A l’ombre du vénérable Pont du Gard

Le deux janvier, pour bien commencer mon année culturelle, je visitais en compagnie de Jean-Luc Cougy le pont du Gard, un monument que je m’étais jusqu’alors contentée de contempler en carte postale. L’avantage de s’y rendre un deux janvier, c’est que l’on ne croise pas un chat et que l’on peut admirer les belles pierres dans le silence du soleil froid d’hiver.

Le Pont du Gard, le 2 janvier 2017

Le Pont du Gard, le 2 janvier 2017

Sa silhouette rythmée par trois niveaux d’arches, nous la connaissons tous. Le pont du Gard est l’ouvrage d’art majeur d’un aqueduc long de 57 kilomètres, construit dans la première moitié du Ier siècle pour alimenter en eau la ville de Nîmes, alors une des cités les plus importantes de la province romaine de la Narbonnaise.

Lire la suite de cet article »

La renaissance de la salle Labrouste

Vous avez peut-être aperçu son élégante silhouette sur les réseaux sociaux ces dernières semaines : la salle Labrouste, chef-d’œuvre de l’architecture publique du XIXe siècle vient de rouvrir ses portes après plusieurs années de restauration.

La Salle Labrouste aujourd'hui

La Salle Labrouste aujourd’hui

Un chantier que j’avais eu la chance de visiter à plusieurs reprises dans le cadre de mon travail à l’INHA. J’ai d’ailleurs écrit à ce sujet un billet sur le blog Sous les Coupoles, mais je n’avais pas eu l’occasion d’en parler ici. Maintenant que les livres et les lecteurs ont repris leurs droits dans les salles restaurées du quadrilatère Richelieu, je vous emmène visiter ?

Lire la suite de cet article »

Les moulages de l’Université de Montpellier

Quelques heures avant de reprendre le train qui me ramènerait à Paris après quelques jours dans le sud de la France, Jean-Luc Cougy (dont vous connaissez peut-être le blog En revenant de l’expo) a eu la bonne idée de m’emmener visiter le Musée des Moulages de l’université Paul Valéry de Montpellier. Ceux qui lisent depuis longtemps Orion en aéroplane savent ma passion pour le multiple et notamment pour les moulages en plâtre, auxquels j’ai consacré plusieurs articles.

Vue du Musée des Moulages de Montpellier

Vue du Musée des Moulages de Montpellier

Lire la suite de cet article »

Bilan 2016, perspectives 2017

J’étais bien décidée à zapper cet exercice obligé des blogs, celui du bilan de l’année passée. Et puis, dans le train qui me ramenait à Paris après quelques jours dans le sud de la France, j’ai fait le tri de 366 jours de photographies : de cliché en cliché, les souvenirs remontaient dessinant le contour d’une année aux reliefs marqués. Inventaire avant de tourner la page et d’écrire la suivante.

Une de mes premières photographies de l'année 2016.

Une de mes premières photographies de l’année 2016.

Lire la suite de cet article »

Idées de cadeaux de Noël pour amateurs de linogravure

Depuis que je parle de linogravure sur ce blog, je reçois de nombreux messages enthousiastes de lecteurs qui veulent s’essayer à cette technique de l’estampe et qui ont acheté leur premier kit.
Noël approchant, je me suis dit qu’il serait fort sympathique de partager avec vous quelques idées de cadeaux de Noël pour amateurs de linogravure, à mettre sur votre propre liste ou offrir à vos proches !

En cours de gravure...

En cours de gravure…

Lire la suite de cet article »

Soutenir Orion en aéroplane, c’est désormais possible !

Orion en aéroplane fêtera dans quelque temps ses cinq ans et ses 280 billets publiés. Cinq ans que je partage avec vous ma passion pour l’estampe, mes visites de musées et monuments, mes découvertes des coulisses d’institutions culturelles, et récemment mon goût nouveau pour la généalogie à travers le projet « 14-18, sur les traces d’Augustin Garnault ».

Cinq ans et des milliers d’heures passés à soigner mon blog… aujourd’hui je fais le constat que mes week-ends n’y suffisent plus : depuis que je ne suis plus étudiante, je peine à garder le rythme du blog, contrainte par les horaires et la fatigue qu’implique tout travail salarié. Mais l’envie est toujours là, bien vivante : celle de partager ma passion pour le patrimoine à travers ce blog. J’aimerais encore développer celui-ci en proposant plus de contenus et en m’essayant à de nouveaux formats (vidéos YouTube, visites guidées).

L'assiette au beurre, numéro spécial "à nous l'espace", 1901

L’assiette au beurre, numéro spécial « à nous l’espace », 1901

Pour tâcher de concilier ma passion, mon tempérament et la nécessité de gagner ma vie, j’ai décidé d’une part de me lancer dans l’aventure de l’entrepreneuriat culturel (rédaction web, conseil en stratégie numérique, médiation culturelle) et d’autre part de consacrer plus de temps au blog. Mais pour cela, j’ai besoin de soutien. Aussi je me suis décidée à faire appel à vous, lecteurs d’Orion en aéroplane.

Vous aimez ce que vous lisez sur Orion en aéroplane et vous avez envie de m’aider à le produire ? Vous pouvez m’accompagner de plusieurs façons, soit en effectuant une donation (financement participatif) soit en vous offrant l’une de mes linogravures. Je vous explique tout dans les lignes qui suivent.

Lire la suite de cet article »

Nouvelle enquête sur une matrice d’après Le Brun

Les hasards de la vie sont parfois surprenants : vendredi soir, en sortant d’une formation sur l’estampe que je donnais à Merideck (Mediaquitaine) avec Astrid Mallick, nous avons traversé un marché d’antiquités brocante bordelais. Je prêtais un oeil bien distrait jusqu’à ce qu’une plaque de métal brillant attire mon regard : « oh, une matrice d’estampe ! ». Après quelques jours d’hésitation, la plaque en question a rejoint ma collection personnelle, d’une part parce qu’elle illustre une technique (le burin mêlé à l’eau-forte) dont je n’avais jusqu’ici aucun témoignage parmi mes matrices, mais surtout parce qu’elle restait à identifier précisément… Voilà de quoi alimenter une nouvelle enquête sur ce blog !

Une nouvelle matrice gravée dans ma collection

Une nouvelle matrice gravée dans ma collection

Du premier coup d’oeil, avant même de m’approcher de l’objet, une certitude : nous avons là une gravure d’interprétation de la fin du XVIIe siècle ou du début du XVIIIe. Une gravure d’interprétation, c’est-à-dire une estampe réalisée d’après un modèle, le plus souvent peint. Tout l’art du graveur d’interprétation consiste à traduire les qualités picturales de l’original au moyen du vocabulaire graphique propre à l’estampe, fait de tailles et contre-tailles. Lire la suite de cet article »

Retours sur un stage de linogravure à l’URDLA

Mi-octobre, je me suis offert un petit cadeau : un stage de linogravure à l’URDLA. Dans un précédent billet, je vous avais raconté mes premiers pas dans cette technique. Après quelques mois de pratique autodidacte, je souhaitais me perfectionner auprès de personnes expérimentées.
L’URDLA proposait justement un stage animé par l’artiste Jérémy Liron sur le thème de la ville graphique. Il n’en fallait pas plus pour me convaincre et me voici en route pour deux jours lyonnais particulièrement intenses.

Résultat de ma linogravure à la plaque perdue

Résultat de ma linogravure à la plaque perdue

Lire la suite de cet article »

Dans les tréfonds de Gallica : le mystère Jean-Jacques Lequeu

Découvrir l’œuvre de Jean-Jacques Lequeu au détour d’une requête Gallica ou d’une cimaise d’exposition, c’est faire une trouvaille un peu surprenante, qui laisse parfois une impression étrange. Que cachent ces dessins aux rendus si léchés ? Qui est ce dessinateur bien mystérieux dont l’œuvre juxtapose architecture et érotisme ?

Jean-Jacques Lequeu, Il est libre, dessin, vers 1798, Gallica/BnF

Jean-Jacques Lequeu, Il est libre, dessin, vers 1798, Gallica/BnF

Jean-Jacques Lequeu a fait couler beaucoup d’encre et demeure énigmatique. On sait très peu de choses de son existence et s’il n’avait pas lui-même fait don de ses dessins à la Bibliothèque royale en 1825, il est probable qu’il serait aujourd’hui oublié de tous.

Jean-Jacques Lequeu, Il tire la langue, dessin, début XIXe siècle?, Gallica/BnF

Jean-Jacques Lequeu, Il tire la langue, dessin, début XIXe siècle?, Gallica/BnF

Lire la suite de cet article »

Projet 14-18 : avril 1915, d’interminables marches

Vendredi 26 mars 1915 : on annonce la relève pour les hommes du 33e régiment, déployés depuis des mois sur la ligne de front à proximité d’Ypres.
Samedi 27, alors que la nuit tombe, la batterie d’Augustin quitte ses positions pour cantonner un peu plus loin. La nuit sera courte puisqu’à 3h30 il faut prendre la route : 30 kilomètres de marche les attendent. Un jour de plus, et trente kilomètres encore seront nécessaires pour atteindre Eringhem et Esquelbecq, où le 33e régiment d’artillerie va prendre ses quartiers durant une semaine.

Le 33e Régiment d'Artillerie de Campagne en marche : vue d'une pièce. Photographie probablement prise par Augustin en juin 1916, archives familiales

Le 33e Régiment d’Artillerie de Campagne en marche : vue d’une pièce. Photographie probablement prise par Augustin en juin 1916, archives familiales

Rappel sur mon Projet1418 : Augustin Garnault était artilleur pendant la Première Guerre mondiale. Sur le blog, je partage avec vous mes recherches sur son parcours. Pour retrouver l’intégralité des articles, c’est ici.

Lire la suite de cet article »

Mystérieuse matrice au musée d’Abbeville (2)… un inattendu rebondissement !

En février dernier, je publiais un billet sur une matrice conservée au musée d’Abbeville, qu’en vue d’une conférence, il avait fallu documenter et identifier. Avec la conservatrice de l’établissement, Agathe Jagerschmidt, nous l’avions sans trop de difficultés identifiée comme une estampe du XIXe siècle réalisée par le graveur Émile Rousseau d’après un modèle du XVIIe siècle, probablement dans le cadre de sa préparation au Prix de Rome, vers 1850-1852. Vous pensiez l’enquête terminée ? Moi aussi… mais il y a eu quelques rebondissements ! Et pas des moindres.

Emile Rousseau, étude, milieu XIXe siècle, cuivre gravé, Musée Boucher de Perthes, Abbeville

Emile Rousseau, étude, milieu XIXe siècle, cuivre gravé, Musée Boucher de Perthes, Abbeville

Entre le jour où Agathe Jagerschmidt m’a montré la matrice et le moment où nous avons pu, conjointement, trouver le nom du graveur, Émile Rousseau, il s’est écoulé quelques jours.
Nous avions prévu que je revienne, début octobre, afin de consulter la documentation sur Rousseau et de feuilleter ses autres oeuvres, gravées ou dessinées, que le musée conserve. Mais faute de train entre Paris et Amiens le jour prévu, mon voyage était tombé à l’eau. J’avais donc concentré mes recherches sur d’autres problématiques : l’identification du sujet gravé, la pratique du burin au XIXe siècle…

Le jour de ma conférence, je suis arrivée six heures en avance afin de boucler in extremis mon texte et rechercher dans les réserves d’autres oeuvres de Rousseau… Et j’en ai fait, des découvertes ! Lire la suite de cet article »

La sainte-chapelle du château de Vincennes

À deux pas de Paris, juste de l’autre côté du périph’, il y a un monument de sept siècles d’histoire à découvrir : le château de Vincennes. Seule résidence d’un souverain du Moyen Âge subsistant en France, et plus haut donjon d’Europe, il se dresse dans l’horizon parisien, rappelant ce passé lointain… Et juste à côté de la massive silhouette du donjon, s’élève une chapelle, la sainte-chapelle. C’est de ce monument que je vais aujourd’hui vous parler, et de sa restauration.

Décor des voussures du tympan de la Sainte-Chapelle de Vincennes

Décor des voussures du tympan de la Sainte-Chapelle de Vincennes

Une sainte-chapelle à Vincennes ? N’y en a-t-il pas qu’une de Sainte-Chapelle, celle de l’île de la Cité, au cœur de Paris ? Eh bien non ! Le titre de sainte-chapelle est porté par plusieurs édifices religieux : en France, il y eut une dizaine de « sainte-chapelle », dont seules sept subsistent aujourd’hui… Lire la suite de cet article »

DIY : mes débuts en linogravure

Depuis quelque temps, je m’adonne à un loisir créatif, la linogravure. Quand je dis quelque temps, à vrai dire, cela fait maintenant presque deux ans, mais comme je pratique de manière irrégulière, cependant intense, il me semble toujours que cela fait « peu de temps ». D’ailleurs, si je compte bien, je n’ai réalisé que six ou sept planches gravées en tout.

En cours de gravure...

En cours de gravure…

Comme à chaque fois que je poste sur les réseaux sociaux une photographie d’une lino en cours cela déclenche une avalanche de likes et de questions en tous genres (C’est quoi ? Comment on fait ? Y’a des cours ?), j’ai décidé d’en faire un billet.

Mes linogravures

Mes linogravures

Lire la suite de cet article »

Projet 14-18 : il était artilleur

C’est un peu bête, mais il m’a fallu lire plusieurs ouvrages sur la Première Guerre mondiale pour que je prenne conscience d’une chose pourtant essentielle : alors que je l’avais imaginé dans la boue des tranchées, Augustin Garnault n’avait sans doute jamais vécu l’expérience des première lignes. Il était artilleur et non fantassin. Son horizon quotidien n’était donc pas celui des tranchées, mais un autre environnement, avec ses spécificités.

L’enseignement de la guerre, le devoir mémoriel est tant centré sur les tranchées et les souffrances qu’elles ont provoquées que l’on en vient à réduire dans notre imaginaire la guerre aux tranchées de la première ligne du front, occupée par l’Infanterie, oubliant que bien des mobilisés n’y avaient jamais mis les pieds. Si bien que j’y plaçais tout naturellement mon ancêtre, renforcée dans cette vision par l’idée (peut-être fausse, j’en rediscuterai dans un autre billet) qu’il était mort dans l’éboulement d’une tranchée. Or, Augustin, je l’ai dit, était maître-pointeur dans l’artillerie.

Augustin Garnault (à droite) et un camarade devant leur canon, 1916. Archives familiales.

Augustin Garnault (à droite) et un camarade devant leur canon, 1916. Archives familiales.

Lire la suite de cet article »

Le Palais idéal du Facteur Cheval

C’est un monument qu’il est impossible d’oublier une fois que vos yeux l’ont découvert. « Le seul exemple en architecture de l’art naïf » selon Malraux. Aujourd’hui, je partage avec vous mon émotion de contempler, au petit matin, dans la nature qui se réveille, le Palais Idéal du Facteur Cheval.

Le Palais idéal du Facteur Cheval, façade est.

Le Palais idéal du Facteur Cheval, façade est.

Il est de ces œuvres d’art si improbables et fragiles dont on s’émeut non seulement qu’un esprit les ait mises au monde, mais plus encore, qu’elles aient échappé aux vicissitudes du temps, jusqu’à nous parvenir.

C’est le cas du palais idéal du Facteur Cheval, surgi des « terres froides » de la Drôme des collines à la toute fin du XIXe siècle. Imaginez ! Un homme modeste, un paysan devenu facteur, qui s’improvise architecte et sculpteur parce qu’il a eu une vision, et qui, trente ans durant, va consacrer toute son énergie et son temps libre à bâtir un palais fantasmagorique aux inspirations multiples. C’est l’histoire du Facteur Cheval et de son palais idéal. Lire la suite de cet article »