, 1791, huile sur toile, Collection particulière (détail)

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Les belles fleurs de Pierre-Joseph Redouté

Un parterre de fleurs, toutes plus belles les unes que les autres, voici ce que proposait le Musée de la Vie romantique tout l’été avec l’exposition Pierre-Joseph Redouté, le pouvoir des fleurs.

Pierre-Joseph Redouté, Tableau de fleurs, le fond représente un paysage, 1822, gouache sur vélin, Paris, Centre national des arts plastiques.

Pierre-Joseph Redouté (1759-1840) est un, sinon le plus, fameux peintre de fleurs de la fin du XVIIIe siècle et des premières décennies du XIXe siècle. Il s’est à la fois illustré par ses sérieuses planches botaniques — d’une exactitude remarquable, recherchées des scientifiques — et par ses exubérants bouquets peints, prisés des clientes les plus huppées, à commencer par l’Impératrice Joséphine. Mais Redouté, c’est aussi un extraordinaire fournisseur de modèles dont les dessins vont influencer la création pendant plusieurs décennies.

Scénographie de l’exposition au Musée de la Vie Romantique

L’exposition du Musée de la Vie Romantique s’attachait à traiter ces différents aspects, replaçant Redouté dans le contexte de son époque. L’artiste naît au milieu du XVIIIe siècle, dans les Ardennes Belges. Doué pour le dessin, il fait son apprentissage de peintre de fleurs en Flandres et en Hollande, une terre où s’est épanouie, depuis le XVIIe siècle, une belle tradition de tableaux de bouquets. Redouté s’inspire d’ailleurs directement de cette tradition quand il peint sa Vierge pastourelle, totalement dans l’esprit des Madones entourées de couronnes de fleurs, typiques de la production anversoise du siècle d’or. Lire la suite de cet article »

Trésors néerlandais : les collections d’Aix-la-Chapelle invitées au Musée des Beaux-Arts de Reims

Intriguée par les photographies postées sur Twitter par Maxence Hermant de l’exposition temporaire du Musée des Beaux-Arts de Reims, j’ai profité de mon séjour en Champagne pour aller la découvrir de mes propres yeux. En fait d’exposition, c’est plutôt un accrochage temporaire d’une douzaine d’œuvres issues des collections du Suermondt-Ludwig-Museum d’Aix-la-Chapelle. Pour fêter les cinquante ans de jumelage entre ces deux villes, leurs musées respectifs ont décidé d’échanger, le temps de quelques mois, une douzaine d’œuvres de leurs collections. Les Corot du MBA de Reims se sont offert un séjour en Allemagne, remplacés sur les cimaises par une sélection de belles pièces de la peinture néerlandaise du XVIIe siècle conservées à Aix-la-Chapelle.

Frans Snyders, La chouette appelant, autour de 1620, Huile sur bois, 64x 106 cm, Suemrondt-Ludwig Museum, Aix-la-Chapelle.

Dans le cadre de cette programmation anniversaire, le Suermont Ludwig Museum a donc choisi de montrer au public rémois un ensemble représentatif de ce qui forme le point fort de sa collection : la peinture néerlandaise du XVIIe siècle. La sélection est constituée de douze œuvres, des natures mortes, quelques scènes de chasse et une représentation de basse-cour.

L’accrochage est certes restreint, mais il brille par sa cohérence et la beauté des œuvres, qui occupent longuement le regard… il y en a des choses à voir ! Je regrette bien que la photo soit interdite dans cette exposition (quelle bêtise !), car j’aurais aimé vous montrer tous les détails qui ont retenu mon attention.

L’affiche de l’exposition « Regard sur… chefs-d’oeuvre néerlandais du Suermondt-Ludwig-Museum d’Aix-la-Chapelle » au Musée des Beaux-Arts de Reims

Je vais, avec l’aide du Petit Journal, fascicule gratuitement remis à tous les visiteurs (quelle bonne initiative !) et aux clichés, souvent médiocres, que l’on trouve sur internet, tenter de vous résumer ma visite. Lire la suite de cet article »

Nohant Vic, dans la demeure de George Sand

De notre séjour estival dans le Berry, auquel j’ai consacré un précédent article, le « gros morceau » était la visite de la Maison de George Sand à Nohant, que j’attendais de découvrir depuis longtemps… Promenade dans une demeure et un jardin où le temps s’est arrêté.

La maison de Nohant, avec, dans la toiture, l’ouverture des ateliers de peinture de Maurice Sand.

Le petit bourg de Nohant a gardé presque intact son charme d’antan, si on excepte la nationale qui balafre le paisible paysage. Autour de la minuscule église, la placette est préservée du vrombissement des moteurs : le sol n’est même pas goudronné ! La pierre est blonde et derrière un mur s’élève la silhouette d’une grosse maison de la fin du XVIIIe siècle, marquée du souvenir de tant de noms illustres.

Le Salon de Nohant, où George Sand recevait ses amis

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Grégoire Ichou ou l’art comme vous ne l’avez jamais entendu

J’ai eu l’immense chance de découvrir l’exposition « Rubens, portraits princiers » dans des conditions toutes particulières, guidée par Grégoire Ichou, un conférencier… qui est aussi chanteur lyrique !

Grégoire Ichou devant l’autoportrait de Rubens au Musée du Luxembourg. Photographie par Antoine Vitek (Culturez-vous)

Ce guide très singulier (« ténor conférencier ») propose aux visiteurs une formule toute originale : connecter les œuvres exposées (ici des peintures) avec des morceaux musicaux. Et là où ça devient génial, c’est que plutôt que de nous faire écouter des enregistrements, Grégoire Ichou interprète lui-même chaque extrait. Une performance époustouflante !

Rencontre avec un guide conférencier vraiment pas comme les autres. Lire la suite de cet article »

Ma contribution à WikiLovesMonuments 2017

J’imagine que vous faites comme moi : vous cherchez des infos sur un château, des peintures d’un artiste ; Google vous amène à Wikipédia et Wikipédia vous amène à Wikicommons, cette immense photothèque mondiale et libre de droits. Parfois vous trouvez votre bonheur, d’autres fois non.

Galerie des chevaux du château d’Oiron. Photo personnelle (Peccadille) déposée en CC BY-SA sur Wikicommons

Wikicommons, j’en use et j’en abuse. Je suis, depuis longtemps, une grande utilisatrice de Wikipédia, un projet dont j’admire la force et l’architecture. Je me disais, depuis longtemps aussi, qu’il fallait que j’y contribue, notamment sur le volet « images ». Dix ans à évoluer dans le milieu de l’histoire de l’art, ça fait un beau stock de photos qui dort sur un disque dur. Cinq ans de blogging culturel aussi : un beau gisement de clichés de monuments difficilement accessibles hors Journées du Patrimoine…

Dommage de garder tout ça pour moi, d’autant que j’estime qu’il me faut rendre au Web un peu de tout ce qu’il m’a donné. Avoir un blog. Contribuer à des projets Wikimédia. Lire la suite de cet article »

Un an (et demi!) de linogravure, un bilan

Voilà un peu plus d’un an que je pratique régulièrement la linogravure et je voulais prendre le temps de rédiger un petit bilan d’étape — noter mes progrès, mes projets, partager mes découvertes (je reçois de plus en plus de mails à propos de matériel), relayer les conseils que des gens plus expérimentés m’ont offerts. Bref, de mesurer le chemin parcouru depuis la parution de mon billet « mes débuts en linogravure« . Je voulais initialement le faire pour les six mois, mais mille autres choses sont venues s’accumuler. Alors, je le confesse : l’article a été écrit pour les un an, mais le temps que je publie, il s’est écoulé encore six mois supplémentaires.

Johanna Daniel Linogravure

Mon plaisir de l’été ? Faire de la linogravure sur mon mini balcon parisien

La linogravure, ma meilleure recette contre l’anxiété !

Il faut reconnaître que ces six derniers mois, j’ai un peu moins pratiqué que les six précédents, trop accaparée par le rythme universitaire, par la création de mon entreprise, puis par la frénésie estivale des voyages. Depuis la désormais célèbre « bite ailée » (mon best-seller), conçue pour la Saint-Valentin, je n’ai mené à bien presque aucun projet, mais je ne désespère pas.

Si les gouges et les crayons doivent trop souvent rester rangés (selon la définition toute relative que j’ai de ce mot), je les retrouve toujours avec plaisir, le temps d’une soirée ou d’un week-end. Graver reste ma meilleure recette de relaxation : concentrée sur la plaque, j’oublie tous mes soucis. Dois-je maintenant avouer qu’il y a un an (et demi), quand je me suis mise sérieusement à la linogravure, c’était pour occuper les journées trop longues d’un arrêt maladie et que cette activité minutieuse s’est révélé le meilleur expédient à mon anxiété ? Lire la suite de cet article »

Tous les secrets du verre au Moyen Âge

Si, comme moi, la vue d’une fiole colorée ou d’un fin verre antique brisé vous émeut au plus haut point (quel miracle d’avoir traversé les siècles !), l’actuelle exposition du Musée de Cluny est à ne manquer sous aucun prétexte. Une proposition réussie qui vous fera voir l’art du verre au Moyen Âge d’un œil nouveau : l’accrochage est digeste et diversifié et l’exposition vous réserve quelques insolites surprises !

Gobelets à cabochons provenant d’un palais italien, fin XIVe siècle, Tarquinia, musée archéologique national.

>>> Cette exposition est sélectionnée parmi mes 6 immanquables de la rentrée <<<

Vaste sujet que l’art du verre au Moyen Âge ! La commissaire Sophie Lagabrielle a retenu trois aspects, qui forment les trois chapitres du parcours : le verre d’architecture (entendez vitraux et vitrages); le verre creux (entendez les récipients) et enfin le verre précieux et de précision (objets d’art et optique).

Vase-reliquaire de Saint Savin, France, XIe siècle, Musée de Poitiers

L’exposition se déploie — comme à l’habitude au musée de Cluny — dans les espaces des anciens thermes gallo-romains. Réjouissons-nous tout d’abord de constater que le musée a pris en compte les critiques formulées par le public lors des précédentes manifestations : l’espace est bien plus intelligemment investi et la lisibilité des textes a significativement été améliorée !

Scénographie de l’exposition « Verre, un Moyen Âge inventif »

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Sélection personnelle des expositions à ne pas rater cet automne !

Fin septembre, début octobre : les vernissages et les visites presse se succèdent. Les expositions de l’été ferment leurs portes, celles de l’automne ouvrent les leurs…
Quant à moi, faute de pouvoir suivre ce rythme effréné des inaugurations, je mets à jour ma liste des expositions à voir. Voici ce que j’ai sélectionné pour cet automne (à Paris uniquement). N’hésitez pas à utiliser les commentaires pour partager vos propres coups de cœur !

Rubens, portraits princiers

Des peintres flamands du XVIIe siècle, je préfère Jordaens et Van Dyck à Rubens. Surtout quand il s’agit de peinture d’Histoire — religieuse ou mythologique. Adolescente, je détestais les grands tableaux de Rubens du Musée des Beaux-Arts de Rouen : la touche, les couleurs (ces joues trop rouges !), tout me déplaisait… Mais ça, c’était avant. Avant de découvrir les splendides portraits de Rubens : la présence des modèles, le faste des costumes, les subtiles textures des soies… Je l’avoue, de Rubens portraitiste, ce que je préfère, ce sont les vêtements : son talent pour rendre les effets de la lumière sur le tissu, sa minutie à transcrire le moindre détail d’une précieuse dentelle…


Et de beaux vêtements, il va y en avoir à l’exposition du Musée du Luxembourg, puisque l’accrochage est consacré aux portraits princiers !
Au delà de mon goût pour le costume peint, j’attends de cette exposition qu’elle porte un discours riche sur la société de cour du XVIIe siècle et sur les échanges entre les différents royaumes d’Europe à cette période. Car Rubens ne s’est pas contenté d’être un peintre : d’Anvers à Paris, de l’Espagne à l’Angleterre, l’artiste a aussi eu un rôle de diplomate auprès des grands de ce monde !

Rubens, Portraits princiers, musée du Luxembourg, du 4 octobre 2017 au 14 janvier 2018. 

André Derain, une décennie radicale

Peintre fauve puis cubiste, André Derain est une figure importante — mais trop méconnue — des avant-gardes françaises du début du XXe siècle. Le Centre Pompidou entend porter un nouveau regard sur une période particulière de l’œuvre de l’artiste, celle de la décennie 1904-1914 durant laquelle le peintre embrasse les courants les plus radicaux avant de tracer sa propre voie singulière, dite « byzantine ».

Affiche de l’exposition André Derain au Centre Pompidou

J’aime beaucoup le visuel choisi par le Centre Pompidou pour l’affiche de l’exposition : un détail de la danse (1906). La stylisation des traits, le graphisme du drapé témoignent d’un regard de l’artiste sur l’héritage de l’art roman. Les sources d’inspiration de Derain (l’art médiéval, l’imagerie d’Épinal, les arts dits « primitifs ») seront abondamment évoquées dans cette exposition, comme l’annonce le dossier de presse. Voilà une autre raison de m’y déplacer en plus de mon goût pour les belles couleurs des vues de Londres par Derain et de mon intérêt pour l’estampe (car l’artiste a aussi été un inventif xylographe).

André Derain, Big Ben, 1906, Musée d’art moderne de Troyes.

André Derain, la décennie radicale, Centre Pompidou, du 4 octobre 2017 au 29 janvier 2018. 

Verre, un Moyen Âge inventif

Je suis toujours fascinée par les objets en verre antiques ou médiévaux que l’on peut admirer dans les musées. Au vu de la fragilité du matériau, il m’apparaît presque miraculeux que ces verres, fioles, carafes ou autres récipients aient traversé les siècles jusqu’à nous.

Gobelets à cabochons provenant d’un palais italien, fin XIVe siècle, Tarquinia, musée archéologique national.

J’ai donc considéré avec intérêt l’annonce d’une exposition consacrée au verre médiéval… Tout en ayant une petite crainte : un tel sujet peut vite se révéler très austère — crainte d’autant accrue que les dernières expositions du Musée de Cluny m’avaient un peu déçue.

Visite faite (édit : le compte-rendu est là), je suis convaincue par le propos et les choix scénographiques. Une exposition riche… et surprenante, qui vous mènera des magnifiques vitraux colorés aux bésicles, les ancêtres des lunettes, en passant par les urinaux, ces récipients utilisés par les médecins pour examiner les urines de leurs patients !

Empreinte de lunettes dans un Recueil de Sermons de saint Augustin, livre imprimé, Paris, 1494-1579, Orléans, Médiathèque Maurice Genevois, Inv . ResA1607 et paire de lunette du XVIe, conservée au Musée national de la Renaissance à Ecouen.

Verre, un Moyen Âge inventif, Musée de Cluny, du 20 septembre 2017 au 8 janvier 2018.

>>> Lire ma chronique sur cette exposition <<<

Gauguin, l’alchimiste

Cet hiver, Gauguin est à l’honneur, sur la toile des cinémas, avec un biopic consacré à ses années polynésiennes, et sur les cimaises du Grand Palais. Espérons que l’exposition rétrospective consacrée à la carrière de cet artiste majeur de la fin du XIXe siècle ne tombe pas dans les mêmes travers que le film en gommant les aspects les plus problématiques de sa personnalité, et notamment son rapport avec les femmes durant son séjour tahitien. Je ne suis pas assez compétente pour parler avec justesse de ce sujet, aussi vous renvoyé-je aux articles parus sur la question il y a quelques semaines.

Affiche de l’exposition Gauguin au Grand Palais

Pour ce qui est de l’expo, je l’attends avec impatience car j’aime énormément l’esthétique de Gauguin, notamment dans le domaine de l’estampe (il est l’un de ceux qui ont remis au goût du jour l’esthétique de la xylographie « primitive »). Le propos des commissaires est justement de montrer la complémentarité des pratiques créatives de Gauguin : peinture, sculpture, gravure…

Gauguin, Clovis dormant, huile sur toile, 1884. Dans cette oeuvre, Gauguin figure son fils endormi, tenant la choppe de sa mère, Miette.

Face à la complexité de l’œuvre de Gauguin, je pense que j’aurais beaucoup de mal à produire un compte-rendu à la hauteur de mes attentes. Alors, je vais être raisonnable et ne vous promettre qu’un focus sur son œuvre gravé, domaine que je maîtrise beaucoup mieux 😃

Gauguin, Le porteur de Feï, xylographie, 1898-1899, Galerie Sarah Sauvin

Gauguin, l’alchimiste, Grand Palais, du 11 octobre 2017 au 22 janvier 2018.

François Ier, une autre Renaissance

J’avais beaucoup aimé l’exposition de la Bibliothèque nationale de France consacrée au règne de François Ier en 2015, qui n’avait malheureusement pas obtenu la couverture médiatique qu’elle méritait. Je garde aussi une certaine déception de n’avoir pas fait, la même année, le déplacement à Blois pour y admirer l’exposition « Trésors royaux, la bibliothèque de François Ier » qui regorgeait de magnifiques manuscrits enluminés. Aussi, je ne veux pas rater l’occasion de vous parler ici de l’exposition à venir au Louvre sur François Ier et l’art des Pays-Bas.

Jean Clouet, Portrait équestre de François Ier, XVie siècle, Musée du Louvre.

François Ier, tout le monde l’associe à Chambord, à Fontainebleau, à la Renaissance, et donc, à l’influence italienne. Mais saviez-vous que le roi a aussi montré un grand intérêt pour les arts du nord de l’Europe, faisant venir des peintres des Pays-Bas et y commandant de nombreuses œuvres précieuses, telles de somptueuses pièces d’orfèvrerie ou de luxueuses tapisseries, art dans lequel les Flamands étaient maîtres ?

Une autre Renaissance, donc, est à découvrir au Musée du Louvre cet automne, et je serai au rendez-vous, d’autant qu’il y aura beaucoup d’oeuvres des Clouet, que j’aime énormément.

François Ier et les arts des Pays-Bas, Musée du Louvre, du 18 octobre au 15 janvier 2018

L’art du pastel de Degas à Redon

Admirer des pastels de Degas ou de Redon (ou de tout autre artiste, d’ailleurs), c’est toujours un privilège rare. Car les pastels sont de ces œuvres graphiques très fragiles, qui souffrent de la moindre variation d’humidité, du moindre rayon de lumière et de la moindre manipulation. Fragiles, précieux, et donc rarement montrés. Voilà ce qui rend immanquable l’exposition du Petit Palais de Paris, qui présente cet automne 150 pastels des meilleurs artistes de la seconde moitié du XIXe siècle, période à laquelle cette technique connaît une grande faveur et un fécond renouvellement.

L’affiche de l’exposition l’Art du Pastel, de Degas à Redon

Je n’ai encore rien vu fuiter de cette exposition : ni photos des œuvres ni de la scénographie. Pour cette dernière, je n’ai aucune crainte, le Petit Palais nous éblouit toujours par l’inventivité de ses scénographes. Pour les œuvres, j’ai aussi toute confiance, rien qu’à lire la liste du communiqué de presse : Mary Cassatt, Edgar Degas, Odilon Redon, Jacques-Emile Blanche (un Rouennais !), Paul Gauguin, Auguste Renoir… Bref, du beau monde, de belles feuilles !

Odilon Redon (1840-1916). « Vieil ange ». Pastel et fusain sur papier beige collé sur papier, 1892-1895. Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris, Petit Palais.

L’art du pastel de Degas à Redon, Petit Palais, du 15 septembre 2017 au 8 avril 2018

Et vous, qu’irez-vous voir cet automne ? 

Portraits et clichés de l’architecte

Comment, au cours des siècles, a-t-on portraituré les architectes ? C’était le sujet (un peu austère, mais passionnant) de l’exposition estivale de la Cité de l’Architecture et du Patrimoine, que j’ai vue in extremis à la fin du mois d’août, juste avant qu’elle ne se termine.

Philippe de Champaigne, Portrait de l’architecte Jacques Lemercier, huile sur toile, 1644, Versailles, Musée national des Châteaux de Versailles et de Trianon.

La représentation de l’architecte : voilà un sujet pour me plaire. J’ai en tête les beaux portraits peints du XVIIe siècle, avec leurs étalages d’outils et de références artistiques témoignant du métier et du goût de leur modèle. Je pense — évidemment — aux gravures qui diffusèrent en nombre ces effigies.

Scénographie de l’exposition « L’architecte. Portraits et Clichés » à la Cité de l’Architecture.

Mais voilà, je ne peux cacher que j’ai été un peu déçue par l’exposition  « L’architecte. Portraits et Clichés ». de la Cité de l’Architecture. C’est un reproche que je fais fréquemment aux productions de cette institution : trop. Trop d’artéfacts, trop de sections, trop de textes… et un parcours somme toute un peu monotone : « le portrait de l’architecte », présenté dans un strict ordre chronologique ; « l’architecte au travail » ; « l’architecte à la une » qui traitait autant de sa représentation dans la presse que dans la culture populaire (timbre, jeux de société, cinéma).

Scénographie de l’exposition « L’architecte. Portraits et Clichés » à la Cité de l’Architecture, Paris

Si j’ai été déçue, j’ai tout de même eu un certain intérêt à lire les textes de salle et à admirer certains artéfacts : de beaux portraits peints, l’émouvant « nécessaire de travail » de ce cher Henri Labrouste… Lire la suite de cet article »

Au Pays de George Sand, une semaine dans le Berry

Une semaine de vacances début août, à fuir la foule des villes et des plages… Une semaine sur les petites routes isolées du sud du Berry, à rouler dans un paysage verdoyant, sur les traces de George Sand. Une certaine idée du paradis cyclotouristique !

L’église de Nohant, face au château de George Sand.

Le choix de notre destination estivale est en grande partie le fruit du hasard… et comme le hasard fait bien les choses ! Initialement, il était question de louer un gîte ou une chambre d’hôte en Bourgogne, mais les prix et les disponibilités ont bien vite eu raison de nos ambitions… Une amie m’avait vanté les beautés du lac de Vassilière, dans la Creuse… peut-être un peu trop loin du train et sans point du Brevet des Provinces Françaises à valider dans les environs. Parcourant ma carte numérique des « rêveries cyclotouristiques », j’explore virtuellement les environs… Mais quel est cet amas de sites BPF réunis dans un minuscule périmètre d’une cinquantaine de kilomètres de diamètre ? Sud du Berry, Nohant… le pays de George Sand ! Je rêve depuis longtemps d’aller découvrir la maison de l’écrivaine, gérée par le CMN. Voilà le lieu idéal pour nos vacances !

A vélo dans le Berry. Photo C. Noisel

Nous louons, à la Ferme des vacances (rien que le nom est une promesse !) une chambre en demi-pension qui rentre pile dans notre budget (50 euros la nuit, 72 avec le repas du soir)… Voilà une affaire rondement menée !
Nous optons pour une arrivée en train à Argenton-sur-Creuse, nous ferons le reste du trajet (60 km) à vélo, à notre rythme. Lire la suite de cet article »

Jardins ! La nature domestiquée et exposée

La saison dernière, j’ai vu deux fois l’exposition « Jardins » au Grand Palais, qui s’est achevée le 24 juillet 2017. J’avais envie de vous en parler, car c’était un événement que j’attendais avec impatience : comment traiter d’un tel sujet, comment mettre le jardin en exposition ?

Etienne Allegrain, Vue cavalière du château et du parc de Saint-Cloud, 1676-1677, huile sur toile, Versailles, musée national des châteaux de Versailles et Trianon.

« Jardins » m’a à la fois séduite et déçue. Déçue parce qu’il y avait peu d’explications : beaucoup d’oeuvres m’ont interpellée, intriguée, charmée et j’ai été bien frustrée de ne pas trouver d’explications les concernant (il n’y avait AUCUN texte de salle). Séduite parce que l’accrochage était beau, rythmé, rassasiant : beaucoup d’oeuvres, un parcours plein de surprises et de jeux d’échos… le manque de médiation écrite était alors largement compensé par la richesse des oeuvres.

Antoine Ignace Melling, Le château de Ris-Orangis, aquarelle, 1811, Sceaux. (détail)

Le présent billet est donc le compte rendu de ma visite et de ma plongée dans le catalogue (que j’aimerais bien me procurer !) et vise moins à l’exhaustivité qu’à fixer les souvenirs que je souhaite garder de cette production.

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